GAUTIER François, Jean, Pierre

Par Jacques Girault

Né le 11 février 1931 à Loc-Eguiner-Saint Thégonnec (Finistère) ; instituteur puis chef d’établissement ; syndicaliste, militant communiste et militant laïque du Finistère ; conseiller municipal de Lanmeur.

Fils d’instituteurs exerçant à partir de 1934 à Guiclan, socialisants et laïques, (son père resta en captivité en Allemagne pendant toute la guerre), François Gautier reçut les premiers sacrements catholiques et parla, dès son enfance, le breton. Après une scolarité secondaire perturbée par la guerre, partagée entre les collèges de Carhaix, de Saint-Pol-de-Léon, et le lycée de Morlaix, il obtint le baccalauréat en 1950. Pendant sa scolarité, il fut chef de troupe des éclaireurs de France, participa aux activités bretonnes (biniou, danses celtiques), au mouvement des auberges de jeunesse tout en étant sportif (champion de Bretagne en triple saut et volley-ball). Bien qu’inscrit à la Faculté de Droit de Rennes, il préféra devenir éducateur dans des « centres spécialisés » pour jeunes adolescents en Seine-et-Marne (Chamigny et La Ferté-sous-Jouarre) dirigés par Robert Jospin*. Devenu éducateur-chef, muté à Font-Romeu, il préféra démissionner en juillet 1951.

François Gautier commença des suppléances d’instituteur et fut détaché comme animateur itinérant à l’Union française des œuvres laïques d’enseignement par l’image et le son. Après leur mariage, les époux obtinrent un poste double à l’Ile-de-Batz (1952). Il anima l’Amicale laïque pendant deux ans. Mais à la suite de la gémination des écoles, son poste fut supprimé. Le couple enseigna alors à Plougonven. Il fut nommé en 1956 au cours complémentaire de Landeleau, dans le centre du département, qu’il dirigea avec la mission de remettre l’établissement en marche.

François Gautier accomplit son service militaire (mars 1958-décembre 1959) comme caporal dans un régiment d’artillerie anti-aérienne à Vannes (Morbihan) où il fut secrétaire d’un capitaine.
Revenu à la vie civile, Gautier devint directeur du collège d’enseignement général de Lanmeur. La gestion de l’internat dépendant du directeur, l’Inspection d’Académie lui confia la mission de la réformer, ce qu’il fit avec succès avec l’aide du Syndicat national des instituteurs. En 1976, principal adjoint du collège d’enseignement secondaire de Landivisiau, puis en 1979, du CES de l’Iroise à Brest, il fut chargé en 1981 de prendre la direction du nouveau collège des îles du Ponant (Nord-Finistère, Houat, Molène, Ouessant, Sein) auquel furent rattachés en 1983 les élèves de l’île de Batz. Ce fonctionnement difficile fut l’occasion de multiples expériences pédagogiques et de négociations constantes avec les collectivités locales et les représentants de l’enseignement diocésain. Son expérience administrative et pédagogique lui valut de participer à des colloques sur les questions de l’enseignement en milieu insulaire en Corse, à Brest, en Écosse et en Italie.

François Gautier se maria religieusement en avril 1952 à Plouédern (Finistère) avec une institutrice. Ils eurent deux filles qui reçurent les sacrements catholiques. Après son divorce, il se remaria en mai 1986 à Loctudy (Finistère) avec une professeure de lettres au collège de l’Iroise à Brest, mère de Christophe Gourvenec. Le couple eut un garçon et une fille.

François Gautier adhéra au Parti communiste français en 1961. Membre de la cellule de Lanmeur créée en 1962, secrétaire de la section communiste de Lanmeur, il devint conseiller municipal de Lanmeur dès le premier tour en 1965, candidat sur une liste émanant de la cellule communiste, et fut réélu en 1971 dès le premier tour sur une liste d’union de la gauche. La municipalité mit notamment en chantier la construction d’un nouveau collège. Il refusa de conduire en 1977 la liste à direction communiste et demanda sa mutation.

Lors des élections législatives de 1967 et de 1968, Gautier fut le suppléant du candidat communiste dans la quatrième circonscription (Morlaix). Pour les élections au conseil général en 1970 et en 1973, dans le canton de Lanmeur, il arrivait en deuxième position avec 1 755 voix puis 1 871 voix.

François Gautier, membre de la section départementale du SNI, fut élu à la Commission administrative paritaire départementale dans les années 1960. Il fut pendant onze ans le trésorier de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale. En outre il fut le responsable des stages d’été du mouvement Ar Falz (instituteurs et professeurs laïcs bretons) de 1969 à 1981. Après 1981, dans le cadre académique, il participa à l’animation du secteur « vie scolaire », organisateur de stages pour les futurs chefs d’établissement. Membre dans les années 1980 du bureau départemental du Syndicat national des personnels de direction des enseignements de second degré, il accomplit un mandat de commissaire paritaire académique.

Tout au long de sa carrière, François Gautier anima des initiatives dans le cadre de la Fédération des œuvres laïques : direction de centres de vacances, président fondateur du foyer Léo Lagrange à Landeleau (1956), animateur de ciné-clubs, d’ateliers théâtres en langue bretonne. Membre du conseil d’administration de la FOL, responsable du secteur vacances (UFOVAL), il devint son vice-président (1979-1981). Il fut le président fondateur de l’Union locale d’animation en milieu rural à Lanmeur et le vice-président de l’Union départementale (UDAMIR).

Habitant Brest, Gautier militait dans une cellule communiste locale sans exercer de responsabilités autres que la diffusion de la presse. Devant les tensions internes à l’organisation communiste à Brest à la fin des années 1980, il choisit de ne pas reprendre sa carte. Quand, autour de Louis Aminot, se regroupèrent des anciens membres du PCF, il rejoignit le mouvement « Une autre gauche pour l’Avenir », devenu « Brest-Nouvelle citoyenneté » dans lequel Gourvenec, alors étudiant, devenu professeur, suppléant d’Aminot aux élections législatives de 1993, jouait un rôle dirigeant.

Retraité, François Gautier assura des permanences au siège de la Fédération syndicale unitaire. En 2009, il participait avec d’autres retraités à l’aménagement de deux centres pour infirmes moteurs cérébraux et d’un Centre d’aide par le travail à Dirinon. En outre, il était membre du conseil d’administration d’un centre pour infirmes cérébraux à Pont-l’Abbé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49427, notice GAUTIER François, Jean, Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 13 mars 2009, dernière modification le 28 mars 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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