FABRE Antoine

Par Jacques Girault

Né le 11 mars 1878 à Seilans (Var), mort le 29 juillet 1959 à Antibes (Alpes-Maritimes) ; régisseur de ferme, cheminot puis courtier en vins et marchand ; coopérateur ; syndicaliste CGT et militant socialiste du Var.

Fils d’un ménager, aîné de cinq enfants, Antoine Fabre aida ses parents à la terre à partir de douze ans. Marié à Sainte-Anastasie (Var), en avril 1901, il devint en 1907, régisseur de la ferme du château du Pelloux à Puget-Ville (Var). Il était alors proche du député radical-socialiste Louis Martin et il affirmait, en 1934, avoir été congédié pour cette raison.

Antoine Fabre entra alors à la Compagnie du PLM et commença à travailler, le 1er septembre 1907, comme homme d’équipe en gare des Arcs (Var). Au bout de dix ans de service, il était conducteur-chef de train.

Antoine Fabre présidait la coopérative d’alimentation des Arcs pendant la guerre. Aux premières élections de délégués du personnel de la Compagnie du PLM, il fut élu représentant de la huitième section de Marseille. Après le suicide du secrétaire du syndicat lors de la grève de février 1920, il devint secrétaire du syndicat CGT. Délégué aux congrès fédéraux de Roanne et de Dijon, il conduisait la grève en mai et fut révoqué le 19 mai 1920.

Contacté pour être candidat contre le maire des Arcs, Hugues, conseiller général sortant, Fabre, s’employa pour susciter la candidature du socialiste SFIO, Herpe*, en 1922. Fabre devint alors pendant dix mois directeur technique des Coopérateurs du Var qui venaient de se constituer.

Sur les listes électorales des Arcs en 1924, Antoine Fabre était indiqué comme « épicier ». Il devint marchand et courtier en vins et exerça cette profession, quartier Saint-Roch, de 1930 à 1942. Toutefois, il conservait des relations avec les milieux cheminots.

Il présidait la réunion de la Fédération CGT des cheminots avec Marcel Bidegaray, le 28 février 1923, pour la reconstitution du syndicat. Selon le rapport de police, en tant que président du groupe communiste, il fit voter un ordre du jour favorable à la CGTU. Est-ce lui qui, cinq ans plus tard, était le secrétaire du syndicat CGTU des cheminots du dépôt de Toulon et siégeait à la commission exécutive de la 9e Union régionale de la CGTU ? Un rapport de police affirme qu’il s’agissait du même militant.

En 1920, Antoine Fabre présidait la coopérative « l’Étoile improvisée » et, en octobre, fut désigné au conseil d’administration de la Fédération varoise des coopérateurs de consommation. Trésorier de la section socialiste SFIO, il fut élu le 3 mai 1925, conseiller municipal avec 354 voix sur 868 inscrits (avant-dernière position). Il quitta la section socialiste traversée par un conflit interne. Il entra alors en conflit ouvert avec le maire socialiste SFIO, Simon*. En 1929, il se présentait contre la liste où figuraient ses anciens amis. Sur la liste « républicaine, socialiste et d’intérêt local », le 5 mai, il obtint 198 voix sur 855 inscrits.

En octobre 1934, Antoine Fabre était candidat au conseil général comme républicain socialiste. Dans sa longue profession de foi, amplement autobiographique, il se réclamait de la souveraineté populaire et du mandat impératif. Le 7 octobre, il obtenait 34 voix sur 1 925 inscrits.

Antoine Fabre fut réadmis à la compagnie du PLM le 1er avril 1934. Il cessa ses fonctions avec le grade de chef de trains, le 19 juillet 1937, aux Arcs, et obtint sa pension un an plus tard.

Il dut quitter Les Arcs puisqu’il ne figurait plus sur les listes électorales de la commune à la fin des années 1930. Il se remaria à Grasse (Alpes-Maritimes) en septembre 1938 et mourut à Antibes (Alpes-Maritimes), le 29 juillet 1959.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3673, notice FABRE Antoine par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 3.52, 2 M 5.2.86, 2 M 7.30.1, 2 M 7.32.1, 4 M 45, 4 M 46, 4 M 56.8, 3 Z 4.21. — Renseignements fournis par la Direction du personnel de la SNCF (Marseille). — Presse locale. — Sources orales.

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