VIARD Jules

Né vers 1817. Journaliste socialiste.

Viard fonda le premier journal à un sou : La Famille, dans lequel Pierre-Joseph Proudhon* écrivit. D’abord saint-simonien, puis fouriériste, il se rapprocha ensuite de Proudhon avec qui, aidé de Charles Fauvety*, il fonda Le Représentant du Peuple, le 14 octobre 1847. Il rédigea et publia, le 24 février 1848, avec Fauvety, une proclamation en faveur du socialisme. Le 15 mai, son nom figura parmi ceux des membres du bureau de la Société nationale de la Banque d’échange de Proudhon. Voir aussi Claude Bastiat*.
Jules Viard était particulièrement compétent en matière financière. Il rêvait d’établir le parcours à bon marché pour les ouvriers. Il dessina des tracés de lignes de tramways que d’autres, plus tard, reprirent et exploitèrent. Il caressait sans cesse l’espoir de trouver un capitaliste socialiste qui lui avançât les fonds d’un journal dans lequel il pourrait exposer ses projets et traiter à sa manière les questions sociales. En 1849, chez Pauline Roland, il fréquenta les réunions du groupe des instituteurs socialistes. Il se lia alors d’amitié avec Gustave Lefrançais.
Puis les « Montagnards » de Dijon firent appel à lui pour rédiger Le Travail qui parut à partir du 21 décembre 1849, et dans lequel il se livra à une active propagande socialiste. Le 4 janvier 1850, il y fit l’éloge de Marat, de Saint-Just et de Robespierre. Il conseilla aux instituteurs d’adhérer au groupe des instituteurs socialistes de Gustave Lefrançais*, de Pauline Roland* et de Pérot*. Il invita les ouvriers à constituer des associations fraternelles. Ses articles, pour la plupart, étaient écrits dans un style prophétique qui n’était pas sans rappeler celui de Lamennais.
Après la disparition du Travail, il collabora au Peuple de Dijon qui parut durant quelques mois à partir du 3 avril 1850.
Lefrançais, assigné en résidence en Côte-d’Or, vint l’y retrouver en décembre 1850. Viard quitta Dijon, au début de 1851, et retourna à Paris où il mena une existence difficile. Les actionnaires du Peuple de Dijon le trouvant trop « avancé » pour eux et ne pouvant obtenir qu’il mît une sourdine à ses articles, lui avaient proposé de résilier son contrat, en lui abandonnant leurs avances à titre d’indemnité. Le soir même il quittait Dijon.
Après le coup d’État, il fut condamné, par la Commission mixte de la Côte-d’Or, à l’expulsion, comme « meneur du parti anarchique ».
Au retour de l’exil, il collabora au Figaro de Villemessant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38703, notice VIARD Jules , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : G. Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire. — Jean Gaumont, Le Socialisme en Côte-d’Or, Ms. Bibl. Mun. Dijon.

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