GENG Émile. Pseudonyme : HEILMANN Hans et ROLL Émile

Par Léon Strauss

Né le 1er juillet 1904 à Habsheim (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine annexée), mort le 5 décembre 1958 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; chaudronnier puis cheminot ; syndicaliste CGT et militant communiste du Haut-Rhin, membre du bureau fédéral du PCF du Haut-Rhin, membre du secrétariat de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine et du bureau de la Fédération nationale CGT (1945-1947).

Émile Geng était le fils d’un tourneur sur fer qui mourut en 1908. Sa mère, très pauvre, vivait de raccommodage. Sa scolarité primaire à l’école communale s’acheva en 1918 avant le retour de l’Alsace à la France : il n’apprit donc pas le français, qu’il parlait et écrivait mal. Il apprit le métier de chaudronnier avant de faire dix-huit mois de service militaire dans les chemins de fer militaires (novembre 1924-mai 1926). Il adhéra au Parti communiste en décembre 1930 après avoir assisté à plusieurs réunions publiques et sous l’influence de Weigel. Durant une année, il put accomplir de multiples petites tâches pour aider Weigel, mais depuis le départ de ce dernier, il était livré à lui-même. Dans son autobiographie rédigée en 1935 ou 1936, il se plaignait de la situation du rayon de Mulhouse où les querelles de personnes prenaient trop de place et où l’unité d’action plaçait le Parti à la remorque de la SFIO. La situation était en train de s’améliorer depuis que les directions nationale et régionale avaient été informées de cette situation. Selon lui, l’objectif immédiat, c’était la formation d’un Front populaire, y compris avec les organisations chrétiennes, mais en aucun cas l’unité d’action avec la SFIO. Il disait avoir lu Le Manifeste communiste, le premier livre du Capital, ainsi que certaines œuvres de Lénine et Staline.

Il séjourna en URSS du 17 novembre 1935 au 5 novembre 1936 sous le pseudonyme de Hans Heilmann.

. La direction de l’ELI demanda son départ d’urgence fin octobre 1936, car, « membre de la municipalité » (de Mulhouse semble-t-il), il devait être sur place le 1er novembre. Un rapport le défini comme « Conseiller municipal Alsace lorraine Assez fort politiquement et théoriquement, mais ayant montré une tendance ay nationalisme local. Semble avoir des capacités d’agitation dirigeant d’une brigade de travail pratique, il n’a pas montré de capacité particulière »

Sur le plan syndical, il appartenait au syndicat des métallurgistes CGTU depuis 1931.

En 1939, il entra à la SNCF et fut domicilié à Habsheim. Il fut interné par les autorités françaises en 1939 ou 1940. Il figurait sur la liste des dirigeants du PCF à Mulhouse-Ville établie par le Befelshaber der Sicherheitspolizei und des SD à Strasbourg le 19 septembre 1940 (Archives de l’ex-SED, Berlin-Est). À cette date, il n’était pas encore rentré à Mulhouse. Après la Libération, il fut membre du bureau fédéral du Haut-Rhin et conseiller municipal. En septembre 1945, il fut candidat PCF aux cantonales à Habsheim. Il prit la parole lors du congrès de l’Union des syndicats CGT des cheminots d’Alsace et de Lorraine le 6 juillet 1945 à Bischheim et fut élu le lendemain membre du secrétariat de l’Union. Il la représenta au bureau de la Fédération nationale de 1945 à 1947, puis fut remplacé par Albert Erb. Le 10 janvier 1948, au cours d’une conférence du 9e secteur en présence de Marcel Parant, secrétaire général adjoint de l’Union Est, et d’Albert Erb, il souligna qu’à part Belfort et Bâle, l’unité syndicale était maintenue : dès la grève de juin, les Belfortains, sous l’impulsion du Comité d’action syndicaliste (CAS), avaient quitté la CGT. En 1954, il était secrétaire départemental de l’USCAL-CGT pour le Haut-Rhin.

Émile Geng s’était marié le 19 septembre 1924 avec Anne-Marie Gruber, tisserande : ils eurent deux fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4277, notice GENG Émile. Pseudonyme : HEILMANN Hans et ROLL Émile par Léon Strauss, version mise en ligne le 29 septembre 2010, dernière modification le 28 octobre 2022.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 544 D 152. — RGASPI, Moscou, 495-270-1764 notes de Claude Pennetier, 517 1 1113 notes Sylvain Boulouque. — Comités fédéraux du PCF. — Le Cheminot unifié, 1er septembre 1945, 1er mars 1948. — Komintern : l’histoire et les hommes, Paris, Éditions de l’Atelier, 2001, p. 601 (où il est confondu avec Émile Roll). — Notes de Georges Ribeill et Pierre Vincent.

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