ENTZ Alphonse

Par Pierre Schill

Né le 10 mai 1891 à Dinsheim (Bas-Rhin annexé), mort des suites de sa déportation le 1er juin 1945 à Dachau (Allemagne) ; serrurier ; syndicaliste CGTU puis CGT réunifiée et militant communiste de Moselle.

Alphonse Entz au début de la Seconde Guerre mondiale
Alphonse Entz au début de la Seconde Guerre mondiale
[Union des Syndicats des cheminots A.-L. CGT, Heimat unterm Hakenkreuz, op. cit.]

Serrurier aux ateliers de Montigny-lès-Metz, Alphonse Entz faisait partie de ces nombreux Alsaciens qui vinrent s’installer et travailler en Moselle après la Première Guerre mondiale suite au manque de main-d’œuvre notamment lié à l’expulsion des ouvriers allemands. Il était invalide de guerre.

Militant communiste, siégeant au comité du rayon communiste de Moselle en avril 1928, il se présenta sans succès aux élections municipales de 1925, du 20 février 1927 (élections complémentaires) et de mai 1929. En novembre 1930, il était l’un des principaux dirigeants du mouvement sportif et culturel ouvrier en Moselle. Il présidait notamment la société de musique ouvrière « La Prolétarienne ». Alphonse Entz était, dans la première moitié des années 1930, secrétaire de la section unitaire des cheminots des ateliers de Montigny-lès-Metz. En novembre et en décembre 1931, il anima, à l’initiative des unitaires, plusieurs réunions de cheminots unitaires et confédérés avec l’objectif de réussir l’unité d’action. Le 12 février 1934, il fut l’un des animateurs de la manifestation unitaire réunissant la CGT et la CGTU pour protester contre la montée du fascisme et l’émeute parisienne du 6 février. Lorsque le cortège, qui rassemblait de nombreux ouvriers des ateliers de Montigny-lès-Metz, tenta de se rendre à Metz pour assister à un meeting, les forces de l’ordre intervinrent en arrêtant sans ménagement Alphonse Entz et d’autres responsables syndicaux de la CGT et de la CGTU.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alphonse Entz fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de la Moselle, alors annexée à l’Allemagne. Il fut arrêté par la Gestapo au printemps 1944 aux ateliers de Montigny-lès-Metz et emprisonné au SS Sonderlager du Fort de Queuleu, dans la banlieue messine, avant d’être transféré à la fin du mois de juin 1944 au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé), puis d’être déporté au camp de Dachau (Allemagne) où il fut libéré à la fin du mois d’avril 1945. Il mourut un mois plus tard des suites de privations et du typhus. Alphonse Entz avait joué un rôle assez important dans le Groupe en supervisant notamment la distribution de tracts. Son fils Alphonse s’était suicidé pour ne pas être enrôlé de force dans l’armée allemande.

Alphonse Entz obtint à titre posthume le titre de déporté résistant. Son nom figure sur la plaque commémorative apposée en gare de Metz et sur la plaque du monument aux morts de Montigny-lès-Metz rendant hommage aux « tués au maquis et en camp de concentration en Allemagne ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3615, notice ENTZ Alphonse par Pierre Schill, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 5 juillet 2009.

Par Pierre Schill

Alphonse Entz au début de la Seconde Guerre mondiale
Alphonse Entz au début de la Seconde Guerre mondiale
[Union des Syndicats des cheminots A.-L. CGT, Heimat unterm Hakenkreuz, op. cit.]

SOURCES : Arch. Nat., F7/13256. — Arch. Dép. Moselle, 303 M 137 et 67 ; 24 Z 15, 16 et 79. — Arch. Direction interdépartementale d’Alsace du secrétariat d’État à la Défense chargé des anciens combattants, fichier du camp de Natzweiler-Struthof (renseignements fournis par Thierry Heidmann). — Arch. Jean Geiger. — Volkstribüne, 30 avril 1925, 5 et 12 mai 1925. — L’Humanité d’Alsace-Lorraine, 2 mai 1929. — Union des syndicats des cheminots A.-L. CGT, Heimat unterm Hakenkreuz, Strasbourg, 1953. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. — Fernand Leroy, Montigny cité cheminote. Histoire des ateliers SNCF de Montigny-lès-Metz qui n’a jamais eu de gare !, Metz, Union départementale d’économie sociale de Moselle, 1993 (2e édition). — Renseignements fournis par Mme Charles Beck. — Notes de Jacques Girault. — État civil.

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