PONTY Louis-Marie

Par Philippe Darriulat

Né à Paris le 26 janvier 1803, mort à Paris le 24 décembre 1879. Chansonnier.

Louis-Marie Ponty
Louis-Marie Ponty
Cliché fourni par Philippe Darriulat

Fils d’un artisan parisien, Louis-Marie Ponty devient très vite orphelin et vit seul avec sa mère qui occupe successivement les emplois de marchande des quatre-saisons, de blanchisseuse et de femme de ménage. Il aurait appris à lire et écrire grâce aux leçons que lui donnait Jean-Jacques Bréard, un ancien conventionnel qui fut même président de cette assemblée en février 1793 et membre du Comité de Salut Public jusqu’au 5 juin 1793, avant de participer au 9 thermidor. Il aurait d’abord été apprenti chez Berges, un ouvrier forgeron et chansonnier qui lui aurait donné le goût des vers. Puis il devient chiffonnier, écrit et lit beaucoup, se convertit au saint-simonisme, écrit dans le Bon sens et correspond avec Michelet, Béranger et George Sand. Il participe alors aux goguettes où il fait des chansons très combattives et militantes que nous n’avons malheureusement pas conservées. En 1841 il participe au recueil de Rodrigues Poésie sociale des ouvriers (« Doutes », « Les Truands modernes » et « Avenir »). Il y propose un tableau très noir de la vie des classes laborieuses et prône une société où « le travail gouverne ». Très affecté par la mort de sa jeune fille de 7 ans, il devient vidangeur « quand on faisait remarquer à Ponty ce qu’il y avait de répugnant dans ce métier : Bah ! répondait-il, on n’y pense pas ! Et puis j’ai toutes mes journées à moi pour aller bouquiner sur les quais ou aller écrire en plein soleil. » Il abandonne pourtant cette profession pour devenir employé des chemins de fer et reste très lié avec les chansonniers de la goguette, notamment Auguste Alais qui l’appelait « mon vieux rapsode ». Il écrit une Proudhonienne et après 1870 une Antipatriote « Une patrie ?… eh ! Pauvres imbéciles/ Est le terrain qui vous appartiendrait(…) Notre patrie, ô pauvres journaliers,/ Est la semelle, hélas ! de nos souliers. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36453, notice PONTY Louis-Marie par Philippe Darriulat, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 mai 2017.

Par Philippe Darriulat

Louis-Marie Ponty
Louis-Marie Ponty
Cliché fourni par Philippe Darriulat

SOURCES et bibliographie : AN, ABXIX 725 (collection Bachimont). — Eugène Baillet, De quelques ouvriers-poètes, biographies et souvenirs, Bassac, Plain-chant, 1994 [1898]. — Philippe Darriulat, La Muse du peuple, chansons sociales et politiques en France 1815-1871, Rennes, PUR, 2010. — Marius Boisson, Charles Gille ou le chansonnier pendu (1820-1856), histoire de la goguette, Paris Peyronnet 1925.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément