TAFERY François

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né vers 1822 à Niort (Deux-Sèvres) , mort en février 1868 à Londres (Grande-Bretagne), typographe, publiciste, franc-maçon, proscrit en 1851, il se réfugia à Jersey puis à Londres.

Typographe, François Tafery habitait Niort (Deux-Sèvres).

De 1849 à 1851, il collabora à la rédaction du journal socialiste L’œil du Peuple, publié à Niort. Une note de police le concernant et datant de 1852 indiquait : « Célibataire, n’a que son travail ».

Il fut condamné par la Commission mixte des Deux-Sèvres, le 10 février 1852, à l’expulsion momentanée du territoire, avec les attendus suivants : « Attendu que Tafery, agent actif et intelligent du parti démagogique, l’un des rédacteurs de L’œil du Peuple, a accepté des émeutiers le titre de délégué du peuple ; qu’il a, en cette qualité, pris part à l’invasion de l’Hôtel de Ville, et a encore reparu dans les autres groupes, et pris ainsi une part active à tous les troubles... ».

Il reçut un passeport pour la Belgique, le 19 mars 1852 puis rejoignit Jersey. Le 21 octobre 1853 il participait à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant dans l’île, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III. Il travailla, avec Claude Victor Vincent, Jego et Kosiell sous la direction de Charles Ribeyrolles, à la fabrication du journal hebdomadaire L’Homme, d’abord à Jersey puis à Londres. Il fit partie des 36 proscrits qui signèrent, le 17 octobre 1855, la protestation rédigé par Victor Hugo contre l’expulsion de Jersey de Charles Ribeyrolles, du colonel Louis Pianciani et de Philippe Thomas. Cette signature lui valu, comme tous les autres, l’expulsion de l’île et c’est à ce moment qu’il rejoignit Londres.

Il fut initié à la Franc-Maçonnerie et entra en 1859 dans la loge de proscrits français les « Philadelphes ».

À Londres, il fonda une imprimerie, 1 West Place quartier d’Islington. Selon le recensement de 1861 il y résidait avec sa femme Émilie R. âgée de 28 ans, son fils Lux né à Londres et âgé de 3 ans, Laure Michelet 16 ans née à Londres, couturière, Scipion Michelet 13 ans né à Londres, imprimeur. Il y imprima ouvrages et une revue en français, la France libre et Garibaldi.

Le 15 septembre 1864, soit moins de deux semaines avant la fondation de l’AIT, cette même loge décida de pousser encore plus avant sa politique d’extériorisation en créant un bulletin bimensuel, puis hebdomadaire, La Chaîne d’Union. La devise en était « Science, travail, solidarité », et le but qu’il assignait à la Franc-Maçonnerie était « de relever partout le prolétariat, de le mettre en pleine possession de lui-même en l’affranchissant de ses deux dernières servitudes : la misère et l’ignorance. » François Tafery fut désigné pour en seconder le directeur-gérant Pierre Simard, en qualité de secrétaire de direction.

F. Tafery mourut à Londres en 1868, sans avoir revu la France. Son décès fut annoncé ainsi dans Le Figaro et La Gironde : « Monsieur Étienne Arago annonce la mort d’un proscrit de décembre, M. François Tafery, décédé à Londres, où il rédigeait un journal maçonnique, la Chaîne d’union, et il cite un trait digne de toute louange : Pendant le choléra d’il y a quatre ans, un des voisins de Tafery meurt trois jour après avoir perdu sa femme ; il laissait orphelins deux petits enfants. L’exilé les prend chez lui et les adopta devant le magistrat : « Que voulez-vous, disait-il à celui de qui nous tenons le fait, je ne pourrais jamais laisser ces pauvres petits malheureux à l’hôpital ; je les élèverai avec les miens, et, plus tard, comme les miens il travailleront. En attendant, je travaillerai pour eux tous ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38033, notice TAFERY François par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 29 juillet 2020.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

SOURCE : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 6/17. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Victor Hugo, Œuvres complètes de Victor Hugo. Actes et paroles. 2 publiées par Paul Meurice, puis par Gustave Simon, 1937-1940, p. 123-125. — Le Figaro, 13 février 1868. — La Gironde, 19 février 1868. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Taffery - François », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Notes de M. Cordillot.

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