VIGIÉ (ou VIGIE)

Ouvrier tonnelier à Lunel (Hérault), condamné en juin 1839 à douze jours de prison pour avoir organisé une coalition des travailleurs de la localité, qui se plaignaient d’être moins bien rétribués que ceux des villes voisines. La police saisit un tract qui disait : « Frères et Amis, Hiram, le chef des ouvriers, fut assassiné par ses propres maîtres, pour le motif qu’il demanda une augmentation de salaires pour ses frères... » Ce curieux document où la formule jacobine précède un emprunt à la tradition compagnonnique laisse entrevoir que Vigie (ou plutôt Vigié) relevait du compagnonnage. De même, le rôle du compagnonnage semble évident à l’audience, où, contrairement à ce qui arrivait souvent, ce furent les patrons qui perdirent contenance et non les ouvriers. Seul à cette époque, également, le compagnonnage pouvait avoir assez de ramifications pour réussir à détourner vers d’autres villes, même s’ils s’étaient embauchés à Lunel au hasard de leurs déplacements, des travailleurs de diverses professions, ce dont les patrons se plaignirent devant le tribunal correctionnel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38746, notice VIGIÉ (ou VIGIE), version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 3 octobre 2017.

SOURCE : Gazette des Tribunaux, 13 juin 1839.

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