FOUGERAT Marcel, Octave

Par Maurice Sauvé

Né le 20 décembre 1878 à Jauldes (Charente), mort le le 5 mars 1940 à Jauldes ; cheminot révoqué en 1920 ; syndicaliste CGT du Finistère.

Fils d’un maçon, Marcel Fougerat adhéra à l’Union des syndicats du Réseau d’Orléans (17, rue Édouard-Manet, Paris, XIIIe). Il devint secrétaire du syndicat des cheminots de Quimper (Finistère). Il assista au IIe congrès régional de l’Union qui se tint à Bordeaux les 11 et 12 mai 1918 et il intervint dans la discussion, développant et soutenant les thèses minoritaires. Il était membre de la CA de l’Union des syndicats du PO. Dès cette époque, un rapport de police sur l’agitation révolutionnaire dans le Finistère, datant de 1920, le présentait comme « très violent, pouvant entraîner les masses ». Il fut révoqué de la Compagnie PO le 5 mars 1920 pour son attitude pendant la grève de février, avec Delagrange, Ollivier, David et Moreau.

Fougerat était toujours secrétaire du syndicat de Quimper lors de la grève générale de mai. Persuadé que cette grève conduisait à la Révolution sociale, il adressa le 27 avril une lettre au camarade Thépot de Quimperlé, lettre saisie par la police et qui servira de base au Gouvernement pour monter le complot contre la « sûreté intérieure de l’État ». Il disait à Allix :
« Dis-leur bien [aux cheminots de Quimper] que cette fois c’est la lutte finale et que nous ne rentrerons qu’après la prise de direction des chemins de fer par le prolétariat du rail et, vraisemblablement, la prise du pouvoir par le prolétariat organisé.
« Il est à prévoir que les pouvoirs publics céderont au bout de deux à trois jours sur nos revendications essentielles et nous demanderons en échange d’assurer le ravitaillement du pays. D’accord, mais il reste bien entendu, qu’à ce moment c’est l’organisation syndicale qui reste seule directrice de l’exécution du service sur les ordres de la Fédération. Aussi, comme il faut tout prévoir, j’ai pensé qu’en mon absence, en ce qui concerne l’Exploitation, il serait indispensable que le camarade Thépot de Quimperlé se rendît à Quimper pour y prendre la direction générale des services d’Exploitation, sur toute l’étendue du syndicat de Quimper, laissant le soin à la CE de désigner les agents d’exécution (voie, exploitation, traction) chargés d’assurer le remplacement de nos anciens galonnés. Restant bien entendu que si les anciens titulaires actuels (chefs de gare, sous-chefs de gare, chefs de dépôts, sous-chefs de dépôts, chefs de section, chefs de districts) acceptaient de continuer leur fonction sur les ordres de la Fédération et sous le contrôle de notre organisation, ils pourraient le faire à la condition de prêter serment devant la CE et de se soumettre, à toutes décisions de la CGT. »
Fougerat fut-il un illuminé ou un agent provocateur ? Toujours est-il que les arrestations succédèrent aux arrestations : Gaston Monmousseau, Henri Sirolle, Jules Dejonkère, Marcel Delagrange, Monatte*, Lévêque, Jacques Sigrand, Gautier, Courage, Rey, Verdier, Henri Toti, Hanot, etc.

Le 11 mai 1920, la CGT dont les statuts n’avaient pas été déposés et de ce fait, était illégale, fut dissoute.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3933, notice FOUGERAT Marcel, Octave par Maurice Sauvé, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 11 octobre 2022.

Par Maurice Sauvé

SOURCES : Arch. Nat. F7/13602, rapport du 14 mai 1918. — Arch. Dép. Finistère, 22 M. — Arch. Mun. Quimper, listes électorales. — Note de G.-M. Thomas.

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