RAVOLD Jean-Baptiste

Né le 6 janvier 1825 à Bliesbruck (Moselle), mort le 28 octobre 1910 à Gerbéviller (Meurthe-et-Moselle). Instituteur démocrate, victime du coup d’État du 2 décembre 1851.

Il enseignait à l’externat privé Saint-Pierre-de Gerbéviller (Meurthe) depuis peu, quand il perdit sa place en 1850, à cause de sa notoriété comme démocrate. Marié, père d’un enfant au moment du coup d’État, il fut d’abord emprisonné durant huit mois, puis transporté en Algérie et interné pendant six mois à Oran.

Il revint et installa à Gerbéviller une fabrique et un commerce de broderies. Mais, supportant mal le régime impérial et curieux de vivre dans une République qui avait réussi et qui venait de sortir de la crise de la Guerre de Sécession, crise dont il avait peut-être aussi ressenti les effets dans sa fabrique par la difficulté de s’approvisionner en coton, dont souffrit toute l’Europe après 1861, Ravold passa de l’autre côté de l’océan Atlantique en 1865. Installé à Saint-Louis (Missouri), il collabora au journal socialisant de St Louis, La Tribune. Il fut sans doute membre de la section de l’Union républicaine de langue française de cette ville puisqu’il prit la parole à l’occasion du banquet organisé en 1870 pour commémorer l’anniversaire du 24 février, banquet auquel assistaient 600 personnes. Il nous dit également qu’il donna des articles de 1868 à 1870 au journal des Fenians des États-Unis, Irish New, qui justifiait l’action terroriste du peuple irlandais contre l’Angleterre.

Ravold rentra en France en novembre 1870, fut sous-inspecteur des enfants assistés en Meurthe-et-Moselle, de 1877 jusqu’à sa retraite en 1899.
En 1871, il était président du Comité électoral démocratique de Gerbéviller, et fut aussi un des fondateurs du Cercle Républicain de la ville (association qui sera interdite par le préfet en janvier 1874).
En 1872, il fut employé comme journaliste au journal Le Progrès de l’Est.

Il avait publié un livre autobiographique : Les Transportés de la Meurthe en 1852, Paris, Degorce-Cadot et Nancy, Kleutgen, 1873, in-8° VII + 2 + 85 pp., où il parle aussi de Mosellans comme Antoine Quesne, passé à Nancy et transporté de la Meurthe lui aussi.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36818, notice RAVOLD Jean-Baptiste , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 4 janvier 2021.

SOURCES : Arch. Dép. de Meurthe-et-Moselle, 1 M 640. — Bulletin de l’Union républicaine, 31 mars 1870. — Émile Duvernoy, « Notice sur Ravold », Cahiers lorrains, n° 9-10 septembre-octobre 1928, pp. 124-125. — Notes de M. Cordillot.

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