BARILLEAU Joseph

Par Justinien Raymond

Né en 1855 ; cheminot ; militant socialiste des Deux-Sèvres.

Depuis le 29 juin 1885, Joseph Barilleau était employé des chemins de fer de l’État, milieu dans lequel se recrutèrent les premiers militants socialistes des Deux-Sèvres. Il était membre du Parti ouvrier français (POF) et, depuis le 22 juin 1894, lampiste à la gare de Bressuire quand il se présenta dans cet arr., le 10 octobre 1897, à l’élection législative partielle provoquée par le décès du marquis de la Rochejaquelein, député. Il était le premier candidat socialiste dans ce département sous la IIIe République. Il était alors père de quatre enfants, gagnait 3,50 f par jour et, ne possédant rien, avait reçu des secours de la mairie, aux dires du commissaire de police de Bressuire qui ajoutait : « son travail laisse à désirer », mais s’« il n’est pas bien vu de ses chefs », il a une « influence sur les ouvriers syndiqués au nombre de 274 pour Bressuire seulement » (rapport au préfet, 4 octobre 1897). Personnellement, Barilleau militait au syndicat des Chemins de Fer.

Dans sa profession de foi de 1897, il déclara : « ... Depuis vingt-sept ans, les gens qui nous représentent sont précisément ceux qui, pour adoucir nos peines, seraient obligés de le faire à leur détriment. Le font-ils ? Apportent-ils quelques réformes en faveur des miséreux ? Sont-ils soucieux de votre aisance ceux dont le coffre-fort est bien garni ? Avez-vous vu vos députés, bourgeois ou conservateurs, tenir leurs promesses d’avant les élections ? Les avez-vous vus apporter un changement quelconque ? » « Travailleurs des campagnes, travailleurs des villes », nous avons « le strict devoir de veiller nous-mêmes au soin de nos intérêts les plus chers ». « Citoyens, lançait-il en terminant, faites votre choix entre un conservateur qui s’abrite derrière le mot Religion pour conserver sa bourse, son luxe, son superflu, et un travailleur miséreux qui portera haut et ferme nos revendications justes et honnêtes en la personne du Parti ouvrier français » (cf. Arch. Dép. Deux-Sèvres).

Barilleau fut battu avec 3 452 voix contre 12 260 à l’élu, Savary de Beauregard, conservateur. Seul candidat de gauche, il avait réuni sur son nom, non seulement les suffrages socialistes, mais un nombre sans doute supérieur de voix républicaines. À Thouars, il obtint 1 408 suffrages contre 1 238 à son concurrent.

Au congrès socialiste de Thouars, le 30 janvier 1898, Barilleau parla en faveur de la candidature de François Quillet* aux élections législatives de 1898. Désormais, son action, si elle continua, le laissa dans l’ombre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article497, notice BARILLEAU Joseph par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 27 janvier 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 3 M 11, dossier de l’élection partielle de 1897 à Bressuire. — La Voix du Peuple, organe socialiste.

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