GALLON Pierre

Par Jean-Paul Martin

Né le 15 décembre 1936 à Izieux (commune rattachée à Saint-Chamond, Loire) ; mort le 29 mars 2020 à Saint-Etienne (Loire) ; technicien supérieur de la sidérurgie ; militant de la JOC, syndicaliste CFTC puis CGT et militant PSU puis PCF de la Loire.

Photo de  Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire,  organisé par IHS-42 et CEDMO42
Photo de Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire, organisé par IHS-42 et CEDMO42

Né dans une famille catholique pratiquante, Pierre Gallon était le dernier d’une fratrie de cinq enfants. Son père, Joannès Gallon, né en 1900, chef d’équipe à la Soie artificielle d’Izieux n’était pas militant. Sa mère, Marcelle née Rousson en 1902, reprit son métier de secrétaire après la mort de son mari en 1954 ; militante du Mouvement populaire des familles (MPF), elle fut élue à la Libération au conseil municipal d’Izieux sur une liste MRP. Son frère aîné Henri Gallon (né le 8 septembre 1924 à Izieux), responsable départemental de la JOC, s’engagea dans les FFI et appartint à la Mission de France, il n’avait pas encore été ordonné prêtre lors de la condamnation des prêtres-ouvriers en 1954.

Pierre Gallon fréquenta l’école primaire privée et obtint une bourse de l’enseignement catholique qui lui permit de rentrer à l’institution Sainte-Marie de Saint-Chamond, établissement fréquenté par la bourgeoisie locale, où il fut reçu au bac maths-élém en 1954, peu avant le décès de son père. Il fut tenté un bref moment par le séminaire, avant d’y renoncer.

Pierre Gallon milita à la JOC à partir de ses dernières années de scolarité chez les maristes. En même temps, il désapprouvait l’anticommunisme qu’il ressentait dans certains milieux chrétiens et fut assez vite écarté de la JOC en raison de sa fréquentation du groupe « Amitié et Nature », jugé proche du PCF, qu’il avait contribué à fonder en 1954.

Il épousa en juillet 1956 Olga Zuk, fille d’un émigré polonais, de confession catholique-orthodoxe, dont il eut deux fils et une fille.

Il fut embauché au laboratoire de l’usine stéphanoise de la Compagnie des Aciéries et Forges de la Loire (CAFL) en janvier 1955, dans le quartier du Marais. Il y devint technicien puis technicien supérieur dans cette entreprise, devenue ensuite Creusot-Loire, où il fut mis en pré-retraite en 1987.

À son arrivée à la CAFL, il adhéra « naturellement », selon son témoignage, à la CFTC et participa à l’activité syndicale, au comité d’établissement et à l’action contre la guerre d’Algérie. En 1957, déjà père d’un enfant, il fut appelé sous les drapeaux. Il fut d’abord envoyé dans un régiment de transmissions sur le plateau de Langres où il manifesta ses opinions anticolonialistes et antimilitaristes jusqu’au point de se rendre suspect. Envoyé en Algérie, il fut affecté dans une caserne à Aumale (aujourd’hui Sour El-Ghozlane), où il resta dix mois, confronté aux opérations de la “sale guerre”.

Au début de 1960, à son retour du service militaire expérience marquante pour lui, il fit le choix de militer à la CGT pour mener la bataille avec l’ensemble du monde ouvrier. Le syndicat du Marais était très ouvert, avec l’influence de Joseph Gouttebarge, un prêtre-ouvrier mort en 1964. En 1960, il n’y avait cependant que six adhérents à la CGT dans le deuxième collège (techniciens). Pierre Gallon fit partie du comité d’établissement dont il devint secrétaire. En 1964, suite au décès de plusieurs responsables syndicaux, il fut amené à prendre des responsabilités comme secrétaire à l’organisation du syndicat Creusot-Loire et comme membre du comité central d’entreprise.

Parallèlement, Pierre Gallon s’engagea politiquement à l’UGS et, surtout, participa à la création du PSU dans la Loire, qu’il représenta au CPN pendant quatre ou cinq ans, en compagnie d’André Garnier, mais sur une orientation opposée à celui-ci, en tant que popereniste comme ses amis Marc Coste et Claude Souvignet. Il fut candidat aux élections municipales de Saint-Étienne en mars 1965 sur la liste d’union démocratique PC-PSU dirigée par Michel Olagnier, mais quitta peu après le PSU. Il y fit cependant un dernier et bref retour en septembre 1966.

Attaché à une ligne d’unité du mouvement ouvrier, il se considéra alors comme un sympathisant communiste, tout en n’exerçant pendant plusieurs années que des responsabilités syndicales à la CGT. Il fut en particulier membre du secrétariat de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie (USTM) dans la Loire de sa création en 1968 jusqu’en 1981, et, au cours de la même période, siégea à la commission « organisation » de la Fédération des travailleurs des métaux (FTM-CGT). Il ne devint jamais permanent syndical.

Pierre Gallon n’adhéra au PCF qu’en 1978, après la rupture du Programme commun. Il fut candidat à ce titre sur la liste conduite par Joseph Sanguedolce aux élections municipales de 1995. Après son départ à la retraite en 1987, il continua d’exercer des responsabilités économiques au sein de l’UD-CGT dont il devint membre de la commission exécutive et du bureau. Il représenta l’UD au Conseil économique et social régional de 1987 à 2003, ainsi que dans divers organismes : Comité d’expansion et Agence de développement du département de la Loire (outil économique du conseil général). Très soucieux de défense de l’emploi et de reconquête industrielle, y compris en s’interrogeant sur la reconversion énergétique, il ne pouvait se résoudre à voir le département de la Loire réduit à une économie de services et au tourisme. Il fut responsable des parents d’élèves FCPE sur le quartier de Montreynaud où il résidait toujours en 2008, et où il présida également pendant quinze ans l’Association familiale laïque. En 2008, il était toujours membre du PCF sans y exercer de responsabilités. Il participa activement à l’Institut d’histoire sociale de la Loire depuis 1985 et à son animation par la suite à travers de nombreux articles et interventions dans des colloques. Il se montra très attaché jusqu’au bout à la formation syndicale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49598, notice GALLON Pierre par Jean-Paul Martin, version mise en ligne le 23 mars 2009, dernière modification le 1er juin 2021.

Par Jean-Paul Martin

Photo de Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire, organisé par IHS-42 et CEDMO42
Photo de Pierre Gallon prise en mars 2012, lors du colloque sur La lutte pour la paix en Algérie dans la Loire, organisé par IHS-42 et CEDMO42

SOURCES : Renseignements communiqués par l’intéressé ; Cahier d’Histoire n°38-39 de l’IHS CGT Loire, Benoît Frachon : “hommage à Pierre Gallon” par Jacky Henry et Daniel Jaboulay (IHS de la Loire) ; "Pierre Gallon un syndicaliste, acteur et témoin engagé pour la paix en Algérie“ par Jacky Henry (avril octobre 2020).
BIBLIOGRAPHIE : Jean-Paul Bénetière, L’Union départementale de la CFTC-CFDT de la Loire, Rennes, 2017

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