RAYBAUD Jean, Lazare

Né le 24 janvier 1802 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 22 novembre 1871 à Limoges. Négociant en eaux-de-vie associé avec le Limousin Bourdeau. Capitaine de la garde nationale à partir de 1836.

Le 2 janvier 1848, au banquet de Plaisance, offert par les Limousins à Pierre Leroux*, il prononça une allocution et but à la souveraineté du peuple. Colonel de la garde nationale le 25 février, nommé par acclamations et confirmé au scrutin un mois après, le 6 avril, quand la garde nationale eut été ouverte à tous les citoyens, Raybaud avait dès le 5 mars demandé des armes pour tous au commissaire du Gouvernement provisoire Chamiot-Avanturier.
Mais à gagner la confiance du peuple, Raybaud perdit celle des gardes nationaux bourgeois qui, dans la période difficile du 23 au 27 avril, se concerteront et agiront en dehors de lui.
Le 26 avril, devant l’irritation de la foule, le colonel Raybaud et le lieutenant-colonel Th. Frichon, escortés d’un piquet de gardes bourgeois, accompagnèrent les boîtes contenant les procès-verbaux d’élection, de l’Hôtel de Ville au Manège, où le dépouillement devait avoir lieu le lendemain. Pour éviter les chocs, Raybaud ne demandait aux gardes bourgeois qu’un service discret, une compagnie après l’autre, en accord, sauf sur des détails, avec Chamiot-Avanturier.
Cela n’empêcha pas les gardes nationaux bourgeois de se rassembler dans la nuit du 26 au 27 avril en nombre devant l’Hôtel de Ville et devant la préfecture. Le délégué du Club des Clubs, Genty*, et les militants démocrates de Limoges Denis Dussoubs* et Alfred Talandier* en conçurent de vives inquiétudes. Ils se rendirent aussitôt chez Raybaud pour lui demander des explications.
Le 27 avril, à la nouvelle de la lacération des procès-verbaux d’élection, Raybaud attendit, inquiet, les ordres du commissaire Chamiot-Avanturier. Il fut convoqué tardivement à la préfecture, où il trouva Chamiot-Avanturier tout à fait débordé. Dans l’après-midi, à l’annonce du heurt survenu à l’Hôtel de Ville entre le peuple et les gardes nationaux bourgeois agissant spontanément, il se rendit au corps de garde, invita les gardes à déposer leurs armes et s’engagea à les protéger des menaces et des sévices. Il fit de même au corps de garde de la préfecture. Il donna également l’ordre à Massy de se faire remettre par les gardes bourgeois le commandement du poste de la Poudrière.
Le Comité administratif provisoire désigné le 27 au soir par Chamiot-Avanturier l’invita à assurer le maintien de l’ordre. Il organisa des patrouilles et installa des postes dans la ville. Voir Briquet Charles*
Raybaud fut arrêté le 22 juin et accusé d’avoir eu partie liée avec les émeutiers du 27 avril. Il comparut devant les assises de la Vienne en mars et avril 1849. Défendu par Coralli, il fut condamné à deux ans de prison.
En août, il demanda son transfert de Poitiers à Limoges, afin de pouvoir liquider son commerce d’eaux-de-vie et son association avec Bourdeau, sur le point de contracter un riche mariage.
Raybaud fut gracié par le président de la République, en février 1850, et libéré. Conseiller municipal de Limoges à la fin de la Seconde République, il semble ne plus avoir eu ensuite d’activité politique et s’associa avec le brasseur alsacien Jacob Altenkirch, pour la fondation d’une brasserie à Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article36820, notice RAYBAUD Jean, Lazare, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Victor Chazelas, « Un épisode de la lutte des classes à Limoges », La Révolution de 1848, années 1910 et 1911. — L’Abeille de la Vienne, mars-avril 1849.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément