GALLI Marcelle [née CASARO Joséphine, Marcelle, épouse GALLI]

Par Paul Boulland, Daniel Grason, Jean Maitron, Claude Pennetier

Née le 23 septembre 1918 à Nice (Alpes-Maritimes), morte le 10 novembre 2007 à Corbeil-Essonne (Essonne) ; ouvrière remailleuse puis employée ; résistante, déportée ; militante communiste des Alpes-Maritimes et de la Seine ; dirigeante de l’UJFF puis de l’UFF ; membre du comité fédéral PCF de Seine-Ouest.

Fille de d’Hector Casaro, matelassier, et de Pierrette Casaro, femme au foyer, Marcelle Casaro était issue d’une famille de sept enfants. En raison des difficultés familiales, à l’âge de neuf ans, elle vint s’installer à Clichy (Seine, Haut-de-Seine) où elle fut prise en charge par sa sœur aînée Cécile, employée des bains douches municipaux. Marcelle Casaro obtint le certificat d’études primaires. Sa sœur et son beau-frère étant tous deux militants communistes, elle participa aux activités des Pionniers à Clichy. En 1935, elle regagna Nice où son frère adhérait aux Jeunesses communistes. En mai, elle rejoignit elle-même l’organisation de jeunesse qui, selon son témoignage, lui offrit un espace de socialisation dans une ville qu’elle redécouvrait. Elle entra dans la vie professionnelle en 1936, comme ouvrière remailleuse. Après la création de l’Union des Jeunes filles de France, elle fut secrétaire régionale de cette organisation pour les Alpes-Maritimes. Dans le cadre des activités des JC, elle rencontra Honoré Galli qui devint son mari le 17 octobre 1936. Le mois suivant, celui-ci se porta volontaire en Espagne républicaine. Peu après, Marcelle Galli revint s’établir à Clichy (Seine) avec sa sœur, dont le mari était également volontaire en Espagne. Responsable de l’UJFF de Clichy, elle milita aux côtés de Juliette Fajon, Élise Fraysse et Josette Cothias et siégea à la direction de la région Ouest et au comité national de l’UJFF. En février 1938, elle suivit la première école centrale de femmes du Parti communiste, tenue à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine). Son jeune âge empêcha son classement parmi les meilleures élèves, mais elle apparaissait tout de même aux évaluateurs comme une « jeune camarade sérieuse et intelligente », présentant des « possibilités de développement » et pouvant « devenir un excellent cadre de l’Union des jeunes filles de France ».
Après l’interdiction du PCF, le couple séjourna quelques temps en Seine-et-Marne, chez des militants qu’Honoré Galli avait connus dans le cadre de l’aide sanitaire aux réfugiés espagnols. Après la mobilisation de son mari, Marcelle Galli revint à Clichy où elle fut militante du Parti communiste clandestin dès octobre 1940, en liaison avec Rose Guérin. Elle participa à la distribution de tracts et de journaux puis fut agent de liaison du Front national, en particulier d’Auguste Lecoeur, dans le département de la Seine jusqu’à son arrestation.
Le couple Galli était domicilié en 1943 au 16 rue Berzélius à Paris (XVIIe arr.). Elle fut interpellée le 21 mai 1943 à 20 heures par la police municipale au Château de Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Elle portait un sac à provisions qui contenait des paquets dans lesquels se trouvaient des tracts et des papiers du Parti communiste clandestin dans six enveloppes.
Elle déclara au policier que ces enveloppes lui avaient été remises par un homme qu’elle ne connaissait pas. Celui-ci lui avait été présenté par une femme dont elle refusa de donner l’identité.
À la suite de l’arrestation de Marcelle Galli, deux inspecteurs de la BS1 interpellèrent le couple Jean et Anne Berger qui étaient domiciliés 16 rue Berzélius. Tous les deux se chargeaient d’une partie du ravitaillement du couple Galli et de l’entretien de leur logement. Rien n’y fut saisi. Ils étaient tous deux retraités de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP). Ils ignoraient les activités militantes du couple Galli.
Des documents furent saisis dans le cabas de Marcelle Galli : « Historique du pacte franco-soviétique (2 mai 1935 – 23 août 1939) », « Une note aux responsables inter-régionaux et quatre questionnaires », « Un projet de tract », « Trois documents intitulés : « L’ordre du jour de Staline », quatre numéros de « La Vie du Parti du 1er Mai 1943, et deux lettres sur la propagande communiste », ainsi que deux lettres adressées au couple qui s’occupait du logement d’Honoré et de Joséphine Galli.
Lors de son interrogatoire elle affirma que les documents lui avaient été remis en main propre, qu’elle devait les remettre à une femme et qu’il lui avait été signifié qu’elle ne devait pas en prendre connaissance.
