FRITSCH Émile [Bas-Rhin]

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

Né le 30 janvier 1896 à Colmar (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine), mort le 15 octobre 1988 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; serrurier-ajusteur ; syndicaliste et militant communiste du Bas-Rhin, secrétaire régional de la FSGT à partir de 1935, interné politique, secrétaire de l’Union des syndicats de cheminots d’Alsace et de Lorraine en 1945 ; conseiller municipal de Strasbourg (1945, 1947-1953).

Fils de Jacob Fritsch, couvreur-ardoisier, membre du Parti social-démocrate (SPD), président du syndicat des couvreurs, le jeune Émile Fritsch fit un apprentissage de Schlosser (serrurier-ajusteur) à Strasbourg-Neudorf de 1912 à 1915. Il travailla au parc d’artillerie de Strasbourg de 1915 à 1916 avant d’être mobilisé dans l’armée allemande en 1916. Il aurait déserté à Berlin en 1917. Après le retour de l’Alsace à la France, il entra en octobre 1919 aux ateliers des Chemins de fer d’Alsace et de Lorraine à Bischheim (Bas-Rhin), principal foyer du « bolchevisme » en Alsace, mais continua à résider à Strasbourg. En 1910, il avait commencé à pratiquer la gymnastique à la Société ouvrière « Vorwärts », membre de l’Arbeiter-Turnerbund. Cette association prit le nom d’« Avenir » en 1919. Après la réunification du mouvement sportif travailliste en 1935, il fut secrétaire régional et moniteur général de la Fédération sportive et gymnique du travail.

Émile Fritsch avait adhéré au Syndicat « libre » des métallurgistes et à la Jeunesse sociale-démocrate en 1912. Il adhéra en 1925 au Parti communiste. Resté fidèle à la SFIC lors de la scission régionale de 1929, il fut secrétaire de la section communiste de Strasbourg-Ville durant les années trente (338 membres en 1939). Lors de la conférence de Bischheim en février 1932, il eut la tâche difficile de faire admettre aux militants alsaciens et mosellans les décisions de Paris transmises par Jacques Duclos au sujet de Béron et Dublé. Plusieurs fois candidat aux élections municipales et cantonales, il fut élu conseiller d’arrondissement dans le canton de Strasbourg-Sud en octobre 1937. Evacué avec les ateliers SNCF de Bischheim à Périgueux (Dordogne) en septembre 1939, il fut interné, à la suite de la dissolution du PC au Château-Sablou (Dordogne) (il figure sur la photo d’un groupe de cheminots internés dans Heimat unterm Hakenkreuz, p.30). Rentré en Alsace annexée durant l’été 1940, il milita au Parti communiste clandestin. Interné en 1942 au camp de Schirmeck (Bas-Rhin), il fut condamné à un an de prison par un tribunal siégeant à Mannheim (Bade). À sa sortie de la prison de Bruchsal (Bade), il se cacha dans la région de Colmar.

En 1945, il fut secrétaire de l’Union des syndicats de cheminots d’Alsace et de Lorraine et fut nommé en avril 1945 conseiller municipal de Strasbourg. Il fut aussi, en mars 1945, membre du comité provisoire d’une Association des internés et déportés politiques d’Alsace. Il fut décoré de la médaille de la Reconnaissance française. En septembre 1946, il fut président du Comité d’action électoral communiste du Bas-Rhin. Élu conseiller municipal de Strasbourg en 1947, il ne fut plus présenté par le PCF en 1953, lorsque la liste fut rajeunie. Il prit sa retraite professionnelle comme chef de brigade SNCF en 1954. Il présida ensuite la section de Strasbourg de l’Association France-Pologne.

Émile Fritsch est souvent confondu avec son homonyme Émile Fritsch, né à Bischheim le 16 octobre 1894, maire de Basse-Yutz, Moselle, de 1925 à 1934, rédacteur en chef de L’Humanité de Metz de 1927 à 1935 ; secrétaire régional de la CGTU à Strasbourg en 1935.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4039, notice FRITSCH Émile [Bas-Rhin] par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 98 AL 1068, 544 D 4D. — Arch. de l’ex-SED, Berlin (Organigramme des organisations de gauche en Alsace établi le 19 septembre 1940 par la police allemande). — L’Humanité, Metz, puis Strasbourg, 1930-1939. — Lothringische Volkszeitung, 24 février 1932. — Republikaner, Mulhouse, 2 juin 1936. — La Presse libre, Strasbourg, 27 mars 1945. — Humanité Sept-Jours, Strasbourg, 13 février 1976. — Le Cheminot, Strasbourg, mars 1976. — Dernières Nouvelles d’Alsace, Strasbourg, 19 mai 1984, 25 janvier 1986, 18 octobre 1988. — Ch. Hoeffel, Heimat unterm HakenkreuZ, édité par l’Union des syndicats de cheminots d’Alsace et de Lorraine, Schiltigheim, 1953. — Plaquette du 80e anniversaire du sport travailliste en Alsace, Strasbourg, 1982. — Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n° 12, Strasbourg,1988, p. 1060. — Renseignements donnés par A. Boosz en 1988.

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