FLOCH Joseph

Par Alain Prigent

Né le 6 avril 1919 à Plounévez-du-Faou (Finistère), mort en déportation le 9 avril 1945 à Neuengamme (Allemagne) ; cultivateur ; militant du PC clandestin du Finistère et des Côtes-du-Nord [Côtes-d’Armor].

Titulaire du certificat d’études primaires, célibataire, Joseph Floch, engagé volontaire dans l’aviation, fut démobilisé le 23 juillet 1941. En juin 1943, après être entré en contact avec « Raymond », un des responsables du Front national, il commença à participer aux activités du Parti communiste clandestin en distribuant des tracts dans sa commune.

Le 4 août 1943 la « récupération » des tickets d’alimentation pour les Côtes-du-Nord fut organisée à la mairie de Plonévez-du-Faou (Finistère) par un groupe de quatre FTP sous la responsabilité d’Ernest Le Borgne, originaire de Callac (Côtes-du-Nord), devenu chef départemental des FTPF du Finistère. Mais l’opération tourna mal : Ernest Le Borgne fut surpris par une patrouille allemande et arrêté. Jean-Marie Créoff* et Marcel Grall*, contraints de quitter le Finistère, furent dirigés vers les Côtes-du-Nord au moment où le SRMAN avait commencé une vaste opération de démantèlement de l’organisation clandestine du PC consécutive à la trahison de Renard*, responsable politique. Marcel Grall, qui n’avait pas participé à l’opération mais qui se sentait menacé, quitta également le Finistère pour les Côtes-du-Nord. Les trois jeunes gens furent hébergés dans le quartier de la Corderie dans la planque de Robert Toanen*, un des responsables de la branche armée du PC clandestin, recherché activement depuis plusieurs mois par toutes les polices du département. Un des finistériens oublia son portefeuille sur le comptoir de l’épicerie, rue Jouallan, en allant faire quelques courses, provoquant ainsi l’arrestation de l’ensemble du groupe le 23 août 1943 à Saint-Brieuc. Robert Toanen fut fusillé à la caserne du Colombier à Rennes le 8 juin 1944 en même temps que Marcel Grall* et Ernest Le Borgne*. Joseph Floch et Jean-Marie Créoff* furent déportés.

Emprisonné à Saint-Brieuc puis à Rennes, Joseph Floch fut envoyé le 29 avril 1944 à Compiègne (Oise). Il y fut intégré à un convoi partant le jour même à destination du camp de concentration de Neuengamme (Allemagne) où il arriva le 7 juin 1944. Il fut ensuite transféré au commando Braunschweig où il décéda le 9 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49709, notice FLOCH Joseph par Alain Prigent, version mise en ligne le 3 avril 2009, dernière modification le 1er juin 2009.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 1043W32, activité du PCF (1940-1944). — ADIV, 213W68, dossier de la Cour de Justice de Rennes, Procès Léon Renard, juin 1946. — Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche. — Christian Bougeard, Le Choc de la Deuxième Guerre mondiale dans les Côtes-du-Nord, thèse de doctorat d’État, Rennes II, 1986. Marie-Pierre Klein, Pierre Klein, Les Déportés des Côtes-du-Nord, livre mémorial, 2007. — Jean Le Jeune, Itinéraire d’un ouvrier breton, Saint-Brieuc, 2002. – Louis Pichouron, Mémoire d’un partisan breton, Presses universitaires de Bretagne, 1969. — Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. — Alain Prigent, « La SPAC contre le PCF clandestin », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, n° 6/7, 1998. — Serge Tilly, « L’Occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les lieux de mémoire », Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, n° 10 (2004) et n° 11 (2005).

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