GALINDO Marcellin, François. Pseudonyme dans la Résistance : « Jean Marcel »

Par André Balent

Né le 26 septembre 1910 à Escaro (Pyrénées-Orientales), mort le 28 août 1983 à Escaro ; chauffeur-livreur, mineur du fer puis gérant de coopérative ouvrière à Escaro ; militant communiste, coopérateur et mutualiste ; résistant [FTP] ; maire d’Escaro-Aytua (septembre 1944- mars 1983).

Marcellin Galindo, frère cadet de Paul Galindo, épousa Louise Poncy dont il eut trois enfants En juin 1925, avec deux autres jeunes d’Escaro (son frère Paul et Rosain Nicolau*), Marcellin Galindo adhéra à la Jeunesse communiste qui fit campagne contre la guerre du Rif.

Après avoir travaillé quelque temps, dès l’âge de dix-sept ans, à la mine et avoir accompli son service militaire, il s’installa à Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) où il fut bientôt en contact avec le noyau de cheminots communistes qu’animait Laurent Morera*. En 1936, Marcellin Galindo était chauffeur-livreur à la brasserie Baux (Villefranche-de-Conflent). Pourtant, il n’adhéra pas à la cellule communiste de Villefranche. En 1935, avec son frère Paul Galindo et Rosain Nicolau*, il prit l’initiative de reconstituer les Jeunesses communistes d’Escaro. En 1936, il participa à la reconstitution de la cellule du Parti communiste d’Escaro à laquelle il ne cessa de militer que pendant la guerre (1939-1944).

En 1937, le conseil d’administration de la coopérative ouvrière de consommation d’Escaro lui demanda de prendre la place d’Antoine Trulls*, premier gérant de la coopérative qui avait été démis de ses fonctions en raison de sa gestion douteuse.

Dès lors, Marcellin Galindo ne devait plus cesser d’assurer la gérance de la coopérative ouvrière d’Escaro (à l’exception de l’année 1939-1940).

Mobilisé en 1939, Marcellin Galindo était de retour à Escaro en juin 1940. Dans un premier temps, il ne fut pas inquiété par les autorités vichyssoises et put, avec André Peyre*, maintenir en vie la coopérative.

Après l’occupation de la zone sud par l’armée allemande (novembre 1942), il rejoignit les FTP. Sa fonction de gérant de la coopérative lui permit de ravitailler le maquis FTP du Canigou. En juin 1944, il fut arrêté et emprisonné à la citadelle de Perpignan, siège de la Gestapo dans les Pyrénées-Orientales.

Désigné président du Comité local de Libération, il devint, en septembre 1944, maire d’Escaro-Aytua. Par la suite, à chaque scrutin, Marcellin Galindo fut constamment réélu maire de la commune. En mars 1983, malade, il ne présenta pas sa candidature. La détérioration des terrains sur lesquels était bâtie une partie du village d’Escaro, du fait de l’exploitation minière, le contraignit à lutter contre l’emprise des sociétés concessionnaires, finalement toutes absorbées par Denain-Anzin. Il dut faire construire des bâtiments nouveaux : église, groupe scolaire et cimetière. Parmi les réalisations qu’il impulsa, il y eut l’une des premières stations d’épuration des eaux usées de l’arrondissement de Prades.

Marcellin Galindo suscita la formation puis anima l’association de défense d’Escaro qui impulsa plus de dix années de luttes contre le géant minier Denain-Anzin, responsable de la détérioration du site d’Escaro, et obtint un accord en vue de l’indemnisation des victimes de l’exploitation. En 1962-1963 eut lieu la fermetures des mines de fer de la commune et des communes voisines (Sahorre et Nyer). Elles furent remplacées par une grande carrière de spath-fluor qui fonctionna pendant plus de trente ans et posa d’autres problèmes de gestion environnementale aux municipalités présidées par Marcellin Galindo. Son troisième fils, Jean, d’opinions politiques de centre droite, lui succéda au poste de maire d’Escaro-Aytua et enleva par la suite le siège conseiller général du canton d’Olette au PCF, avant de le perdre au profit de ce parti qui conserva des forces et un réservoir électoral dans le haut Conflent. À Escaro-Aytua, commune sinistrée après la fermeture des mines de fer puis de la carrière de spath-fluor, la gauche reprit ensuite la mairie à Jean Galindo.

Marcellin Galindo ne cessa de militer jusqu’à sa mort dans les rangs du Parti communiste français. Il fut aussi délégué de l’Éducation nationale, et président – jusqu’à sa mort – de la société de secours mutuels « Tres Estelles » d’Escaro-Aytua. Marcellin Galindo mourut dans son village le 28 août 1983 ; il fut enterré civilement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49572, notice GALINDO Marcellin, François. Pseudonyme dans la Résistance : « Jean Marcel » par André Balent, version mise en ligne le 21 mars 2009, dernière modification le 6 septembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Com. Escaro-Aytua, registres de l’état civil et des délibérations du conseil municipal. — Georges Sentis, Les Communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lilles, Marxisme/Régions, 1994, p. 38. — Le Travailleur Catalan, hebdomadaire de la Région catalane du Parti communiste (1936-1939) ; de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales (depuis 1944), n° du 2 septembre 1983, nécrologie. — L’Indépendant (Perpignan), 31 août 1983 (faire-part de décès), 4 septembre 1983 (nécrologie). —Conversations avec Marcellin Galindo. — Interviews de Paul Galindo et André Peyre, 10 août 1974.

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