RIBOULET Sébastien

Par André Jeannet et Pierre Lévêque

Né le 28 novembre 1825 à Courlaoux (Jura), mort en 1872 à Mexico ; instituteur ; démocrate-socialiste ; quarante-huitard

Il fut un très brillant élève de l’École normale de Mâcon (Saône-et-Loire) — reçu premier au brevet supérieur avec « une médaille d’honneur offerte par la ville de Mâcon à l’élève le plus laborieux de l’établissement ».
Instituteur public à Digoin (Saône-et-Loire) à partir de juillet 1845, Riboulet obtint dès 1846 l’autorisation d’ouvrir une école primaire supérieure, mais se heurta à la concurrence impitoyable de l’école des Frères maristes, soutenus par le marquis de La Guiche, député, et d’autres notables catholiques. Malgré la qualité de son enseignement, il ne reçut bientôt plus dans son école que les 47 élèves « gratuits » de la ville, et ne disposa plus que de son traitement de 600 francs (il devait entretenir son père, sa femme et sa petite fille). Les démarches auprès du ministère contre la concurrence déloyale des Frères restèrent sans résultat, même dans les premiers mois de la République.
Devenu démocrate-socialiste militant, il fut suspendu pour un mois, le 11 décembre 1848. Il entretint des « rapports fréquents avec des personnes connues pour l’exaltation de leurs opinions politiques ». Il fut révoqué le 16 août 1849, et l’autorité interdit aux conseils municipaux de Saint-Germain-du-Bois et de Frangy (Saône-et-Loire) de le choisir comme instituteur communal. Installé à Frangy comme instituteur privé, il y aurait répandu un « esprit anarchique ». À nouveau suspendu, il se rendit à Paris où il fut employé dans les bureaux de la Voix du peuple, puis revint en Bresse où il s’installa, à Châteaurenaud, dans la banlieue de Louhans (Saône-et-Loire).
Le 4 décembre 1851 au matin, il fut un des chefs du rassemblement tumultueux qui se forma devant la sous-préfecture de Louhans. Il fut accusé d’avoir tenté de faire feu sur les gendarmes avec des pistolets, mais affirma que ceux-ci n’étaient pas chargés.
Le préfet écrivait de lui : « Révolutionnaire exalté, des plus dangereux, très entreprenant, fourbe et adroit, on ne peut plus redouté à Louhans et dans un grand nombre de localités. Était le chef de la jacquerie dans l’arrondissement. » La commission mixte le condamna à la transportation en Guyane. Il s’échappa de Cayenne en barque, le 8 septembre 1852 avec onze autres détenus et parvint à gagner Mexico où il finit sa vie comme jardinier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article37006, notice RIBOULET Sébastien par André Jeannet et Pierre Lévêque, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 5 février 2020.

Par André Jeannet et Pierre Lévêque

SOURCES : Arch. Nat., BB 30 400, F17 10304 et 11546, F15 4079. — Arch. Dép. de Saône-et-Loire, M. 122.

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