WASMUTH Jean, Joseph ou WASMUHL ou WASSEMUTH ou WASMOUTH ou VASMUTH

Par Jean Maitron, Pierre-Jean Derainne et Jean Risacher

Né vers 1816 à Paris. Cordonnier ou « ouvrier bottier ». Membre des sociétés républicaine et secrètes, proche des néo-babouvistes.

Cordonnier, présenté parfois comme « ouvrier bottier », Wasmuth fut membre de la section « Montagnards » de la Société des droits de l’Homme, puis sans doute aussi de la Société des Familles. Pour cette raison ou peut-être pour avoir participé à des mouvements de grève ou des coalitions, il était particulièrement surveillé par la police sous la monarchie de Juillet. Elle s’interrogeait en particulier sur les raisons de son départ, pendant le procès Joseph Fieschi (février 1836), en Angleterre, où il séjourna durant six mois. On peut penser qu’il était parti rétablir le contact avec les « échappés » de juillet 1835, comme Camille-Louis Berrier-Fontaine et autres. Cette même année, la police soupçonnait Wasmuth de recruter pour une organisation « dont les sections portaient le nom de Rivières » — il doit s’agir des Saisons — et d’avoir pris part à la formation d’un comité de secours pour les détenus politiques.

Au début de 1837, il demeurait 57, rue du Four-Saint-Germain (XIe arr. ancien, maintenant VIe), et, dans le cadre de l’affaire Pierre, François Meunier (attentat du 27 décembre 1836), il fut arrêté et écroué le 27 janvier 1837 à Sainte-Pélagie avec plusieurs autres « membres de la Société des Saisons, républicaine, démocratique et socialiste » : Robert Jeannin, René Le Goff, Nénevé, Provins, Saint-Aubert. Renvoyés devant la juridiction ordinaire, inculpés d’association illicite, ils furent condamnés (en assises ?), le 9 juin 1837 à des peines de prison légères et à de fortes amendes : 6 jours pour Wasmuth qui fut libéré le 15. On avait trouvé dans son dossier une lettre du préfet de police concernant le marchand de vin, François Duhamel, rue de la Croix-Nivert, chez qui des membres de la Société des Familles se réunirent le 29 décembre, deux jours après l’attentat, Insatisfait par la condamnation, le procureur profita du retard de paiement des amendes et frais pour utiliser la procédure de contrainte par corps et les fit rejuger en juillet, réalisant ainsi l’aggravation, souhaitée par la magistrature, des condamnations initiales. Il fut cette fois condamné à 18 mois de détention. Après les journées de mai 1839, pour avoir pris part à l’insurrection, accusé notamment du pillage du magasin de l’armurier Lepage, avec Saint-Aubert et Jeannin, il fut de nouveau arrêté et écroué le 11 juin 1839 à La Force, puis Sainte-Pelagie, prévenu au procès de la deuxième catégorie, puis enfin relaxé par la Cour des pairs, le 18 décembre 1839.
. Le 2 janvier 1837 la Gazette des tribunaux avait annoncé l’arrestation simultanée de « Vasmuth », cordonnier, 51 rue de Seine-Saint-Germain, chez qui on avait saisi des emblèmes républicains et un livret au contenu mystérieux, arrestation de Vasmuth et de Maria, 27 ans, peintre en bâtimens, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Jean, 9. Maria fut libéré le 10 janvier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38937, notice WASMUTH Jean, Joseph ou WASMUHL ou WASSEMUTH ou WASMOUTH ou VASMUTH par Jean Maitron, Pierre-Jean Derainne et Jean Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 2 septembre 2018.

Par Jean Maitron, Pierre-Jean Derainne et Jean Risacher

SOURCES : Arch. Nat., CC 728. — DY/8 10-3600, DY/4 47-4622, DY/8 17-9742. — Gazette des Tribunaux, mois de juillet 1837, , 2 janvier 1837, p. 220, col. 1 . ; 14 janvier 1837, p. 251, 2ème col ;— Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 709 D 5 N 39. — Notes de Pierre Baudrier.

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