RAMPAL Marius

Négociant marseillais. Familier de Philippe Buchez*, d’ Henri Feugueray* et d’ Auguste Ott*.

En 1838, Rampal collaborait au second Européen et était alors une des personnalités les plus remarquables de l’école buchézienne. Il écrivait également à la Revue nationale sous le pseudonyme d’Albert Gazel. Il y déployait un vigoureux talent de polémiste. En 1834, avec Boulanger et Garnier-Pagès, il avait avancé à l’ouvrier bijoutier Leroy* un modeste capital de 200 francs qui devait être à la base de l’Association des bijoutiers en doré.
En 1846 et 1847, il publia divers ouvrages sur les oléagineux, les savons, les sucres, l’impôt sur le sel, l’agiotage. Dans le numéro d’août à décembre 1847 de la Revue nationale, il fit paraître une étude « De l’émancipation des classes laborieuses ». Il s’y indignait contre les théories de Malthus et de ses disciples qui prêchent aux pauvres la limitation des naissances. Il relevait soigneusement ce qui, dans la législation, lui apparaissait comme une restauration de privilèges : les prud’hommes, le délit de coalition. Comme remède pour résister à la suprématie du capital, il proposait de « faire arriver les instruments de travail aux mains des travailleurs ».
En 1848, à Nantes, avec Charles Chevé*, il anima un groupe de buchéziens. Il échoua aux élections complémentaires du 4 juin 1848, dans le département de la Seine. Devenu préfet de la Loire-Inférieure, il démissionna le 21 décembre 1848, après l’élection de Louis-Napoléon à la présidence de la République.
Chevé a dit de Rampal : « Nous n’avons jamais rencontré de caractère plus loyal et plus désintéressé [...] Il contribua puissamment à ce grand mouvement d’émancipation politique et sociale que crut couronner la révolution de Février. » Voir Leroy J.-M.*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36776, notice RAMPAL Marius, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : A. Cuvillier, Un journal d’ouvriers « L’Atelier ». — J.-B. Duroselle, Les Débuts du Catholicisme social en France (1822-1870). — J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I, p. 200.

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