VAURS Étienne, dit Clermont-la-Bonté

Né à Maurs (Cantal) en 1784, compagnon maréchal-ferrant du Devoir du Tour de France, organisateur de mouvements parmi les compagnons, à Lyon, en 1821. Il les représenta à une assemblée groupant les délégués de diverses sociétés, tenue à Bordeaux. Il semble que cette réunion à laquelle assistaient des travailleurs venus de toute la France ait correspondu à un regroupement général que les circonstances empêchèrent de mener à bien.
Arrêté à Lyon au mois de décembre, Vaurs déclara : « Le 5 courant [5 novembre 1821], cette assemblée générale a eu lieu dans un des faubourgs de Bordeaux et dans une salle de danse appelée Baccalan ; nous étions environ cent compagnons de tous les corps de métier. Ce sont les compagnons chapeliers qui ont porté la parole au début et qui ont annoncé que cette réunion n’avait d’autre but qu’une fraternisation, afin d’éviter à l’avenir toutes les rixes. Cette assemblée a été tenue avec la plus grande décence et, après avoir pris un verre de vin, chacun s’est séparé. Dans l’après-dîner, un commissaire de police et deux agents se sont présentés de la part de l’autorité, ils sont restés jusqu’à ce que tout le monde se soit retiré. Mais je dois convenir que leur présence a un peu inquiété et qu’elle a hâté la dissolution de la réunion. » Tel est, de la bouche de Clermont-la-Bonté, le compte rendu le plus ample de ce qui est le premier congrès ouvrier de France.
Un patron corroyeur, ancien compagnon, a communiqué au préfet de la Gironde qu’il y avait eu, antérieurement à l’assemblée du 5 novembre, une réunion de quatre-vingts personnes, non datée, où « plusieurs corps d’état n’ont point voulu se départir de certaines prérogatives qu’ils croient avoir sur d’autres, ni reconnaître certains corps que d’autres reconnaissent ». Et, le 4 novembre, une seconde réunion, de vingt personnes celle-là, chez la Mère des chapeliers, derrière le Palais Gallien, groupait les représentants des quatre corps les plus anciens, charpentiers, chapeliers, tailleurs de pierre, corroyeurs ; les charpentiers, prétendant remonter au Temple de Salomon, y refusèrent l’égalité aux autres.
Vaurs, qui traversa Paris, en septembre 1821, passait « aux yeux de ses camarades pour avoir de l’esprit et du talent », selon la préfecture de police. Voir François Sanlaville*, et Étienne Adam dit Bourguignon-l’Intrépide*, Benjamin Alaire*, Pierre Balmette*, Jean-Claude Bayle*, Jean-Baptiste Bernon *, Blanchard*, Louis Demiel*, Pierre, Desbois dit Nantais-sans-Cérémonie*, Joseph Duclos dit Nantais-l’Espérance*, Louis Ferailler*, Henri Grégoire dit Languedoc-Bon-Accord*, Pierre Herviaux*, Liccardi*, Antoine Massabie*, Antoine Montorcy*, femme Monty*, Nicolas Najeotte*, Revrier*, Julien Teiller*, Terret*, Constantin Vivier* Plusieurs de ces compagnons ont assisté au congrès de Bordeaux ; tous en ont favorisé la tenue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38608, notice VAURS Étienne, dit Clermont-la-Bonté , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Nat., F 7/9786.

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