GALLIOT Henri, François

Par Jacques Omnès, Jean-Jacques Doré

Né le 28 juillet 1877 à Plougueneuc (Ille-et-Vilaine) ; maçon puis cheminot ; secrétaire adjoint du syndicat CGT des Cheminots du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) en 1909 et 1910, secrétaire du syndicat CGT des Cheminots de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) de 1911 à 1914 puis de celui de Laval (Mayenne) en 1917 et 1918 ; révoqué en 1910 et 1920.

Henri Galliot exerçait comme son père le métier de maçon lorsqu’il fut appelé à servir dans l’infanterie le 14 novembre 1898, puis rendu à la vie civile dès le 20 septembre 1899 comme soutien de famille. Embauché par la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, il fut affecté comme homme d’équipe au dépôt du Havre le 23 avril 1901.

L’’un des fondateurs du syndicat des Cheminots du Havre affilié à la CGT, il était l’adjoint du secrétaire Louis Allan en 1909 et 1910. En octobre 1910, les syndicats de Cheminots exigèrent du gouvernement un salaire minimum journalier de cinq francs (d’où le surnom de "grève de la thune" qui désignait la pièce de 5 francs). Considéré comme l’un des meneurs du mouvement au Havre en octobre 1910, révoqué dès le 17, il fut inscrit sur la liste des antimilitaristes l’année suivante, agrémenté du jugement de "meneur très dangereux, préconise et pratique l’action directe".

Réadmis le 8 avril 1911 et nommé aiguilleur à la gare de Sotteville-lès-Rouen, il prit en charge la réorganisation du syndicat CGT local des Cheminots, décapité par la révocation de ses principaux militants Jules Buissonnière et Pierre Berthelot. Élu secrétaire général assisté de Gaston Raulin secrétaire adjoint, il fut remplacé par Edmond Dubois lors de sa mobilisation en août 1914 et son affectation spéciale à la gare de Laval (Mayenne). Le 15 décembre 1917, il succéda à Gabriel Triaud au secrétariat des cheminots de Laval affilié à la CGT.

En 1920 il n’était plus secrétaire du syndicat, mais il prit une part active à la grève de mai des cheminots. Il ne fit pas grève dès le 1er mai en raison de l’échec du mouvement à Laval — voir Joseph Martiniaux. Mais au cours de la réunion tenue le soir du 3 mai à la Bourse du Travail de Laval, il déclara que la conduite de ses collègues lui faisait honte, qu’il était encore temps de réagir et qu’après avoir travaillé comme les autres, il était en grève depuis 5 heures de l’après-midi.

Dès lors il s’efforça d’entraîner ses camarades dans le mouvement. Ainsi, le soir du 5 mai, au cours d’une nouvelle réunion, il demanda aux femmes présentes d’encourager leurs maris à faire grève, car c’était selon lui le seul moyen d’obtenir satisfaction.

Le 10 mai, alors que le mouvement commençait à refluer à Laval — il n’y avait jamais eu plus de 70 grévistes — il fut suspendu. Quatre jours plus tard, le 14 mai, il était révoqué avec quatre autres camarades.

Auparavant, les 3 et 4 février 1920, il avait participé au congrès extraordinaire de l’Union des syndicats de cheminots de l’État en tant que délégué de Laval. Il avait déposé un ordre du jour demandant 600 francs d’augmentation de l’indemnité de loyer pour toutes les localités.

Il retrouva le chemin du rail le 23 décembre 1924 et la Compagnie des chemins de fer de l’État l’affecta comme expéditionnaire à la gare des Batignolles (Paris).

Henri Gaillot s’était marié à Évian (Haute-Savoie) le 25 octobre 1902 avec Eugénie Hautière. Au Havre en 1901 il habitait 104 rue Jean-Jacques Rousseau, à Sotteville en 1911 65 rue Hyacinthe Ménager, dans le centre de Laval en 1920 et 24 rue de Nanterre à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) en 1922.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4124, notice GALLIOT Henri, François par Jacques Omnès, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 5 juin 2022, dernière modification le 2 juin 2022.

Par Jacques Omnès, Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne, 1 W 2893 et M. 3054. — Compte rendu manuscrit du congrès de l’Union État des 3 et 4 février 1920 rédigé par Eugène Dubré et communiqué par son fils. — Arch Dép. Seine-Maritime 4 MP 2410 Réunions et conférences 1914-1918, 4 MP 2156 Antimilitaristes réservistes, 10 MP 1405 Syndicats 1909-1912, 1 MP 285 Radiations du carnet B pour départ. — Arch. Dép. Ille-et-Vilaine État civil, matricule militaire.

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