GRIESBAUM Édouard

Par Léon Tinelli, Léon Strauss

Né le 16 janvier 1899 à Dornach (aujourd’hui Mulhouse, Haute-Alsace, Alsace-Lorraine), mort le 27 octobre 1942 à L’Hôpital Saint-Lieffroy (Doubs) ; mineur de la potasse et charpentier en Alsace ; communiste, syndicaliste CGTU puis CGT ; délégué mineur, secrétaire du rayon communiste de Mulhouse-Nord, puis de la section communiste de Wittenheim, Haut-Rhin ; lieutenant FTP dans le Doubs ; mortellement blessé au cours d’un combat avec la gendarmerie.

Edouard Griesbaum
Edouard Griesbaum

Édouard Griesbaum était le fils de Joseph Griesbaum, voiturier, et de Marie Eve Émilie Kempf, ouvrière du textile de religion catholique. Le couple avait six enfants. A l’âge de 13 ans, Édouard fut garçon de course, puis fit un apprentissage de menuisier, il fut embauché à Wittenheim, Haute-Alsace, en 1913 comme boiseur au puits Reichsland des mines de potasse, futur puits Fernand, qui appartenait alors à la société Hohenzollern-Roechling, Incorporé en juin 1917 dans une compagnie du génie de l’armée allemande, il fut blessé en avril 1918 dans les Flandres. Revenu sur le front, il déserta et se cacha en Belgique jusqu’à l’armistice de novembre 1918.

A son retour en Alsace devenue française, il reprit son travail au puits Anna, où il s’engagea dans l’action syndicale à la CGT. Au moment de la scission en 1922, il rejoignit, comme la majorité des syndiqués des mines de potasse, la CGTU. Il se maria le 19 janvier 1923 à Guebwiller (Haut-Rhin) avec Marie Anne Brena. Licencié à la suite de la grève de juin 1930, il travailla comme charpentier dans de petites entreprises du bâtiment.

Engagé politiquement au Parti communiste, il devint secrétaire du rayon de Mulhouse-Nord dont le siège se trouvait à Pfastatt (Haut-Rhin). En 1933, Édouard Griesbaum devint l’animateur des campagnes de soutien de la presse clandestine communiste en Allemagne nazifiée. Un des centres de diffusion de la Deutsche Volkszeitung vers le sud du pays de Bade était installé à son domicile à Pfastatt. Aidé par le mineur Frédéric Blind, il acheminait les journaux et les tracts via Hegenheim (Haut-Rhin) à Bâle (Suisse) d’où ils étaient livrés à des cheminots allemands à Riehen. En 1935, Griesbaum fut élu conseiller municipal de Pfastatt. Au mois de juin 1936, il anima la grève aux Établissements Schaeffer à Pfastatt en même temps qu’il organisait la solidarité pour les grévistes. À la suite de l’annulation des sanctions prises à l’encontre des militants à la suite de la grève de 1930, Édouard Griesbaum fut réembauché au puits Anna comme mineur d’abattage. Il anima les campagnes de soutien aux républicains espagnols. Délégué mineur, il fut licencié à nouveau à la suite de la grève générale du 30 novembre 1938. Il était alors secrétaire de la section de Wittenheim du PCF.

Mobilisé en 1939, il cantonna à Habsheim (Haut-Rhin) jusqu’au mois d’avril 1940. Affecté spécial le 11 mai 1940, il se réfugia à Mont-de-Marsan (Landes). Rentré fin juillet 1940 en Alsace annexée, il apprit que la Gestapo le recherchait. Le 10 août 1940, Édouard Griesbaum aidé par le mineur Henri Weber * réussit à traverser la nouvelle frontière et à se réfugier dans les environs de Giromagny (Territoire de Belfort). Sous le pseudonyme de « lieutenant Nicole », il fit partie de la compagnie FTP Valmy, créée par Pierre George (capitaine Henri, puis colonel Fabien*) en Franche-Comté dès mars 1942. Il fut gravement blessé au cours d’un affrontement le 25 octobre 1942 entre les gendarmes de Clerval et les « volants » du groupe Valmy. Fait prisonnier, il réussit à s’évader mais mourut deux jours plus tard dans une grange où il s’était réfugié.

Il était père de trois enfants.
Il fut homologué comme soldat des Forces françaises de l’intérieur FFI).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50035, notice GRIESBAUM Édouard par Léon Tinelli, Léon Strauss, version mise en ligne le 1er mai 2009, dernière modification le 5 novembre 2020.

Par Léon Tinelli, Léon Strauss

Edouard Griesbaum
Edouard Griesbaum

SOURCES : Humanité, Strasbourg, 1935-1939.
— L’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 4 avril 1945 -J.-G. Modin, Capitaine Henri. Fabien en Franche-Comté 1942, 1956. — C. Angeli et P. Gillot, Debout partisans, 1970. — Albert Ouzoulias, Les bataillons de la jeunesse, 1972. — Léon Strauss, Notice Griesbaum Édouard, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, fascicule 14, Strasbourg, 1989, p.1283-1284. — Témoignages recueillis auprès de Henri Weber et de Mme Krunenwald, fille d’Édouard Griesbaum, par Léon Tinelli. — L. Tinelli, L’Alsace résistante, Strasbourg, 2002, p. 30, 32-33, 34 (photo). — Association pour la mémoire de la Résistance dans le Doubs et AERI, La Résistance dans le Doubs, CD-ROM, 2007. — Note de Jean-Pierre Besse.

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