GAMONDÈS Marius [GAMONDÈS Joseph, Marius]

Par Pierre Bonnaud

Né le 11 août 1890 au Teil (Ardèche), mort le 2 mars 1965 au Teil ; cheminot à la gare de Miramas (Bouches-du-Rhône) puis au Teil ; président du Comité local de Libération du Teil ; syndicaliste CGT d’Ardèche ; conseiller municipal communiste du Teil.

Marius Gamondès était le fils unique d’une famille modeste qui résidait dans le quartier du Frayol au Teil. Ses parents, qui travaillaient chez Lafarge, illettrés, avaient perdus sept autres enfants, tous décédés en bas-âge. Marius fréquenta l’école primaire confessionnelle – ses parents étaient catholiques – puis l’école publique jusqu’à l’âge de quinze ans.

Vers 1905, il devint ouvrier cimentier chez Lafarge, le plus gros pourvoyeur d’emplois de la région. Selon le témoignage de sa fille Andrée, le comportement « réactionnaire, anti-social, proche de l’Église » de ses patrons le conduisit à de « solides convictions laïques et anticléricales ». Après avoir effectué son service militaire, il se fit embaucher comme ouvrier maçon dans une entreprise artisanale, peu de temps avant la première guerre mondiale.

Mobilisé en 1914, il fit la guerre dans les tranchées, réchappa à la tuerie et adhéra à l’ARAC. En 1919, il entra au PLM, fut affecté à la gare de Miramas, se maria. Au printemps 1920, Marius Gamondès participa aux grèves des chemins de fer et fut rétrogradé. Syndiqué à la CGT, il milita à partir de 1921 à la CGTU et au Secours Rouge.

Vers le milieu des années 1920, il obtint sa mutation pour sa ville d’origine et vint s’installer au Teil avec sa famille. En 1927, il adhéra au PCF. En 1928, lors d’une élection partielle, il fut élu conseiller municipal ainsi que deux autres co-listiers : Vincent Mortier* et Henri Mirabel. Mais en 1929, la liste communiste fut entièrement battue lors du renouvellement de la municipalité. En juin 1930, un vif conflit interne opposa les Jeunesses communistes au parti : la cellule des cheminots – à laquelle adhérait Gamondès – fut dissoute. Elle ne retrouva son activité qu’après l’intervention de Benoît Frachon, qui se rendit sur place, délégué par le bureau politique, le 4 octobre 1931.

La période du Front populaire fut marquée par la montée en puissance du communisme dans la région du Teil : en 1935 le PC obtint cinq élus aux élections municipales dont plusieurs cheminots proches de Marius Gamondès : Joseph Thibon, Jacques Bonnet, Adrien Jouve. Durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation allemande, Gamondès demeura fidèle à ses convictions communistes. Bien que déjà âgé et surveillé, il participa à la Résistance, contribuant à la diffusion de la presse clandestine, militant souterrainement à la CGT derrière l’écran des organisations vichystes officielles. En septembre 1944, lors de la libération du Teil, il était le seul ancien élu communiste présent dans la localité, ce qui lui valut d’être porté à la présidence du comité local de libération, fonction qu’il céda à son camarade Joseph Thibon lorsque celui-ci put rentrer du village où il avait été assigné à résidence par les autorités de Vichy.

En 1945, Marius Gamondès prit sa retraite professionnelle, mais non celle de militant. Il était parmi les meilleurs diffuseurs de la presse communiste, dans son quartier du Frayol. Il demeura conseiller municipal du Teil jusqu’en 1954. Avec son épouse, née Augusta Gaillard (voir Augusta Gamondès), il eut deux enfants : Andrée (née en 1921) et René (né en 1927), qui devinrent tous deux des militants communistes (voir Andrée Gamondès).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4134, notice GAMONDÈS Marius [GAMONDÈS Joseph, Marius] par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 28 mai 2009.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : La Voix Populaire, 1936-1939. — La voix du peuple de l’Ardèche et La voix de l’Ardèche, 1944-1947. — Les Allobroges, 1950-1956. — À travers l’Ardèche, supplément hebdomadaire de l’Humanité-dimanche, publié par la fédération de l’Ardèche du PCF (1957-1958). — Roger Pierre, La Drôme et l’Ardèche entre les deux guerres, 1920-1939, le mouvement ouvrier, le Front populaire, Valence, édition Notre temps, 1977. — R. Pierre, R. Montérémal, A. Hullot, Autour de 1936, Cruas Le Teil dans les luttes, Cruas, éditions CAC, 1986. — Renseignements fournis par Andrée Gamondès, fille de Marius Gamondès.

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