SELLER Gérard

Ouvrier fileur de laine à Reims, en 1834. Animateur des deux grèves de l’année : la première, du 29 mai au 4 juin ; la seconde, du 23 août au 6 septembre.

La grève de mai présentait les caractères suivants qui étaient inhabituels : deux filatures, dont la situation financière était compromise par la hausse du prix des laines et par la diminution du prix du produit ouvré, décidèrent une baisse des salaires ; ce qui détermina, le 29 mai, l’arrêt du travail de leurs ateliers. Partagés entre deux possibilités, celle d’aider pécuniairement leurs camarades, et celle d’entrer dans la grève également, les ouvriers des autres filatures se décidèrent vite, puisque, dès le 30 mai, commença une grève de solidarité, avec manifestations de haine contre les mécaniques et marches sur les filatures. Des arrestations ayant été opérées, les grévistes, qui ne dépassaient probablement pas le nombre de deux cents, cherchèrent à obtenir la libération des incarcérés. Le 3 et le 4 juin, la grève dépérit et mourut. Les patrons semblèrent renoncer à baisser les salaires.
Dans la dernière décade du mois d’août, tous les patrons annoncèrent que telle était pourtant bien leur intention. Un millier d’ouvriers firent deux semaines d’une grève quasi générale, sans résultat. Les fileurs de laine se rassemblèrent dans les bois voisins de la ville et parcoururent les rues en chantant sur l’air de la Marseillaise :
Sur vos gardes, fileurs ! Faisons de l’action !
Marchons ! Marchons !
Plutôt la mort que la diminution !
Des commissaires furent nommés. Des pétitions furent signées, Seller était l’orateur de la grève, à moins que ce ne fût Zianne (selon d’autres versions). Seller s’opposa à la destruction des machines, « parce que les ouvriers qui les occupaient resteraient sans ouvrage ».
Il est probable que Seller fut condamné par le tribunal correctionnel de Reims. Mais, dès octobre 1834, quelques ouvriers fileurs s’occupèrent « d’organiser sur une base très philanthropique une caisse de secours en cas de nécessité » écrivait le sous-préfet. Tout l’effort des grévistes n’avait pas été perdu. Voir Adellot*, Bestin D.*, Collico*, Coutois J.*, Galland J.*, Musy*, Zianne*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article37763, notice SELLER Gérard , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 6 août 2021.

SOURCES : Gazette des Tribunaux, 1er, 4 et 8 septembre 1834. — Arch. Nat., BB 18/1224 et 1226. — Arch. Dép. Marne, 194 M 9, lettres du sous-préfet de Reims des 30 août et 17 octobre 1834. — Mme Perrot-Roux, Les Coalitions ouvrières en France, 1815-1834, DES, Paris, 1951.

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