Un inspecteur lui demanda quels étaient ses moyens de subsistances depuis janvier 1943 date à laquelle elle avait quitté son domicile et son travail. Elle répondit que son mari lui « remettait de temps à autre de l’argent », qu’elle continuait « à travailler un petit peu », et elle avait reçu « cinq cents francs », ainsi que « vingt marks » par le militant qui lui avait remis les documents.
Incarcérée à la Roquette le 27 mai, elle comparut le 1er juin 1943 devant le Juge d’Instruction du Tribunal de première Instance du département de la Seine. Elle confirma les déclarations qu’elle avait faite à la police, et assuma ses actions : « Je reconnais que je n’ignorais pas que mon activité nouvelle aurait lieu en faveur du Parti communiste. Mon rôle était celui d’un agent de liaison chargé de transmettre des documents. »
Le 6 août 1943 elle comparaissait devant la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris qui la condamna à treize mois de prison et mille huit cents francs d’amende pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Depuis le mois de novembre 1942, elle effectuait un travail de liaison, remettait des documents à des militants.
Elle fut inculpée d’infraction au décret du 26 septembre 1939, conduite au dépôt, et mise à la disposition du Procureur de la République.
Les Allemands l’emprisonnèrent à la Roquette, à Fresnes, à Rennes puis à Romainville avant de la déporter en mai 1944 en Allemagne, au camp de Ravensbrück, Zwodau et Graslitz (Sudètes). Son rapatriement eut lieu le 19 mai 1945.Elle fut homologuée RIF au titre du Front national le 9 novembre 1948 au grade de sergent.
À son retour, elle fut permanente de 1945 à 1956. Au printemps 1946, elle participa à une école centrale de trois mois du PCF. Elle travailla d’abord au secteur femmes de la fédération de la Seine. À l’automne, Jeannette Vermeersch* la proposa comme représentante du PCF à la Fédération démocratique internationale des femmes. Par la suite, Marcelle Galli travailla au journal de l’UFF Heures claires comme responsable des abonnements. Militante de l’UFF à Asnières-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), elle participa à la direction nationale de l’organisation et notamment au suivi de plusieurs comités départementaux, dont celui des Hautes-Pyrénées. Pendant une courte période, elle assura également le secrétariat de l’AVER, au moment de l’éviction d’André Marty.
En 1953, lors de la décentralisation de la fédération communiste de la Seine, elle entra au comité fédéral de Seine-Ouest. Souffrant des conséquences de sa déportation, elle demanda à ne pas être reconduite en 1954 et se limita progressivement à une activité militante locale à la section et au comité UFF de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine). À partir de 1956 et jusqu’à sa retraite, Marcelle Galli fut employée de l’Office HLM de Gennevilliers.
Marcelle Galli était titulaire de la Carte de combattant volontaire de la Résistance, de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, la Légion d’honneur lui fut remise en mairie de Gennevilliers, en octobre 1983 par Lucien Lanternier, maire, en présence de ses camarades de déportation et de ses amis (es).
Marcelle Galli était mère de deux garçons.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49806, notice GALLI Marcelle [née CASARO Joséphine, Marcelle, épouse GALLI] par Paul Boulland, Daniel Grason, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2021, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Paul Boulland, Daniel Grason, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 517/1/1887. – AN Z-4-87 dossier 581. – Arch. PPo. 77 W 3842-221998. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Arch. comité national du PCF. – Entretien avec Marcelle Galli (mars 2000). – l’Humanité du 20 novembre 2007. – l’Humanité, 20 novembre 2007. – La Voix populaire du 6 mai 1938, La Voix populaire du 19 octobre 1983. – Notice biographique de son mari Honoré Galli. – État civil de Nice (Alpes-Maritimes). – Paul Boulland, Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédérations P.C.F de banlieue parisienne (1944-1974), thèse de doctorat d’histoire, Paris 1, 2011. – Henriette Dubois, "Nelly". En résumé... nous devons témoigner. Une vie militante... toujours en prise avec les événements, dactylographié, 78 p. + annexes, déposé à la bibliothèque du Musée de la Résistance des Alpes-Maritimes.

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