VERNIER Aimé, Joseph, dit Hippolyte

Né le 29 juin 1818 à Luxeuil (Haute-Saône), commis en librairie, membre des sociétés secrètes parisiennes.

Son frère aîné avait été tué en 1834 « pour le soutien de la République ». Dès lors, communiste déterminé, il rejoignit les sociétés secrètes, mais n’encourut d’autres poursuites qu’une instruction pour vol terminée par un acquittement en 1843.
Sa femme, une lingère, mourut en février 1847.
Voyageur de commerce en librairie, il était alors commis chez un marchand de papier de la rue de Bourbon-Villeneuve.
Membre de la Société des droits de l’Homme en 1848, il fut, en Juin, l’instigateur le plus actif de l’insurrection dans son quartier — il demeurait, 47, rue du Faubourg-du-Temple — qu’il parcourut en tous sens le 23 pour rassembler les combattants, les appeler aux armes, traitant de lâches et d’« aristos » ceux qui refusaient. « Sans lui, il n’y aurait pas eu de lutte faubourg du Temple », dira le commissaire de police. Empêché de construire une barricade au coin de la rue Bichat, il alla en faire une rue Saint-Maur, enleva les fusils des militaires blessés transportés à l’ambulance, et menaça ses colocataires : « Si nous sommes vainqueurs, la maison y passera, parce que c’est tout aristos. » Le soir, il dit : « Je vais donner mes ordres dans Paris [...] Il faut absolument faire des barricades. Il faut un changement de gouvernement. Il faut renverser l’Assemblée nationale. » Le 24, il fut arrêté après la prise de la barricade, rue Bichat.
Son père, agent électoral bonapartiste, le fit revenir de Belle-Île, le 15 décembre 1849, en demandant à Louis-Napoléon son fils, « esclave pour avoir soutenu vos droits futurs ».
En juillet 1850, Vernier fut néanmoins condamné à quatre mois de prison pour fabrication et détention de munitions de guerre.
En mai 1851, il entra comme ouvrier en bénitiers chez un fabricant du passage du Grand-Cerf, où lui-même demeurait. Il y travailla jusqu’au 3 décembre, où il retrouva Cournet, Auzière et Thomas à la barricade Sainte-Marguerite. Il aurait aussi, paraît-il, été couper dans la plaine Monceau un fil électrique qui alimentait les bassins de la Concorde (?).
Le 4 décembre, convoqué par Beaumont, il se tint en permanence passage Jouffroy, où il reçut les ordres de Paul Deflotte*. Puis il prit la fuite et, par contumace, fut condamné à la transportation (« Algérie plus »).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38672, notice VERNIER Aimé, Joseph, dit Hippolyte , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 25 juillet 2020.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 5882 et B 1512.

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