FOCARDI Fosco, Gaston, dit FOSCO. Pseudonyme dans la Résistance : « Raymond »

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 2 mai 1910 à Florence (Italie), mort début avril 1991 ; militant communiste de la Seine [Hauts-de-Seine] ; volontaire en Espagne républicaine ; membre du détachement Valmy dans la Résistance ; conseiller municipal de Saint-Gondon (Loiret) de 1972 à 1974.

Naturalisé Français, Fosco Focardi était fils d’un « maximaliste » italien. Ouvrier métallurgiste, il adhéra aux Jeunesses communistes de Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine) en 1932 et fit son service militaire à Wissembourg (Bas-Rhin) de fin 1932 à fin 1933. À son retour, il revint habiter Courbevoie, 105 avenue de la République, et milita activement aux JC puis au Parti communiste à partir de 1935 ; il fut membre du bureau de la section de Courbevoie.

Combattant volontaire en Espagne républicaine d’octobre 1936 à février 1938, il appartint à la 12e Brigade internationale où il fut commissaire politique.

Mobilisé le 24 novembre 1939, Fosco Focardi obtint deux citations et fut nommé sergent. Militant réputé pour son courage physique et son dévouement au Parti communiste, il se mit au service du PC devenu clandestin et de la Résistance et fut condamné une première fois par contumace à trois ans de prison. Durant l’été 1941, il fut chargé de constituer avec Jean Baillet les premières formations militaires du PC. Selon Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, il constitua avec Marcel Crétagne et Emile Bevernage le noyau originel du détachement Valmy. A ce titre, il assura la protection de Marcel Crétagne lorsque ce dernier exécuta Marcel Gitton* dans les rues de Bagnolet, le 4 septembre 1941. Il travaillait alors dans une épicerie du XIIIé arrondissement. Toujours selon Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, il participa à l’exécution le 17 mars 1942 de Georges Déziré et à l’attentat contre le cinéma Rex le 17 septembre suivant. Il vivait alors rue Jeanne d’Arc à Issy-les-Moulineaux.
Arrêté le 27 octobre 1942, interné à Fresnes puis au fort de Romainville, il fut jugé le 24 février 1943 et condamné à la peine de mort. Déporté comme "NN"au camp de Mauthausen, le 27 mars 1943 puis transféré à Gusen, il fut libéré le 5 mai 1945.
Il revint en France après la Libération et demeura membre du Parti communiste.
Son frère Gino, né le 21 janvier 1909, fut arrêté au printemps 1941 puis incarcéré à la centrale de Poissy avant d’être déporté le 21 mai 1944 vers Neuengamme. Il mourut le 3 mai 1945 dans la baie de Lubeck.

Fosco Focardi, qui fut conseiller municipal de Saint-Gondon (il y habitait chez son gendre) de 1972 à 1974, était domicilié à Mennecy (Essonne) en 1985.

L’Humanité du 12 avril 1991 annonça son décès : "Les obsèques de notre camarade Fosco Focardi ont eu lieu mercredi après-midi au cimetière de l’Ermitage à Corbeil, dans l’Essonne. Décédé dans sa 81e année, Fosco Focardi était un militant de longue date du PCF et fut, pendant plusieurs années, conseiller municipall. Résistant FTP, chargé de constituer les premières formations militaires du Parti communiste clandestin, il fut déporté à Mauthausen. Auparavant, il s’était engagé comme combattant volontaire dans les Brigades internationales. Gaston Plissonnier a transmis un message de sympathie à sa famille."
Il avait reçu la Légion d’honneur en 1948.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49475, notice FOCARDI Fosco, Gaston, dit FOSCO. Pseudonyme dans la Résistance : « Raymond » par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 15 mars 2009, dernière modification le 18 janvier 2018.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. AVER. — Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Liquider les traîtres, la face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, 2007 — Témoignage de Louis Bonnel. — L’Humanité, 12 avril 1991.

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