GONDRAN Octave, Victor, François

Par Jacques Girault

Né le 6 mars 1903 à Salernes (Var), mort le 22 juin 1965 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; cheminot ; militant socialiste SFIO ; conseiller d’arrondissement du premier canton de Toulon (Var) en 1937.

Fils d’un malonnier (fabricant de tomettes), Octave Gondran, lui aussi malonnier, se maria à Salernes (Var) en octobre 1921. Secrétaire de la section socialiste SFIO en 1925, il fut l’un des plus actifs membres du comité de grève des céramistes en juin 1925. Secrétaire du syndicat CGT des ouvriers céramistes, il était délégué par la section SFIO de Salernes, dont il était trésorier, pour le congrès fédéral de 1927. À la fin de 1927, des membres du conseil syndical l’accusèrent de malversations. Il s’en justifia à plusieurs reprises dans Le Réveil du Var. Pendant la campagne pour les élections législatives de 1928, il fut le secrétaire local du comité du candidat SFIO.

Par la suite, Octave Gondran entra à la Compagnie du PLM et habitait Toulon dans le premier canton, quartier du Pont-de-Bois. Aussitôt après la scission de la fin 1933, il devint membre du comité fédéral de la SFIO, le 3 décembre 1933. Militant actif, il contribua à la création de plusieurs sections (par exemple en février 1934 au Lavandou). Le 20 juin, il participa à la rencontre locale avec le Parti communiste et signa avec Jacques Toesca et Jourdan l’accord pour des actions communes. Peu de temps après, il devenait secrétaire de la section SFIO de Toulon et fut dès lors au premier plan des activités socialistes dans la ville.

Octave Gondran rencontra des difficultés dans la période préparatoire aux élections municipales. Tout d’abord, fallait-il ou non faire une alliance avec le Parti communiste ? Il pensait que non. Sa motion fut battue le 15 novembre 1934 par celle de Bartoli* qui proposait une liste SFIO au premier tour et une liste commune au deuxième. Mais, progressivement, la situation avait évolué. L’ancien sous-préfet Gozzi* et le Parti socialiste français proposèrent une alliance. Gondran en fut très tôt un vif partisan. Le 5 février 1935, il fit adopter par la commission exécutive de la section une telle alliance. Critiqué deux jours plus tard par l’assemblée générale, il démissionna. Il devait revenir sur cette démission, le 9 février.

Octave Gondran figurait sur la liste « antiescartefiguiste » qui avait circulé dans certains milieux de la ville. Candidat sur la liste « socialiste et d’unité d’action » SFIO-PSF, il obtint, le 5 mai 1935, 3 029 voix sur 29 381 inscrits. Il figurait sur la liste commune conduite par V. Brémond* se réclamant du Front populaire. Il obtenait, le 12 mai, 10 160 voix.

Président du comité électoral local lors de l’élection législative de juin 1935, il était fort critiqué par l’aile gauche du Parti. Aussi démissionna-t-il du secrétariat de la section à la fin de 1935.

Parallèlement, syndicaliste, il était secrétaire du syndicat CGT de la Compagnie du PLM et le demeura après la réunification. Il devait aussi être élu comme membre de la commission exécutive de l’Union départementale lors de l’assemblée générale du 3 octobre 1937.

Toujours membre du comité fédéral de la SFIO, quand Bartoli devint conseiller général du premier canton, il libérait son siège de conseiller d’arrondissement. Le 21 novembre 1937, candidat SFIO, Gondran obtint 1 023 voix sur 9 014 inscrits et fut élu, le dimanche suivant, avec 1 824 voix. Lors du congrès fédéral SFIO, le 21 mai 1939, il soutint un point de vue particulier différent de celui exprimé par Léon Blum et Paul Faure. Il fut déclaré démissionnaire d’office du conseil d’arrondissement par un arrêté du 12 décembre 1941.

Pendant la guerre, Octave Gondran, pour des raisons non politiques, subit des sanctions à la SNCF. Le comité fédéral SFIO, le 4 décembre 1944, indiquait qu’il n’appartenait plus à la SFIO.

Après la guerre, il habitait Gonfaran (Var) et travaillait dans une scierie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4467, notice GONDRAN Octave, Victor, François par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 août 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 6.25, 2 M 7.35.4, 4 M 47, 4 M 50, 4 M 54, 4 M 56.8, 4 M 59.3, 3 Z 2.6, 3 Z 2.10, 3 Z 2.12, 3 Z 4.24. — Arch. J. Charlot (CRHMSS).

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