GAGEY Jacques, Marie, Joseph, Paul

Par Joseph Pinard

Né le 8 mars 1923 à Besançon (Doubs) ; professeur ; militant socialiste de Haute-Saône puis du Doubs, secrétaire de la fédération SFIO du Doubs (1960-1967) ; conseiller municipal de Vesoul (Haute-Saône) puis adjoint au maire de Besançon.

Né dans une famille de treize enfants, d’un père polytechnicien (chef d’escadron à l’État-major du 7e CA au moment de sa naissance) qui finira sa carrière général de brigade, Jacques Gagey suivit parallèlement des études de mathématiques et de philosophie. Il se maria en août 1945 à Nods (Doubs). Le couple eut neuf enfants.

Son premier et bref engagement fut à Témoignage chrétien aux côtés d’André Mandouze* après la Libération. En 1951, il fut nommé professeur de philosophie aux écoles normales de Vesoul (Haute-Saône). II adhéra à la SFIO et à FO. II fut élu conseiller municipal de Vesoul le 28 avril 1953 sur la liste socialiste, il dut démissionner quelques mois plus tard à cause de la présence, dans ce même conseil, de son beau-frère, Marcellin Carraud, futur sénateur CNI de la Haute-Saône (1958-1959), mieux élu que lui sur une liste concurrente (1 887 voix à Carraud contre 710 à Gagey). II prit par ailleurs des responsabilités dans l’association diocésaine d’aide au logement.

Lors du congrès annuel de l’Union départementale CGT-FO tenu le 17 avril 1955 à Vesoul, il posa sa candidature à la commission exécutive, mais plusieurs congressistes manifestèrent leur méfiance voire même leur hostilité, le soupçonnant de vouloir représenter FO lors des prochaines élections du conseil d’administration de la Sécurité Sociale alors qu’il n’avait jamais milité réellement à FO. Il fut néanmoins élu membre de la commission de contrôle.

Bientôt secrétaire adjoint de la section socialiste de Vesoul et promu à la même responsabilité au sein de la très modeste fédération SFIO de Haute-Saône, il fut muté, après avoir réussi l’agrégation de philosophie, à Besançon en 1958, la capitale régionale paraissant plus favorable à l’éducation de ses sept enfants (la famille en comptera neuf). II fut élu conseiller municipal de Besançon sur la liste du député maire socialiste Jean Minjoz*. RééIu en 1965, il se vit confier le poste d’adjoint chargé des dossiers suivants : « plan d’aménagement et d’urbanisme et problèmes s’y rapportant, perspectives démographiques, économiques et sociales (problèmes de l’emploi à long et moyen terme), zones industrielles et artisanales, ZUP et ZAC, relations avec la Société de développement du Doubs, l’Office municipal HLM et les sociétés immobilières autres que le Comite régional du logement (CRL) ». C’était la première fois que les mots emploi et économie apparaissaient dans le libellé d’une délégation d’adjoint.

Dans le cadre de ces responsabilités, Jacques Gagey fut le père de la ZUP de Planoise qui compte aujourd’hui 20 000 habitants. C’est aussi à la demande de Jean Minjoz* qu’il devint secrétaire de la fédération SFIO du Doubs, fonction qu’il occupa de 1960 à 1967. À ce titre, il prit une initiative importante : il obtint le parachutage dans le pays de Montbéliard d’André Boulloche. Dans un secteur très industrialisé, avec notamment l’usine Peugeot de Sochaux, les socialistes, dans le cadre du retour au scrutin d’arrondissement, manquaient cruellement d’un leader, tandis que l’influence du PCF grandissait. Après un échec aux législatives de 1962, André Boulloche prit la mairie de Montbéliard en 1965 et enleva le siège de député en 1967.

Professeur de psychopédagogie au centre régional de formation des professeurs de collèges, Jacques Gagey participa à l’action du Bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU) et devint, en 1964, assistant de Mme Favez-Boutonnier à la Sorbonne. II s’installa avec sa famille à Paris en 1966. Les événements de mai-juin 1968 amenèrent Jacques Gagey à un « passage avec armes et bagages » à l’Université pour diriger pendant dix ans la toute jeune UER de Sciences humaines cliniques de Paris VI en étant professeur de psychopathologie et tout en assumant l’ouverture d’un cabinet de psychanalyste.

Jacques Gagey quitta donc ses responsabilités au sein du PS du Doubs et de la municipalité de Besançon (fin de délégation le 21 octobre 1968) où il ne se représenta pas aux municipales de 1971. II prit sa retraite de l’Université en 1991 et ferma son cabinet en 1998.

Parcours très atypique d’un militant issu de la bourgeoisie catholique (trois sœurs religieuses, un frère jésuite) lui-même très lié à la vie de l’Église, notamment par le biais de la Paroisse universitaire, et père de deux fils prêtres diocésains de Paris, proches du cardinal Lustiger. D’autant que Jacques Gagey ne passa pas par l’engagement, fréquent dans le Doubs, au SGEN-CFDT avant d’être élu PS.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49934, notice GAGEY Jacques, Marie, Joseph, Paul par Joseph Pinard, version mise en ligne le 25 avril 2009, dernière modification le 3 février 2012.

Par Joseph Pinard

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Saône 1333 W. — Entretien avec l’intéressé. — État civil de Besançon. — Notes de Loiuis Botella et de Jean-Claude Grandhay

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