SOUILLARD Adolphe dit Chirel

Par Jacques Grandjonc

Né en 1807 à Paris, mort le 21 mai 1840 à Binche (Belgique) en 1834. Membre de la Société des droits de l’Homme.

Adolphe Souillard demeurait rue Saint-Michel (Ie arr. ancien, maintenant rue Rigny VIIIe) et il était étudiant. Membre de la Société des droits de l’Homme, section Amis de la Vertu (?). Selon le rapport de Girod de l’Ain il avait pris une part active aux journées insurrectionnelles d’avril 1834, en gardant chez lui un dépôt de cartouches et avec la création d’une barricade. Bien que le Tableau synoptique n’indique pas de date d’arrestation et mentionne « absent », il dut cependant avoir été écroué à Saint-Pélagie, puisqu’il semble avoir participé à l’évasion collective du 12 juillet 1835. C’est donc par contumace qu’il fut condamné par la Cour des pairs, le 23 janvier 1836 à 10 années de détention et à la surveillance à vie.
Il s’était d’abord dirigé vers la Belgique où il fut classé comme indésirable. Il poursuivit donc sur l’Angleterre où, en 1836, il se serait présenté volontairement à l’ambassade de France à Londres pour retourner en France. Il n’en fut rien cependant et il revint à Bruxelles où il n’obtint pas l’autorisation de séjourner, jusqu’à ce que Charles Delescluze*, alors rédacteur du Journal de Charleroi, lui offre l’hospitalité, à lui et à sa femme, ainsi que du travail à la rédaction du journal. Souillard ne fut pas non plus autorisé à rester à Charleroi, mais à Binche où ce fut Jacques Imbert* qui le recueillit. Poitrinaire, il y mourut, et ses obsèques civiles donnèrent lieu, contre le clergé local, à une manifestation démocratique et franc-maçonnique importante. Sa correspondance avec Delescluze ainsi que les discours prononcés aux obsèques furent aussitôt publiés en brochure.
On ne connaît pas l’origine de son pseudonyme, ni quand il l’utilisa. Cependant, il est à noter que parmi les dossiers de la Cour des pairs concernant les mises en liberté et non-lieu à suivre, figure celui de la « Femme Chiret, veuve Souillard » et que les huit pièces qu’il contient datent de 1834-1835. C’est très probablement de sa femme dont il s’agit, qui aurait été inculpée elle aussi, et dont le dossier aurait été reconstitué après 1840.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article37951, notice SOUILLARD Adolphe dit Chirel par Jacques Grandjonc , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 12 mai 2018.

Par Jacques Grandjonc

SOURCES : Arch. Nat., CC 592, Dossier Souillard. Lettre du Préfet de Police au Procureur générale de Pas-de-Calais, du 12 mai 1835. — Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Rapport fait à la Cour des pairs par M. Girod (de l’Ain), Imprimerie royale, Paris, 1834-1836, Vol 2. T 3 p. 320-322. Vol. 6, 11. — Tableau synoptique des accusés d’avril jugés par la cour des pairs établi par Marc Caussidière, Lyon, imprimerie de Boursy fils, 1837, Arch. Nat. BB 30/294, Bibl. Nat. in-4° Lb 51/24984. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 592 D 1 N° 254, CC 609 D 1 N° 254 (femme Chiret). — Journal du peuple, 7 juin 1840, n° 23, p. 2. — Ch. Dupont, Histoire d’un enfant du peuple. Jacques Imbert de Marseillle, Marseille, 1886. — M. Dessal, Un révolutionnaire jacobin, Charles Delescluze 1809-1871, Paris, 1952. — Notes de J. Risacher et R. Shapira.

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