ROUGÉE Jean-Baptiste (ou ROUGET)

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot.

Né à Lyon (Rhône). Ancien ouvrier chapelier, compagnon du Tour de France, devenu étudiant en médecine puis professeur de mathématiques au lycée de Montpellier (Hérault). En 1848, il présidait le club de la Fraternité, formé en grande partie d’ouvriers démocrates. Le 18 mai 1849, il tenta, de concert avec Numa Peyre*, de s’emparer de la préfecture de l’Hérault et d’y proclamer « la République démocratique et sociale ». (Voir la collection de L’Indépendant.). Il fut condamné pour ce fait, le 23 novembre 1849, par la cour d’assises d’Aix-en-Provence, à deux ans de prison. Il les purgea à Belle-Ile-en-Mer, où il fit la connaissance d’Auguste Blanqui* qui devint son ami.
Exilé à Londres au lendemain du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, il y fut membre du comité (directeur) de la Commune révolutionnaire de Félix Pyat*. Il co-signa, avec ce dernier et Félix Avril* l’Appel au peuple daté du 14 novembre 1852 qui demandait aux Français de s’abstenir à l’occasion du deuxième plébiscite du 21 novembre, ainsi qu’une demi-douzaine de brochures publiées par la Commune révolutionnaire. Cela lui valut d’être condamné, par contumace, le 22 juillet 1853, par le tribunal correctionnel de la Seine, dans l’affaire du Comité révolutionnaire de Raynaud et Biotière, à dix ans de prison et 6 000 F d’amende. Voir André Raynaud * Il joua également un rôle important au sein du Comité international de l’Association internationale, qui préfigura l’AIT (1855-1859).
Rougée mourut à Londres vers le 15 avril 1857 et y fut enterré le 19. Cette disparition fut qualifiée par Blanqui de désastre. Lors de ses funérailles, des discours furent prononcés par F. Pyat au nom de la Commune révolutionnaire et par Alfred Talandier* au nom de l’Association internationale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article37329, notice ROUGÉE Jean-Baptiste (ou ROUGET) par Notice revue et complétée par M. Cordillot., version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot.

SOURCE : Arch. PPo., A a/434. — Discours de Félix Pyat prononcé le 19 avril 1857 sur la tombe de Rougée, proscrit français, Londres, Impr. universelle de Z. Swietoslawski, 4 p. — Discours prononcé sur la tombe de J.-B. Rougée par le citoyen Talandier, 1 p.— I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire. — Arthur Lehning, De Buonarroti à Bakounine, Paris, Champ libre, 1977.

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