GOSSELIN Alexandre [GOSSELIN Jean, Alexandre]

Par Claude Geslin, Marie-Louise Goergen, François Prigent

Né le 16 décembre 1899 à Malestroit (Morbihan), mort le 24 décembre 1954 à Nantes (Loire-Inférieure) ; ajusteur-mécanicien à la SNCF, puis chef de groupe et sous-chef de bureau ; dirigeant fédéral de SFIO de Loire-Inférieure (1937-1955) ; adjoint SFIO (1944-1947) puis conseiller municipal (1947-1953) de Nantes ; candidat SFIO au conseil d’arrondissement de Nantes 4 en 1928 ; candidat SFIO aux municipales de 1929 à Nantes ; candidat SFIO aux cantonales de Nantes 6 en 1951 ; directeur de La Tribune Socialiste puis de L’Effort Social ; dirigeant régional de FO cheminots ; militant SFIO et CGT puis FO.

Son père Alexandre Gosselin était marchand de grains et sa mère Marie Gillard, ménagère. Passé par les écoles publiques, il devint ajusteur-mécanicien dans les chemins de fer après avoir été brièvement mobilisé en 1918.

Installé à Nantes après la guerre, Alexandre Gosselin fut candidat SFIO au conseil d’arrondissement dans le canton de Nantes 4 en 1928. Dans ce même secteur, Alexandre Fourny* fut élu conseiller d’arrondissement en 1934, puis conseiller général en 1937.
Militant CGT, il figurait aussi sur la liste SFIO aux municipales en 1929, qui obtint 10 élus. En revanche, il ne figurait pas sur la liste SFIO en 1935, lors de la victoire de Auguste Pageot*, premier maire socialiste de Nantes.

Secrétaire adjoint de la section socialiste de Nantes en 1931, il était secrétaire du groupe socialiste du quartier populaire de Doulon en 1937. Entre 1937 et 1939, il était membre de la CEF de la fédération socialiste de Loire-Inférieure, dirigée par le nazairien Albert Vinçon*. À ce titre, il fit partie du comité d’organisation du congrès national de la SFIO à Nantes, préparé notamment lors du congrès fédéral du 19 mars 1939 à Saint-Nazaire.

Résistant Libération-Nord à Nantes, il contribua à réorganiser le milieu socialiste nantais à partir de 1944 en compagnie de Georges Briand* (futur préfet de la Sarthe) et Jean Lepage* (élu socialiste nantais entre 1944 et 1971, EDF, CGT).

Membre du mouvement Libération-Nord, il fit partie de la délégation municipale provisoire de Nantes installée par arrêté du commissaire de la République le 31 août 1944. Il fut désigné deuxième adjoint représentant la CGT au conseil municipal de Nantes, en charge des concessions et services industriels, ancienne délégation de Alexandre Fourny. Le 9 juin 1945, dans un éditorial de la Tribune socialiste, il condamna le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain par les quatre députés de Loire-Inférieure (François Blancho, Eugène Le Roux*, Auguste Pageot*, Maurice Thiéfaine*). Alexandre Gosselin figurait en 3e position de la liste Unité Républicaine de la Résistance en avril 1945 (13 élus SFIO), derrière Clovis Constant* (député et maire sortant) et Jean Lepage.

Il écrivit dans plusieurs journaux socialistes locaux, dont Le Travailleur Socialiste et Nantes Socialiste avant la guerre, puis dans La Tribune Socialiste, L’Effort Social et Le Travailleur, rédigeant des « flèches rouges » sous le pseudonyme de Jean des Carmes (en référence à l’avenue des Carmes où il résidait à Nantes). En 1947, il devint directeur de La Tribune Socialiste puis, en 1948, directeur de L’Effort Social, avec Ascencio du Maine-et-Loire.

En 1946, il se trouva au cœur d’une polémique avec le PCF, dans un contexte de vives tensions entre socialistes et communistes dans le département. Il fut réélu simple conseiller municipal en octobre 1947, en seconde position sur la liste SFIO (4 élus).

Militant important de la CGT à partir de 1945, il rejoignit FO en 1948 au moment de la scission. Sous-chef de bureau au dépôt de Nantes-Blottereau à partir de 1949, il était également secrétaire adjoint de l’Union des Cadres de l’Union Ouest de la Fédération FO des cheminots.

En 1951, il fut candidat dans le canton de Nantes 6 (tenu en 1937 par Edmond Prieur* puis repris par les socialistes avec Christian Chauvel en 1964, Guy Jeanneau* en 1970 et Alain Chenard jusqu’en 1982).

Membre de la direction fédérale de la SFIO à partir de 1951, il était en charge de la liaison avec les élus socialistes. Élément clé de l’appareil socialiste, il était pressenti pour se présenter contre Théodore Staub* (secrétaire fédéral entre 1945 et 1955) lors de la préparation du congrès fédéral du 23 janvier 1955, qui vit l’émergence de André Routier-Preuvost* (secrétaire fédéral entre 1955 et 1969).

Jusque dans les années 1960, il figurait parmi les militants emblématiques, dont la mémoire était évoquée et honorée par la section SFIO de Nantes. Président d’une section de la société de secours mutuels en 1953, il avait été décoré chevalier du Mérite social. Mort fin décembre 1954, il fut inhumé au cimetière de la Bouteillerie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article4488, notice GOSSELIN Alexandre [GOSSELIN Jean, Alexandre] par Claude Geslin, Marie-Louise Goergen, François Prigent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 12 novembre 2019.

Par Claude Geslin, Marie-Louise Goergen, François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Loire-Atlantique, 256 W 1. — Arch. de l’OURS, dossiers Loire-Inférieure - Arch. du CHT de Nantes, fonds Viau. — Arch. Fédération FO des cheminots. — Le Travailleur de l’Ouest, 1928-1939. — La Tribune socialiste, 1946-1948. — Mairie de Malestroit. — Florian Le Teuff, Les socialistes nantais et les gauches, maîtrise, Université de Nantes, 2003. — Sabine Prin, Les socialistes et la résistance en Loire-Inférieure, éd. de l’OURS, 2008. – DBMOF, tome 30, p.154. — Notes de Louis Botella.

ICONOGRAPHIE : La Tribune socialiste, 10 octobre 1947.

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