SIMARD Pierre

Par Notice revue et complétée par Michel Cordillot.

Horloger. Communiste révolutionnaire, membre des sociétés secrètes sous la Monarchie de juillet ; exilé à Londres après juin 1848 ; membre fondateur de l’Association internationale ; Franc-Maçon.

Horloger parisien, il fut l’un des orateurs lors du Premier Banquet communiste tenu le 1er juillet 1840 à Belleville. (Voir Jean-Jacques Pillot*). Il fut aussi compromis dans l’attentat de Darmès*, comme il l’aurait été dans l’affaire du périodique clandestin Le Moniteur républicain (voir Seigneurgens Z.*)
Ancien sergent-fourrier (dans la Garde nationale ?), passant pour blanquiste, il dut s’exiler après les journées de juin 1848. Installé en Angleterre, il devint alors comptable. En 1855-56, il fut membre avec Édouard Benoît* et Alfred Talandier* de l’Association internationale. Franc-Maçon, il appartenait en 1862 à la loge des « Philadelphes », dont il allait devenir en 1866 le Vénérable.
Les « Philadelphes », dont on sait le rôle dans la fondation de la Première Internationale, décidèrent d’ouvrir à son domicile, 38 Ely Place, Holborn, un bureau d’information destiné à venir en aide aux Maçons qui venaient de France pour visiter l’Exposition universelle de 1862. Le 15 septembre 1864, soit moins de deux semaines avant la fondation de l’AIT, cette même loge décida de pousser encore plus avant sa politique d’extériorisation en créant un bulletin bimensuel, puis hebdomadaire, La Chaîne d’Union La devise en était « Science, travail, solidarité », et le but qu’il assignait à la Franc-Maçonnerie était « de relever partout le prolétariat, de le mettre en pleine possession de lui-même en l’affranchissant de ses deux dernières servitudes : la misère et l’ignorance. » Pierre Simard en fut le directeur-gérant, secondé par François Tafery* (voir ce nom).
Il mourut à Londres en 1874, et ses funérailles furent l’occasion d’une manifestation maçonnique réunissant les deux loges issue des « Philadelphes ». De religion protestante, P. Simard eut des obsèques religieuses au Temple évangélique. Henri Valleton un ancien orateur des clubs de 1848, prononça sur sa tombe un discours de tonalité spiritualiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article37856, notice SIMARD Pierre par Notice revue et complétée par Michel Cordillot., version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 15 janvier 2019.

Par Notice revue et complétée par Michel Cordillot.

SOURCE : Cour des Pairs. Attentat du 15 octobre 1840, Paris, 1841. Bibl. Nat., Lb 51/3453. — André Combes, « Des Origines du Rite de Memphis à la Grande Loge des Philadelphes, 1838-1870 » Chroniques d’histoire maçonnique, n°34, 1985. — id., « Les Philadelphes et autres loges de Communards... ", Chroniques d’histoire maçonnique n° 35, 1985. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 447, 448.

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