STEPANOV Ivan Petrovitch, né STOYAN Minev ou Ivanov. Autres pseudonymes : IREN, MAGNO Carlo, MAGNUS, ROSTOV, MICHELE, SERGUEI, VANINI Lorenzo (Paris), LÉBÉDÉV (Berlin), MORÉNO (Espagne), CHAVAROCHE (pseudonyme littéraire). (version Dictionnaire du Komintern)

Par Michel Dreyfus, Serge Wolikow

Né le 22 août 1890 dans le village de Séïd, district de Popovo (Bulgarie), mort le 4 mai 1959 à Moscou ; professeur, médecin ; militant du Parti communiste : membre des secrétariats de D. Manouilski* et d’A. Marty* (1935-1936), ainsi que du secrétariat du Comité exécutif de l’IC (1939-1943).

Né dans une famille de paysans, Stepanov fit des études à l’école de Popovo et devint instituteur en milieu rural. En 1909, il se rendit à Genève où il entra à la faculté de médecine de l’Université de Genève ; il termina ses études de médecine en 1916. Depuis 1907, il militait au Parti ouvrier social-démocrate de Bulgarie (POSDB), puis avait adhéré au Parti socialiste suisse de 1914 à 1916 ; il rejoignit le PCR (b) en 1916. En 1915, il avait été délégué à la Conférence internationale de la jeunesse à Berne où il représenta le POSDB. Un des représentants de l’aile gauche dans le Parti socialiste suisse en 1916, il fut, la même année, condamné à mort, par contumace en Bulgarie pour son activité révolutionnaire. De 1917 à 1919, il fut rédacteur à Genève du journal La Nouvelle Internationale et aurait également donné des articles à Demain, la revue d’Henri Guilbeaux* ainsi qu’au Phare de J. Humbert-Droz*. Il était responsable de la communication, de l’information et des lieux de réunions clandestines.

Après la victoire de la Révolution d’Octobre, il rejoignit les rangs du Parti bolchevique. Fin 1919 ou en 1920, il se rendit en France à la demande du Parti. Il y travailla pour créer un groupe favorable à la IIIe Internationale au sein du Parti socialiste français et contribua à la mise sur pied et à la rédaction du Bulletin communiste. Il participa au IIe congrès de l’IC sous le nom Lorenzo Vanini, où il représenta le Parti socialiste français. Il quitta Paris en avril 1921 suite à l’échec d’Abramovitch* et en raison de ses désaccords avec Souvarine*. De 1921 à 1926, il fut révolutionnaire professionnel dans l’appareil central du Komintern pour qui il accomplit de nombreuses missions en Allemagne, en France en Italie et en Suisse ; il travailla aussi à Berlin à l’Institut d’information statistique de l’IC dirigé par E. Varga. En mars 1926 il participa au 6e plénum de l’IC en tant que membre de la commission agraire puis de 1926 à 1943 il travailla dans l’appareil du Comité exécutif de l’IC. De 1926 à 1928, il fut responsable de la France au bureau d’information, et directeur adjoint du Secrétariat latin ; de 1928 à 1935, il fut directeur de ce secrétariat qui « coiffait » la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, le Luxembourg et le Portugal. Il publia de nombreux articles dans la presse du PCF ainsi que dans la Correspondance internationale et aurait accompli un certain nombre de missions clandestines en Amérique latine et vraisemblablement en Chine.

Il semble avoir travaillé au secrétariat particulier de Staline* entre 1927 et 1929 ce qui explique peut-être qu’on lui ait confié ultérieurement certaines missions délicates, notamment en France où il vint à la fin 1930 et en Espagne durant la guerre civile. Parallèlement, il enseigna à l’École léniniste internationale, dans les sections française et espagnole de 1927 à 1935. En 1935 il appartint au secrétariat de Manouilski*, puis en 1936 à celui d’A. Marty*. Après avoir participé aux travaux des IVe et VIe congrès, il fut également présent au VIIe congrès de l’IC. De janvier 1937 à mars 1939, il se rendit en Espagne en tant que conseiller et informateur du CE de l’IC auprès du PC d’Espagne. De décembre 1939, à décembre 1943 il fut l’un des plus proches collaborateurs de G. Dimitrov* et D. Manouilski*. Il connaissait ce dernier depuis longtemps : sa femme Lebedieva qui travaillait à la section des cadres du Komintern le quitta au début des années 1930 pour devenir la compagne de Manouilski.

En 1922, Stepanov avait pris position contre Souvarine* et soutenu Cachin*. Comme il avait sur la question française une opinion qui différait de celle de l’IC, sur la demande de Rosmer* représentant de la France à l’IC, il fut envoyé à Berlin en mission. Il fut appelé au 6e plénum par Manouilski pour préparer la résolution concernant le PCF. Au sein de l’IC, il suivit les problèmes du mouvement ouvrier et communiste en France, Espagne, Belgique, Italie, et dans les pays de l’Amérique latine. Il fut l’auteur de plusieurs projets de lettres politiques, thèses, résolutions et autres documents, acceptés par les instances de direction de ces partis. Il fut également l’auteur de documents officiels de l’IC. Il participa à certaines purges des PC français et espagnol (affaires Barbé*-Celor* et Bullejos-Adamé). En 1933-1934 il participa à l’élaboration de la nouvelle politique unitaire de ces deux partis communistes. Il eut également une grande activité de journaliste. Nombre de ses articles furent publiés dans L’Internationale communiste, La Correspondance internationale, Bolchevik et dans la Pravda.

Il aurait été évacué de Moscou à Oufa en octobre 1941, à la suite de l’offensive des troupes hitlériennes en direction de Moscou et semble être tombé sérieusement malade à partir de cette date, ce qui l’aurait contraint à réduire fortement ses activités politiques. Après la dissolution de l’IC, il fut affecté jusqu’en 1948 à l’Institut de recherches scientifiques n° 205. De 1948 à 1956, il travailla à l’Institut de l’Académie des sciences d’URSS comme directeur du département des pays capitalistes européens et du mouvement ouvrier dans des pays capitalistes. En août 1956, conformément à une décision du Présidium de l’Académie des sciences de l’URSS, il fut nommé à l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales, qui venait d’être créé. Il y travailla jusqu’en mai 1959. Docteur ès sciences économiques, il publia une quarantaine d’articles scientifiques. Il fut décoré de l’ordre de Lénine* et de la médaille pour son « travail héroïque pendant la Grande Guerre nationale de 1941-1945 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article49943, notice STEPANOV Ivan Petrovitch, né STOYAN Minev ou Ivanov. Autres pseudonymes : IREN, MAGNO Carlo, MAGNUS, ROSTOV, MICHELE, SERGUEI, VANINI Lorenzo (Paris), LÉBÉDÉV (Berlin), MORÉNO (Espagne), CHAVAROCHE (pseudonyme littéraire). (version Dictionnaire du Komintern) par Michel Dreyfus, Serge Wolikow, version mise en ligne le 26 avril 2009, dernière modification le 26 avril 2009.

Par Michel Dreyfus, Serge Wolikow

SOURCES : RGASPI, 495 195 1547 ; 495-32-1, 11, 13, 33, 39, 41, 50, 53, 56, 113 ; 495-3-45, 164, 167, 204, 211, 215, 218, 354, 356 ; 495-4-75, 84-85, 89, 92, 102, 113-115, 124, 129, 134, 149-150, 166, 180, 250, 252, 284. — BDC, op. cit. — P. Robrieux, Histoire intérieure…, op. cit. — P. Broué, Histoire de l’Internationale…, op. cit. — A. Kriegel, S. Courtois, Eugen Fried…, op.cit.

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