GAL Roger, Jean

Par Alain Dalançon

Né le 15 novembre 1906 à Bouillargues (Gard), mort le 11 juin 1966 à Paris (XVIe arr.) ; professeur agrégé de grammaire ; militant d’Esprit ; militant pédagogique, secrétaire du GFEN, secrétaire de la commission Langevin-Wallon.

Fils d’un couple d’instituteurs, Louis Cyprien Gal et Marguerite Velay, Roger Gal fit de brillantes études secondaires aux lycées de Nîmes (Gard) et de Montpellier (Hérault), puis fut khâgneux au lycée Henri IV à Paris. Agrégé de grammaire en 1931, il fut nommé professeur au lycée de Sens (Yonne). Il épousa le 21 décembre 1933 à Paris (Ve arr.) Thérèse, Jacqueline Lançon.

Passionné par « l’éducation nouvelle », il adhéra par ailleurs en 1935 au groupe fondateur de la revue Esprit, dont il devint le rédacteur de la chronique syndicale.

En 1937, il fut appelé par le ministre de l’Éducation nationale Jean Zay pour coordonner l’expérience des classes de 6e d’orientation, le lycée de Sens étant l’un des 20 établissements choisis pour cette expérience qui se prolongea en 5e jusqu’en 1939. Il faisait déjà une critique « globaliste » de la fragmentation disciplinaire traditionnelle des savoirs scolaires, critiquait l’encyclopédisme scolaire, « une des plaies majeures de notre culture » et l’intellectualisme scolaire.

En 1941, il fut nommé professeur de lettres au lycée Jeanson de Sailly à Paris, et devint la même année secrétaire du Groupe français d’éducation nouvelle. Distingué par Paul Langevin et Gustave Monod pendant la Résistance, auteur en 1942 d’un « mémoire sur la réforme à faire dans l’enseignement et l’orientation », il devint, à la Libération, collaborateur de Gustave Monod à la direction de l’enseignement secondaire. Il reprit et développa l’expérience d’avant-guerre avec celle des « classes nouvelles ». Nommé secrétaire de la commission ministérielle pour la réforme de l’enseignement qui élabora le plan Langevin-Wallon, il en fut un vrai chef d’orchestre. Il considérait l’orientation scolaire comme une question fondamentale à laquelle il consacra un livre en 1947. Il était partisan de l’individualisation de l’enseignement, d’une « culture intégrale qui s’adressera à l’être tout entier : corps et âme, pensée et action, sentiment et volonté, caractère et jugement, main et esprit » et militait pour l’ouverture de l’école sur la vie.

Parallèlement, Roger Gal fut le rapporteur sur l’enseignement professionnel au congrès européen de Paris organisé par la Ligue internationale d’Éducation nouvelle en juillet-août 1946. Il s’intéressa particulièrement à la formation des professeurs de l’enseignement technique à l’ENSET (Ecole normale supérieure de l’enseignement technique) et à l’ENNA (Ecole normale national d’apprentissage) où il donna des cours. En 1948, au congrès de Blois de cette même organisation, il introduisit le thème « l’Éducation nouvelle et la paix dans le monde moderne » et joua un rôle notable dans le développement des programmes de l’UNESCO relatifs au développement du civisme et de la compréhension des peuples.

Directeur de la recherche pédagogique, il joua un rôle important au côté de Louis Cros dans la fondation de l’Institut pédagogique national (futur INRP) en 1956 et créa son service des études et de recherches. Humaniste, homme d’action, chercheur et théoricien, il s’intéressait à toutes les expériences, notamment celle de Robert Gloton, animateur du groupe d’éducateurs du XXe arrondissement et aux travaux scientifiques expérimentaux, en particulier à l’enseignement programmé, à la pédagogie des mathématiques modernes autant qu’à l’enseignement du latin ou du français. Il fut un des fondateurs en 1953 de l’Association internationale de pédagogie expérimentale de langue française dont il était un vice-président ; il était également vice-président du GFEN quand il décéda brutalement.

« Tribun de la pensée pédagogique progressiste contemporaine », selon son ami Gaston Mialaret qui prononça son éloge à ses obsèques, il pensait que « la pédagogie, si elle ne peut rien résoudre toute seule, tient néanmoins les clés de l’avenir. Ce n’est pas elle qui résoudra les problèmes économiques, sociaux ou politiques, mais sans elle aucun régime, aucune amélioration du destin humain ne peuvent être durables ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49608, notice GAL Roger, Jean par Alain Dalançon, version mise en ligne le 27 mars 2009, dernière modification le 29 juillet 2021.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprend 38 références dont :
La réforme de l’enseignement et les classes nouvelles, 1945. — Histoire de l’Éducation, Que sais-je, 1948 et nombreuses rééditions ; — Livre d’or de l’instituteur s/dir, 1962. — Où en est la pédagogie ? Buchet, 1962. — Quelle formation pour les maîtres et quelle pédagogie pour une école démocratique ?, 1964. — Manuel de latin avec Henri Bouchet

SOURCES : Bulletin n° 5 (juin 1966) du GFEN. — Hommage à la mémoire de Roger Gal par Gustave Monod, SEVPEN,1968. — Catherine Dorison, Pierre Kahn, " Roger Gal et Louis Legrand ou les Trente Glorieuses de la réforme pédagogique", Carrefour de l’éducation, n° 31, 2011. — Etat civil de Bouillargues.

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