GAUGUÉ Madeleine

Par Jacques Eloy

Née le 16 mai 1898 à Sancerre (Cher), mort le 8 octobre 1960 à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine) ; militante des centres sociaux ; résidente des maisons sociales de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), secrétaire générale de la Résidence sociale de Levallois-Perret.

Fille d’un voyageur de commerce en bonneterie et d’une modiste, célibataire, Madeleine Gaugué débuta ses premiers engagements sociaux et médico-sociaux à Montargis (Loiret) où vivait sa famille : de 1916 à 1918, elle fut « ambulancière » à la gare de Montargis au passage des trains de blessés ; en 1925 et 1926, elle anima des patronages dans sa ville. Après le décès de son père, elle put, en 1927 et 1928, poursuivre des études sociales à la Résidence sociale de Levallois-Perret (Seine) qui était alors en plein développement grâce au charisme de Marie-Jeanne Bassot. Elle y découvrit la forme spécifique d’action sociale développée par les centres sociaux et se décida à devenir une « résidente », c’est-à-dire à être cadre permanent à demeure dans un centre social. Son engagement fut confirmé par Marie-Jeanne Bassot qui lui confia la responsabilité de la toute nouvelle « maison sociale » qu’elle ouvrait en 1928 à Saint-Denis (Seine). Saint-Denis et sa population fut pour Madeleine Gaugué son point d’ancrage et son investissement durable. En 1934, elle étendit l’action de la Maison sociale en créant un centre social annexe dans le quartier de la Mutualité. En 1959, elle voyagea en URSS avec plusieurs membres de la municipalité.

Désignée par Marie-Jeanne Bassot dans son testament pour lui succéder, elle devint en 1936 la secrétaire générale de la Résidence sociale de Levallois-Perret qui regroupait alors quatre établissements dont ceux de Saint-Denis. Elle en poursuivit le développement pendant vingt-quatre ans, jusqu’à sa mort en 1960. En 1937, elle fit des acquisitions de chalets en montagne pour les colonies de vacances et en 1941 d’un château en Maine-et-Loire, grâce à une subvention du Secours national complété par des emprunts. Restée à Paris durant la Seconde Guerre mondiale elle développa des activités de résistance : ayant obtenu du commandant du camp de Drancy que lui soit confié le blanchissage du linge de l’infirmerie et les laissez-passer nécessaires, elle apportait des colis et remportait des messages. Elle organisa aussi des colonies pour les enfants de ce camp.

Après guerre, Madeleine Gaugué coopéra avec Mme Niox-Chateau, pionnière de l’École nouvelle et des méthodes actives, notamment à Levallois-Perret. En 1952, elle accueillit Mlle Roustin et lui loua des locaux pour assurer le fonctionnement de l’École nouvelle qui déménagea. En 1956, elle facilita la création par Mme Niox-Chateau d’un Externat médico-pédagogique en offrant à nouveau des locaux.

Par ailleurs, sensible aux questions de l’immigration nord-africaine, elle établit des liens avec Germaine Tillion*. Elle voyagera avec elle en Algérie. Elle coopérera au développement des Centres sociaux que Germaine Tillion avait créé en Algérie. Ainsi la Résidence sociale de Levallois-Perret organisa en 1957 un stage pédagogique d’une année pour former les cadres musulmans des centres sociaux d’Algérie, sous le patronage de l’Académie de Paris.

Atteinte d’un cancer du foie, elle décéda prématurément à la Résidence sociale de Levallois-Perret, tout comme avant elle Marie-Jeanne Bassot, en n’ayant quitté ses responsabilités qu’à la dernière extrémité. Une foule nombreuse d’habitants de Saint-Denis et de travailleurs sociaux participa à ses funérailles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50013, notice GAUGUÉ Madeleine par Jacques Eloy, version mise en ligne le 29 avril 2009, dernière modification le 3 juillet 2009.

Par Jacques Eloy

SOURCES : Archives de la Fédération des centres sociaux de France (FCSF) dont notamment une note biographique d’une page de Françoise Busson intitulée Qui était Madeleine Gaugué ?, établie le 17 décembre 1992. — Juliette Droz, Histoire des cinq dernières années, Paris, FCSF, 1945, imprimé en avril 1946, par Marcel Blondin, imprimeur à Paris (reproduit dans la revue de la FCSF Ouvertures, n° 6-7, 1991-1992, Hors-série, pp. 28-55). — Sylvie Fayet-Scribe, La Résidence sociale de Levallois-Perret (1896-1936). La naissance des centres sociaux en France, Éditions Erès, 1990.

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