GAULTIER Guy [GAULTIER Guy, Fernand]. Pseudonyme dans la résistance : André

Par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, mise à jour par Marie-Cécile Bouju

Né le 5 mars 1916 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; mort le 12 mars 2013 au Chesnay (Yvelines) ; lithographe ; militant communiste de Loire-Inférieure puis de Paris ; résistant FTP, déporté ; conseiller municipal de Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine).

Fils d’un cordonnier et d’une mère sans profession, Guy Gaultier adhéra aux Jeunesses communistes en 1937 puis au Parti communiste français. Il était lithographe. Jusqu’en juillet 1940, il travailla chez Jacquenot Frères à Nantes.
Tuberculeux, il fut réformé et ne fut pas mobilisé en septembre 1939. Lors de son interrogatoire par la Brigade spéciale, il déclara avoir repris la direction des Jeunesses communistes en septembre 1939 et avoir cessé son travail de lithographe en juin 1940. Il fut alors employé pendant quelque temps à la Feldpost de Nantes. Toujours selon ses déclarations, il serait passé dans la clandestinité en janvier 1941 lorsqu’il s’installa à Paris. Il vécut dans des hôtels avant d’être hébergé par une militante du nom de Lasne* et aurait été appointé par le PC à partir de juin 1941. Trois mois après son arrivée, il fut affecté comme commissaire politique à Paris-rive gauche qui portait à cette époque le numéro 150, il y resta un mois, puis fut nommé adjoint de Linet* (Rivière). Il avait alors le pseudonyme d’André. Il était en rapport avec les interrégionaux du Nord et du Sud ouest.

Cette version est légèrement différente de celle généralement admise. Devenu responsable de la Jeunesse communiste (JC) de Nantes en 1941, il hébergea quelques jours en juin 1941 Fernand Grenier* évadé de Châteaubriant. Membre du groupe de l’Organisation spéciale – embryon des FTP – dirigé par le secrétaire régional des JC, Jean Vignot-Ballou*, en septembre 1941, Guy Gaultier devint responsable des Bataillons de la jeunesse de Loire-Inférieure. Arrêté pour vol de matériel militaire, il fut condamné à trois semaines de prison à la prison La Fayette (Nantes) puis libéré. Il se fit alors embaucher à la Feldpost où il repéra les habitudes de l’état-major allemand dont celles du lieutenant-colonel Hotz, commandant de la place de Nantes. Le 20 octobre 1941, lors de l’attentat contre Hotz, il fut chargé de la couverture de Guisco Spartaco*, Marcel Bourdarias et Gilbert Brustlein, membres des Bataillons et venus dans le but de tuer un officier allemand afin de stimuler la résistance armée.

Suspecté par les Allemands, Guy Gaultier dut quitter la région nantaise en décembre 1941 et se rendit en région parisienne où il devint l’adjoint de Jean Hemmen*, responsable de la région P1 des FTP. Il participa alors à de nombreuses actions contre l’occupant. Au printemps 1942, il remplaça Jean Hemmen*, arrêté et fusillé par les Allemands. Les nazis le recherchaient alors très activement et emprisonnèrent ses parents comme otages au camp de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). Afin de coordonner l’action des FTP, Guy Gaultier se rendit plusieurs fois en province. Ce fut lui qui démasqua le traître des réseaux FTP du sud-ouest, Pierre Giret*, responsable interrégional des FTP retourné par la Gestapo. À son retour de Bordeaux, il fut arrêté à Paris le 10 février 1943 par la Brigade spéciale anti-terroriste qui le livra ensuite aux Allemands.

Selon son interrogatoire cité plus haut, il aurait été désigné pour remplacer Linet après l’arrestation de ce dernier en attendant qu’un commissaire politique interrégional soit mis en place. Il fut chargé de mettre en place sous le pseudonyme de « Forestier » les régions et les secteurs.

Le 10 février 1943, il fut arrêté Gare Saint Lazare alors qu’il avait un rendez vous avec le responsable militaire interrégional, Alfred Mariette*, pour aller à Saint Germain-en Laye et lui présenter un nommé Rica (Charles Joineau) proposé comme responsable de secteur. Il avait deux fausses identités, l’une au nom de Chevalier, demeurant rue Dauphine et la seconde au nom de Cios, rue Rochechouart.

Guy Gaultier fut d’abord expédié au camp de Natzwiller-Struthof (Bas-Rhin) le 12 juillet 1943, puis, avec les rescapés du camp, envoyé à Dachau (Allemagne) le 4 septembre 1944 lors de la retraite allemande. Le camp fut libéré le 29 avril 1945. Guy Gaultier, atteint de typhus, rentra à Paris en mai 1945, passa quelque temps en maison de convalescence avant de reprendre son activité militante. Il reprit son métier en 1960.

Guy Gaultier avait rencontré dans la Résistance Simone Chaplain, née à Malakoff le 16 avril 1917, qu’il épousa le 11 janvier 1947 à Malakoff, et qui fut déportée le 13 mai 1944 vers Ravensbrück. Il reprit son travail dans l’imprimerie et fut conseiller municipal de Malakoff dans les années 1960. Son épouse travaillait à la mairie. Ils militaient tous les deux à la FNDIRP.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49703, notice GAULTIER Guy [GAULTIER Guy, Fernand]. Pseudonyme dans la résistance : André par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, mise à jour par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 2 avril 2009, dernière modification le 16 février 2021.

Par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, mise à jour par Marie-Cécile Bouju

SOURCES : SHD GR 16 P 246874. - Arch. PPo, BS 2, 21— Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Éditions sociales, 1972. — Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Seconde Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979, p. 130-131. - Michel Prodeau, Itinéraires clandestins, Nantes, Opéra, 1995. — La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le Livre Mémorial…, op.cit.Malakoff notre ville, mai 2007. — État civil de Nates, avril 2009, pas de mention de décès.

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