FRÉJAC Raoul, Eugène (dit FRENOT)

Par Justinien Raymond

Né le 3 janvier 1849 à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; mort le 9 septembre 1907 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; un des pionniers du socialisme dans l’Allier.

Fréjac, de son vrai nom Frénot, se refusant à entrer au séminaire, se fit commis boucher à Paris, puis employé au chemin de fer du Nord ; il adopta son pseudonyme pour militer au POF. Il fut délégué aux congrès du Parti ouvrier à Roanne (1882) et à Roubaix (1884) et participa au congrès international de Paris (1889). L’année précédente, il s’était installé à Commentry (Allier) où, sur recommandation de Guesde, il travailla comme secrétaire de mairie. Il fut conseiller général de 1890 à 1892. Il avait été avantla scission de 1882 permanent du Parti Ouvrier appointé à 150 f/mois. Il tenta, d’abord avec Deynaud et Reverchon d’implanter le POF dans le XVIIIe arr. à Paris en se présentant aux élections municipal de 1887 contre Lavy dans le quartier de la Goutte-d’Or (Paris, XVIIIe arr.) sous l’étiquette USR. Comme pour ses deux compagnons, la défaite fut sévère : avec 45 voix, il ne recueillit que 0,5 % des suffrages des électeurs inscrits. Du 22 avril au 12 mai 1890, une grève souleva les forgerons de la région dont le salaire, après une baisse de 33 % en trois ans, était tombé à une moyenne de 2,20 F. Une augmentation de 10 % figurait sur les feuilles de paye du 22 avril, selon les promesses faites par la Compagnie Châtillon-Commentry, mais elle était reprise sous prétexte de baisse de la production. Raoul Fréjac, pour avoir activement secondé Christophe Thivrier dans la défense des salariés, fut condamné à cinq mois de prison. On eut l’impression que ce verdict punissait l’animateur, l’orateur de la campagne électorale de 1889 qui s’était terminée dans l’arr. de Commentry par l’élection du « député en blouse », Ch. Thivrier.

Raoul Fréjac, organisateur des groupes socialistes révolutionnaires de la région, appartint également au comité de rédaction des journaux : Le Réveil social, 1890, Le Travailleur, juillet-septembre 1889, Le Socialiste de l’Allier, 1895-1903, Le Tocsin populaire de l’Allier, 1895-1903. Condamné pour délit de presse, incarcéré à Moulins, il fut élu en 1890 conseiller général du canton de Commentry. À nouveau condamné, il fut déclaré démissionnaire d’office en 1892. De 1893 à 1895, il lutta avec le POF contre les blanquistes de Commentry. En 1895, prétextant l’extension de son commerce - il avait ouvert une librairie - il quitta la région et se rendit à Marseille où il dirigea des journaux, avant de terminer sa vie comme écrivain public.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4010, notice FRÉJAC Raoul, Eugène (dit FRENOT) par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 23 décembre 2008.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., p. 56-57. — Populaire-Dimanche, 1er juillet 1956, article de G. Rougeron, qui a également donné une biographie de Fréjac dans Les Administrations départementales de l’Allier. Le Conseil général, t. II, 1871-1940, Montluçon, 1960, p. 253. — Claude Willard, Les Guesdistes, op. cit., p. 625. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979.

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