FERDONNET Pierre, Jean, René. Pseudonyme : LEMOINE

Par Claude Pennetier

Né le 26 juin 1922 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), mort 10 janvier 2013 à Bourges ; ouvrier ébéniste puis cheminot à la gare de Bourges (Cher) ; résistant, déporté ; syndicaliste CGT et militant communiste du Cher ; maire adjoint de Bourges (Cher).

Pierre Ferdonnet
Pierre Ferdonnet
Cliché Centre France

Le père de Pierre Ferdonnet, natif d’Angoulême (Charente) vint travailler comme cheminot à Paris et logea à Ivry-sur-Seine. Syndiqué, gréviste en 1920, il n’appartenait à aucune organisation politique. Son épouse originaire de l’est de la France avait tenu à faire baptiser Pierre et à lui donner une éducation religieuse. La famille partit pour Châteauroux (Indre) puis s’installa à Vierzon (Cher) en 1936.

Pierre Ferdonnet travailla comme ouvrier ébéniste et donna immédiatement son adhésion à la CGT. En 1937, il entra dans les rangs des Jeunesses communistes dont il devint très vite un des responsables locaux. Il soutint les luttes ouvrières vierzonnaises et participa aux campagnes de soutien à l’Espagne républicaine.

Coupé des JC de septembre 1939 à fin 1940, il reconstitua, en janvier 1941, un petit groupe de JC à Vierzon, groupe qui imprima, avec du matériel de jeu, des tracts et des papillons. Les gendarmes l’identifièrent en octobre 1941 mais il réussit à s’enfuir, et c’est par contumace que la Section spéciale de la Cour d’appel de Bourges le condamna à cinq ans de travaux forcés et à dix ans d’interdiction de séjour. Devenu illégal, Ferdonnet séjourna à Paris puis entra dans un maquis FTP de Corrèze le 16 juillet 1943. Il fut arrêté en septembre 1943, les armes à la main, par un détachement de SS et interrogé à la Gestapo de Limoges. Après un séjour d’un mois à la prison de Limoges, Ferdonnet et ses cinq camarades furent envoyés à Fresnes puis à Compiègne. Il fut déporté à Auschwitz (matricule 185925), Buchenwald (matricule 52534) puis à Flossenbourg (matricule 9918) le 25 ma 1944. Il fut libéré le 25 avril 1945, alors qu’il était à l’infirmerie dans un très mauvais état, puis rapatrié en france le 19 mai 1945.

Pierre Ferdonnet revint à Vierzon gravement malade et séjourna dans un sana. Il se maria à Bourges le 30 avril 1946 avec Madeleine Boiteau, fille de Pierre Boiteau mort à Buchenwald en 1944 et de Jane Boiteau, secrétaire de mairie, déportée à Ravensbruck. Sa femme obtint un emploi aux Établissements militaires de Bourges en 1947 et lui-même, titulaire d’un CAP, travailla dans cette ville comme ébéniste. Licencié, Ferdonnet décida d’entrer à la SNCF en 1948. Le CGT lui fit suivre une école centrale en 1950. Il fut secrétaire général des cheminots CGT de Bourges, secrétaire de la section communiste, membre du comité fédéral à partir de 1955, du bureau fédéral communiste jusqu’en 1977 et candidat suppléant à la députation. Il devint maire adjoint de Bourges (chargé des Anciens combattants) en 1977 et fut candidat aux élections cantonales de février 1982 dans le 2e canton de Bourges.
il existe des rues Pierre Ferdonnet, à Bourges, Vierzon et Saint-Germain du Puy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3781, notice FERDONNET Pierre, Jean, René. Pseudonyme : LEMOINE par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 juin 2020.

Par Claude Pennetier

Pierre Ferdonnet en 1945
Communiqué par la famille
Pierre Ferdonnet
Pierre Ferdonnet
Cliché Centre France

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Entretien avec Pierre Ferdonnet et son père, janvier 1985. — Lettre de Pierre Ferdonnet. — Le Berry républicain, mars 1976. — Dix-huit, 15 au 21 février 1982. Mémorial des déportés, op. cit. (il y figure sous son pseudonyme de Lemoine Pierre, page 499 du tome II. — Notes de Laurent Ziegelmeyer.

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