FAIVRE-PICON Maurice, Paul

Par Rémy Gaudillier

Né le 27 septembre 1926 à Saint-Maurice (Jura) ; ouvrier aux établissements Solvay à Tavaux (Jura) ; syndicaliste CGT et militant communiste du Jura, secrétaire de l’UL-CGT Tavaux-Damparis (1969-1970), membre du bureau et permanent à mi-temps (1970-1971) de l’UD-CGT, membre du bureau fédéral du PCF ; conseiller municipal, maire adjoint puis maire (1973-1993) de Damparis (Jura), conseiller général et régional.

Réception pour le départ à la retraite municipale de Maurice Faivre-Picon, en 1993
Réception pour le départ à la retraite municipale de Maurice Faivre-Picon, en 1993
Extrait de l’Autobiographie. 68 ans de ma vie, p. 49.

L’enfance de Maurice Faivre-Picon et de son frère Raymond fut marquée par les nombreux déménagements occasionnés par la profession de son père, artisan puis salarié du bâtiment. Après Saint-Maurice, Saint-Lupicin, les Monts-de-Vaux, La Chaux-du-Dombief, Chaux-des-Crotenay, Saint-Jeangoux (Saône-et-Loire), Saint-Ylie, Morez, Autun (Saône-et-Loire), la famille se fixa à Laperrière-sur-Saône (Côte-d’Or) en 1937. Maurice Faivre-Picon y obtint le certificat d’études primaires en juin 1940 et travailla alors comme ouvrier, dans les bois l’hiver, les fermes l’été, avant d’être embauché à la carrière chez Solvay au printemps 1946. À cette époque encore, chaque ouvrier devait charger journellement et à la main 12 m3 de pierre et de terre. Il fut ouvrier d’entretien chez Solvay jusqu’en 1986.

En dehors de sa période de service militaire, il ne devait pas quitter l’entreprise avant son départ à la retraite en septembre 1986. Elle fut le premier lieu de son activité militante. Syndiqué à la CGT dès 1946, il devint suppléant en 1951 puis délégué du personnel en 1954, tout en étant, depuis 1953, délégué au comité d’hygiène et de sécurité. Membre également du comité départemental d’hygiène, il attira à plusieurs reprises l’attention sur l’importance des polutions atmosphériques et acqueuses. Responsable, de 1953 à 1964, de la diffusion de la Vie ouvrière (VO), il réussit à augmenter sensiblement les ventes. En 1962, plus de la moitié des VO vendues sur le département l’étaient sur le secteur Tavaux-Damparis (officiellement 514 numéros sur 965).

Maurice Faivre-Picon participa aussi à plusieurs réunions syndicales internationales du groupe Solvay, dont celle de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1962. Des lectures diverses (VO, l’Humanité, Revue de droit social), des stages de formation (trois semaines en 1959 à l’Institut du droit du travail à Strasbourg, quinze jours en décembre 1965 à Courcelles) contribuèrent à compléter sa formation.

Marié en 1953 avec Denise Baudot, qui lui donna trois enfants, Maurice Faivre-Picon trouva toujours en elle une compagne prête à l’encourager et à l’aider dans son action militante. Le couple sut transmettre à ses enfants ses convictions syndicales : un de leur fils est devenu secrétaire permanent CGT à l’issu du congrès de l’UD en 1999.

Maurice Faivre-Picon participa activement aux trois semaines de grève que connut Solvay en 1968 : responsable du piquet de grève de nuit, il mena les discussions avec le chef du personnel Adrien Wol.

Membre de la commission exécutive et du bureau de l’UD en 1958, il devint semi-permanent en 1970, plus particulièrement chargé de la chimie et du secteur nord du département, fonction qu’il abandonna en mars 1971 pour se consacrer à son activité politique.

C’est en tant que militant CGT qu’il s’engagea dans le combat pour la paix et contre la politique coloniale. Il participa par exemple en 1957 à la rédaction du tract sur « La paix en Algérie », qui valut à trois militants qui le diffusaient à Tavaux-Damparis d’être emprisonnés et condamnés. C’est par ce biais qu’il adhéra en 1960 au Parti communiste. Conseiller municipal de Damparis en 1965, il devint premier adjoint en 1971. Maire en 1973, suite au décès d’Henri Valade*, il le resta jusqu’en décembre 1993. Il fit preuve de qualités gestionnaires et d’un sens profond de la démocratie.

Membre du comité fédéral du PCF de 1968 à1971 et de 1976 à 1981, il fut candidat du PCF en 1976 dans le canton de Dole-Ouest, où il fut élu avec 57,2 % des voix au second tour devant le candidat de droite Aimé Miemaz, cadre Solvay. Pris d’abord de haut par certaines personnalités du conseil, il sut s’imposer comme militant ouvrier et devint un conseiller écouté et respecté. Réélu en mars 1982 puis en 1988 face au maire de Dole Gilbert Barbier, il fut, de 1982 à 1994, le seul communiste membre du conseil général. De 1986 à 1989, il fut aussi le seul communiste jurassien à siéger au conseil régional. Des problèmes de santé l’amenèrent à quitter progressivement ses responsabilités électives et militantes.

Il avait été candidat aux élections sénatoriales de 1974 (4,6% des voix), 1983 (8%) et 192 (4%).

Pour beaucoup de ses ex-administrés, Maurice Faivre-Picon est resté le type même du militant parfois impulsif mais fidèle à ses convictions.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49482, notice FAIVRE-PICON Maurice, Paul par Rémy Gaudillier, version mise en ligne le 16 mars 2009, dernière modification le 4 avril 2009.

Par Rémy Gaudillier

Réception pour le départ à la retraite municipale de Maurice Faivre-Picon, en 1993
Réception pour le départ à la retraite municipale de Maurice Faivre-Picon, en 1993
Extrait de l’Autobiographie. 68 ans de ma vie, p. 49.

SOURCES : Arch. Dép. Jura, 1203W1000. — Maurice Faivre-Picon, Autobiographie. 68 ans de ma vie, 52 p., compte d’auteur. — Entretien avec Maurice Faivre-Picon, 30 mars 1999.

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