PLAGNIOL Eugène

Né vers 1795 à Serrières (Ardèche), Publiciste républicain de tendances égalitaires en 1830.

Plagniol avait fait son entrée dans la politique comme libéral extrême, lors des élections de 1827 (Le Tocsin des élections, in-8°, 19 pages)1827, et, en 1829, le républicain La jeune France. Décoré de Juillet, aussitôt après la révolution, il rejoignit la Société des Amis du Peuple et, et lança Le Pour et le Contre. Débats de deux opinions politiques et littéraires, où il représentait la partie libérale, puis La Révolution, feuille qui ne dura pas et qui a été très mal conservée dans les bibliothèques. (Bibl. Nat., Fol. Lc 2/1251). C’est dans les locaux de La Révolution que se tinrent les premières réunions de la SAP. Plagniol organisa au printemps de 1831 une Association des Amis de l’Égalité, robespierriste et néo-babouviste. Son exposé liminaire se référait à la Déclaration des droits de l’Homme de 1793, parlait surtout d’égalité politique, et de suffrage universel, sous l’expression de « représentation universelle », mais il se réclamait explicitement de la formule de 1793 reprise par les babouvistes : « Le but de la société est le bonheur commun », ce qui l’amenait à écrire : « L’amélioration de la condition physique et morale des classes les plus pauvres et les plus nombreuses sera aussi la conséquence rigoureuse du règne de l’Égalité, puisque le gouvernement de la représentation universelle devra nécessairement en résulter. Et quant aux imperfections et aux lacunes que cette représentation pourrait offrir en commençant, l’expérience les fera progressivement disparaître. C’est par là qu’on arrivera à l’abolition des privilèges et des distinctions sociales ; par là qu’on sera amené à répandre dans les masses les bienfaits de l’éducation ; par là qu’on imprimera à la propriété le caractère essentiellement mobile et favorable à tous que la propriété doit avoir. »
Ce mélange de démocratie égalitaire et de saint-simonisme ne semble pas avoir eu de succès. Plagniol changea le titre en Société des Amis de l’Égalité dès le mois de juin 1831. Il présidait l’Association ou Société, assisté de Giacobbi.
Pour le 14 juillet 1831, la Société publia une brochure de 4 pages in-8°, L’Arbre de la Liberté tel que nous l’entendons (Bibl. Nat., Lb 51/778) dont voici le passage le plus saillant : « La souveraineté nationale réclame son arbre de liberté, son bonnet phrygien et sa place publique comme expression d’un pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs, comme emblème, aussi simple que gigantesque, des droits et du règne de tous. »
En janvier 1832, Plagniol comparut avec les animateurs de la SAP devant les assises au Procès des Quinze où il prononça une vigoureuse défense qu’Auguste Mie, l’imprimeur des égalitaires, publia en brochure séparée ou avec l’ensemble des débats. Il fut acquitté par le jury. En juin, il signa la lettre qui protestait contre l’arrestation des membres de la SAP, le 1er juin, dans leur local. En décembre il fut inculpé et acquitté au procès dit du droit d’association. Il adhéra sans doute dès son existence à la Société des droits de l’Homme, d’homme de lettres devint professeur d’économie politique et à l’issue des journées révolutionnaires d’avril 1834, il fut arrêté et écroué le 15 avril à Sainte-Pélagie. Il fut libéré le 11 juillet suivant par ordonnance de non-lieu prononcé par la Cour des pairs. Il demeurait alors 3, rue Feydeau, IIe arrondissement, ancien et actuel.
Quant à la décoration de Juillet de Plagniol disons qu’un Plagnol non suivi de prénoms figure parmi les décorés de Juillet dans l’ « Album des décorés de Juillet ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36339, notice PLAGNIOL Eugène , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 13 août 2016.

SOURCE : Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/8 7-1135. — Procès des Quinze. Publié par la Société des Amis du Peuple, Paris, Levavasseur et Rouanet, 1832, in-8, XXXII-182 p. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 596 D 1 N° 1. — J.-Cl. Caron, La société des Amis du Peuple (1830-1833), mémoire de maîtrise, sous la direction de Louis Girard, Paris IV, 1978. — Note de J. Risacher.

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