BAILLY René, Gustave, Espérance

Par Claude Pennetier

Né le 26 juillet 1893 à Saint-Amand-Montrond (Cher), mort vers les années 1950 à Saint-Amand-Montrond ; cheminot puis ajusteur-mécanicien et représentant de commerce en vélos ; syndicaliste et militant communiste du Loiret, secrétaire de l’Union départementale CGTU du Loiret, secrétaire de la fédération communiste ; membre du Comité de Libération de Saint-Amand-Montrond.

Entré en apprentissage vers 1903, René Bailly adhéra au Parti socialiste en 1912. Il fut mutilé puis réformé pendant la Première Guerre mondiale.

Cheminot à Orléans (Loiret) en 1919, il militait activement à l’ARAC et à la CGT. Dans un article de L’Avenir syndical du Centre (1er mars 1920) intitulé « Syndicalisme et révolution » Bailly prônait l’action révolutionnaire. Il créa et dirigea les comités syndicalistes révolutionnaires du Loiret. Révoqué des chemins de fer après la grève de mai 1920, le militant syndical travailla dans un garage de la ville. Était-il alors syndiqué aux Métaux ? Il signa la résolution présentée par la commission exécutive du syndicat des Métaux au congrès de l’Union départementale le 6 mars 1921. Le texte préconisait la rupture avec l’Internationale « réformiste » d’Amsterdam, refusait la subordination à un parti quelconque mais souhaitait l’accord avec les partis révolutionnaires. Le rapport moral défendu par le secrétaire de l’Union départementale, Pierre Berthelot, obtint vingt-six mandats, huit se prononcèrent contre, dont les syndicats d’Orléans : P.O., Chemin de fer de l’État, Cuirs et Peaux, Métaux et les syndicats de Montargis : Bâtiment, employés, Habillement, Métaux.

René Bailly fut un des créateurs de la Fédération communiste du Loiret en janvier 1921. Congédié de son entreprise en février, il se mit à la tête d’un comité de chômeurs puis fut permanent de la CGTU. Les renseignements manquent sur les activités de Bailly entre 1921 et 1924. À cette dernière date il assurait le secrétariat de l’Union départementale CGTU, fonction qu’il détenait vraisemblablement depuis 1922. Un rapport de police du 16 mars 1925 signalait sa réintégration aux chemins de fer de l’État à Chartres (Loir-et-Cher). Il refusa pour pouvoir continuer à animer la Maison du peuple qu’il avait créée rue des Réservoirs à Orléans. Sur le plan politique Bailly fut délégué à la propagande du Parti communiste pour la Région Beauce et Perche puis secrétaire de la Région communiste orléanaise vers juin 1926 (Eure-et-Loir, Loiret, Loir-et-Cher). En 1926, un rapport d’Ernest Girault à la direction du PC le présentait ainsi : « Très intelligent et dévoué, s’exprime bien. En travaillant, il deviendra un excellent propagandiste, mais il a un défaut, il se choque de la moindre critique et n’aime pas qu’on lui donne des conseils » (I. M. Th., 188). Ses fonctions d’administrateur délégué de l’imprimerie « La Prolétarienne » d’Eure-et-Loir lui valurent de passer en correctionnelle le 2 avril 1930, pour avoir imprimé des textes antimilitaristes. Le tribunal le condamna à une peine d’amende.

René Bailly se présenta aux élections législatives des 22 et 29 avril 1928 dans la première circonscription d’Orléans où il recueillit 2 642 voix (9,7 % des inscrits) et 1 678 voix au second tour (6,1 %). Bailly ne participa pas aux élections de 1932 mais retrouva la même circonscription en avril 1936. Son score tomba alors à 2 107 voix (7,4 %). Le Parti communiste en fit son porte-drapeau lors de nombreuses élections locales : élections cantonales d’octobre 1934, de mars 1937, élections municipales. En 1936, Bailly n’était plus secrétaire mais restait membre du bureau régional - voir H. Oudin*, secrétaire général. André Chêne écrit cependant qu’en janvier 1940, René Bailly, secrétaire régional du PC, fut arrêté, interné en Dordogne puis en Haute-Vienne avant d’être libéré pour raison de santé.

Retiré dans le Cher, il siégea au comité de Libération de Saint-Amand-Montrond et s’occupa des problèmes de la presse. Il mourut dans sa ville natale vers les années 1950.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article416, notice BAILLY René, Gustave, Espérance par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 septembre 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F7/13000, F7/13129. — Arch. Dép., 2 M 103. — L’Avenir syndical du Centre, 1920-1921. — Le Travailleur (Loiret), 1927-1936. — Cahiers du Bolchevisme, 15 novembre 1925. — L’Antifasciste, novembre 1934. — André Chêne, Ceux du groupe Chanzy, PCF, 1993.—Témoignage de Gaston Dutour.

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