PÉTET François (également orthographié PÉTEL François

Par Thomas Bouchet

Né le 27 janvier 1804 à Belfort (Haut-Rhin à l’époque). Compositeur d’imprimerie au journal La Tribune. Républicain très actif au début de la monarchie de Juillet, membre de sociétés secrètes.

François Pétet était le fils naturel de Magdelaine Pétet ; François Villemé (journalier, 26 ans) et Paul Willemin (« servant en cette commune », 22 ans) furent les deux témoins qui signèrent l’acte de naissance à Belfort. La déformation orthographique en Pétel provient du registre d’écrou de Saint-Pélagie et des sources utilisées pour la Société des Amis du Peuple
Décoré de Juillet, typographe, François Pétet était membre de la Société des Amis du Peuple. En 1832, il était marié et il habitait au 65 de la rue de la Harpe (XIe arr. ancien, maintenant emplacement du boulevard Saint-Michel, Ve). Lors de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, il fut arrêté avec cinq autres insurgés sur l’une des barricades que les forces de l’ordre eurent le plus de mal à reprendre, au passage du Saumon. Elle se situait à proximité des locaux de son journal, dont les presses furent brisées par les forces de l’ordre dans la nuit du 5 au 6. Sur lui, il portait un billet ainsi conçu : « Pétet, ouvrier imprimeur, né à Béfort, membre de la société des amis du peuple, président de section, patriote dévoué », ainsi que des cartouches et des balles. Il fut écroué le 9 juin à Sainte-Pélagie. Le procès des insurgés du Passage du Saumon eut lieu le 28 septembre 1832. Pétet était défendu par Boussi, qui avait lui-même été poursuivi après l’insurrection. Il fut condamné à cinq ans de réclusion — le tailleur Joseph Roussel* et le journalier Casimir Roussel* furent condamnés à la même peine — et à la dégradation de la médaille de Juillet. À l’annonce de ce verdict, les trois condamnés s’écrièrent : « Vive la république ! mort aux tyrans ! Nous nous reverrons aux barricades ! ». Leur peine fut alourdie d’un mois, pour cris séditieux en cours d’audience. Pétet est absent de l’ « Album des décorés [et médaillés] de Juillet » alors qu’un Petel Honoré Delphin y figure dans les décorés de Juillet.
À la prison de Sainte-Pélagie, Pétet resta très engagé dans les combats républicains ; il coordonnait les initiatives des détenus et assurait des liaisons avec l’extérieur. Le 19 mars 1834, tous ses papiers furent confisqués dans sa cellule et furent largement utilisés lors de l’instruction par la Cour des pairs des journées d’avril 1834. Outre une importante correspondance (avec François Raspail,* avec Laure Grouvelle*, avec les condamnés des 5 et 6 juin envoyés au Mont-Saint-Michel en juin 1833, etc.), les autorités mirent la main sur les rapports d’activité de la commission de secours pour les détenus politiques patriotes dont le président était Cormenin. Pétet semble avoir joué un rôle dans cette commission pendant toute l’année 1833 : il en était le « commissaire intérieur » pour Sainte-Pélagie. Il fut même obligé de faire une déposition avec Gaëtan Facconi* lors d’un interrogatoire de Berrier-Fontaine*, détenu pour son soutien, à travers la Commission de propagande de la Société des droits de l’Homme, aux coalitions ouvrières de l’automne 1833.
Le 21 juin 1835, il fut extrait de Sainte-Pélagie pour être conduit devant le maire de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), étape obligée pour l’abbaye de Clairvaux (Aube), où il purgea le restant de sa peine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36071, notice PÉTET François (également orthographié PÉTEL François par Thomas Bouchet, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 13 août 2016.

Par Thomas Bouchet

SOURCES : Arch. Nat., BB 18/1330, CC/590 D/1 n°39, CC/616 D/4 et 5. — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou dY/8 7-425. — Arch. Mun. Belfort, état-civil. — Bibl. hist. Ville de Paris, manuscrit, — Moniteur Universel, premier octobre 1832. — J.-Cl. Caron, La société des Amis du Peuple (1830-1833), mémoire de maîtrise, sous la direction de Louis Girard, Paris IV, 1978. — J.-Cl. Vimont, Enfermer les politiques. Aux origines des régimes de détention politique (1810-1848), Thèse dact., Paris VII, 1991, 1295 p. — Notes de J. Risacher et J.-C. Vimont.

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