FAVARD Julien

Par Claude Pennetier

Né le 4 juin 1896 à Preyssac (Dordogne), mort le 4 mai 1964 à Riom (Puy-de-Dôme) ; cheminot révoqué en 1920 ; militant communiste et CGT du Puy-de-Dôme ; déporté en Algérie.

Issu d’une famille de paysans, Julien Favard fréquenta l’école laïque jusqu’à onze ans. Il commença à travailler à l’âge de 14 ans. Il fut mobilisé en 1915. Il travailla après guerre aux chemins de fer à Limoges. Révoqué en 1920 il travailla à Saint-Étienne d’octobre 1920 à 1922 pour une entreprise de travaux publics puis jusqu’en 1924 pour la même entreprise à Laqueuille ( Puy de Dôme). Il vint ensuite à Riom pour des travaux en gare puis pour une compagnie de recherche de pétrole jusque 1928 date à laquelle il entra comme forgeron à la Manufacture des Tabacs.

Julien Favard fit partie en 1919 du Comité de la IIIe Internationale et adhéra en 1920 au PC lors du Congrès de Tours. Il fut délégué par la cellule de Saint-Priest au 1er congrès départemental de la Loire du PC qui eut lieu à Firminy en 1921 sous la présidence de Berlioz. Il fut dans le Puy de Dôme secrétaire de cellule et de section à Riom avec Amable Pérol. Elle compta bientôt une vingtaine d’adhérents. Mais de 1922 à 1924 il fut coupé de relation avec le parti qui n’était pas présent à Laqueuille où il travaillait.

Julien Favard fut plusieurs fois candidat aux législatives, aux cantonales et aux municipales, sans succès. Aux élections législatives de 1936, à Riom I, il fit passer le nombre de voix communistes de 118 à 898 soit 7,15 % des suffrages exprimés. Favard fut secrétaire du rayon puis de la section de Riom en 1936-1939. Depuis 1928, il était ouvrier à la Manufacture du Tabac de Riom. Il fut délégué du parti au comité local de Front Populaire et fut membre du conseil d’administration du patronage laïque.

Alors qu’il venait d’être opéré de la péritonite, il fut arrêté le 24 novembre 1940 à Riom. Il fut d’abord interné au camp de Revel (Aude) puis à celui de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Puis, il fut déporté en Algérie, avec d’autres militants ouvriers. Il fut transporté à fond de cale puis ensuite en wagon plombé, subissant de très dures conditions de détention. D’abord à Djelfa, au sud, puis au camp de Bossuet. Là il fut un des leaders de la tendance dure au sein des internés communistes (refus de collaborer en quoi que ce soit avec l’administration pénitentiaire — autre responsable : Roger Fayet). Il fallut attendre sept mois après le débarquement américain en novembre 1942 pour qu’il soit libéré en 1943. Il se mit immédiatement à la disposition du Parti à Alger. J. Favard rentra en métropole et à Riom début novembre 1944 avec une santé altérée, notamment au niveau de ses poumons.

Membre du comité fédéral du PCF du Puy-de-Dôme, il fut candidat du Parti aux élections, en 1946.

Julien Favard mourut le 4 mai 1964 à Riom (Puy-de-Dôme) et demanda à être enterré avec un exemplaire des Cahiers du communisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3745, notice FAVARD Julien par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 mai 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 4019 (noté A). — Arch. Dép. Puy-de-Dôme, M 05420. — Le Cri du Peuple. — Alerte. — Stéphane Courtois, thèse, op. cit., annexe n° 10. — État civil de Preyssac. — "Riom. Salut à Julien Favard", La Voix du Peuple, 4 novembre 1944. — Notes de René Lemarquis et Eric Panthou.

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