VIGOUROUX Jean-Baptiste

Né le 17 juin 1813 à Merle (Loire), mort en mai 1885 à la prison de Nîmes (Gard) ; Docteur en médecine à Vals-les-Bains (Ardèche) en 1849. Organisateur d’une marche insurrectionnelle, partie de Vals en direction de Privas, en réaction au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte ; retiré à Langogne (Lozère) après 1856.

Fils d’un charpentier Jean-Louis Vigouroux et de Benoîte Bernard. Il eut un frère Laurent né en 1815, charpentier comme son père.

Jean-Baptiste Vigououx fut condamné au mois de juin avec l’avocat Demole et avec Meyssonnier, d’Aubenas, pour rédaction et apposition de placards « tendant à exciter les citoyens les uns contre les autres, et à pousser au renversement du gouvernement établi ». Ces placards disaient notamment : « Nous maintiendrons la Constitution les armes à la main ! Aux armes ! »
C’est le Dr Vigouroux qui organisa dans la région de Vals le mouvement insurrectionnel avec marche sur Privas, le 4 décembre 1851, après le coup d’État.
La Commission militaire de Privas l’accusa de s’être « rendu coupable de propagande démagogique, de faire partie de sociétés secrètes dont il est un des chefs actifs, et d’excitation à l’insurrection armée du 4 décembre, ayant pour but le meurtre et le pillage. » Elle le condamna à Cayenne. La Commission mixte le condamna également à Cayenne, en tant que « chef actif de sociétés secrètes, sans moralité, déjà condamné politique ».
Sa peine fut commuée en expulsion (septembre 1854), puis il fut gracié (mai 1856). En 1858, lors de l’application de la loi de sûreté générale, il était tenu pour « l’un des hommes les plus dangereux de l’Ardèche ». Voir Demole*, Meyssonnier*.
« Victime du Coup d’Etat du 2 décembre 1851 », il toucha une pension annuelle de 1200 francs. D’autre part, outre sa profession, il occupait l’emploi de juge de paix à Saint-Etienne de Lugdarès mais aussi à Mende (Lozère). Il vivait à Langogne.

Accusé d’infanticide, il mourut début mai 1885 d’un accès violent de goutte comme le révèle le journal La Lanterne du 23 mai 1885, dans une cellule de la prison de Nîmes, attendant sa comparution en cour d’assises. Certains journaux parlèrent de suicide. Sa nièce et maîtresse, coaccusée fut acquittée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38768, notice VIGOUROUX Jean-Baptiste, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 7 août 2020.

SOURCES : Élie Reynier, La Seconde République dans l’Ardèche, Privas, Éditions F.O.L., 1948. — Renseignements communiqués par Jean Vigouroux (août 2020).

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