LIUCCI Muguette [née BESSAICHE Muguette]

Par Dominique Loiseau

Née le 23 avril 1926 à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis) ; employée municipale puis directrice d’un Centre communal d’action sociale ; militante de l’UFF à Villejuif (Seine, Val-de-Marne) puis à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne) et membre de son secrétariat national.

D’abord ébéniste, Maurice Bessaiche, père de Muguette Liucci, devint ensuite employé de banque, après une période de chômage en 1933. Sa mère, Louise Bulliot, travailla comme tricoteuse à la machine dans une bonneterie.

Muguette Liucci, qui fut leur fille unique, suivit ses études jusqu’à l’obtention du brevet, dans un établissement d’enseignement public car sa famille était depuis longtemps athée. Elle travailla d’abord comme employée de banque à la BNCI, arrêta à la naissance de son premier enfant et fit alors de la couture à domicile jusqu’au moment où elle commença à militer. Elle occupa ensuite un poste d’employée municipale dans le Val-de-Marne, à Villejuif puis à Fontenay-sous-Bois où elle s’installa en 1968. Elle devint directrice du Centre communal d’action sociale après avoir passé plusieurs concours internes.

Muguette Liucci rencontra son futur mari à la fin de la guerre, et l’épousa en juin 1946. Ils habitèrent dans un premier temps Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), mais partirent pour Alger dès octobre 1946. Son mari fut tailleur, coupeur, puis représentant et inspecteur des ventes dans diverses entreprises.

L’époux de Muguette Liucci, qui avait fait la campagne d’Italie, se sentit très tôt concerné par la politique, alors qu’elle-même n’était pas issue d’une famille militante. Elle craignait d’ailleurs qu’un décalage s’instaure entre eux à ce sujet, ce qui constitua une première motivation à son propre engagement.L’occasion se présenta en 1958, deux ans après leur retour en France, à Villejuif. Denise Ebrard, militante très active et secrétaire locale de l’Union des femmes françaises (UFF), bien que mère de neuf enfants, lui proposa d’adhérer à cette association. Muguette Liucci fut, dit-elle, séduite par leur générosité, leur solidarité, le fait qu’elles s’investissent dans des actions multiples pour améliorer la vie d’autres femmes.

Elle devint secrétaire de l’UFF de Villejuif, et participa à ce titre aux réunions départementales, un peu inquiète de ces responsabilités, qui furent facilitées par l’entraide et le plaisir d’être en contact avec d’autres femmes. Le millier d’adhérentes de Villejuif comprenait surtout des femmes de milieu populaire. L’UFF représenta pour Muguette Liucci « une école de tolérance et de diplomatie », lui apportant « un enrichissement extraordinaire ». Elle participa toujours au comité local, à Villejuif puis à Fontenay. En 1999, elle était toujours responsable de ce dernier. Elle refusa de devenir permanente, préférant rester bénévole. C’est donc sous ce statut qu’elle fut élue au secrétariat national, lors du congrès de 1965 qui se tint dans la salle de la Mutualité, à Paris, et dont elle présida une séance. Elle fut réélue au secrétariat national lors des congrès de 1968 et de 1974, puis au bureau national lors du congrès de 1978. Au congrès de Nîmes (1968) elle présenta, en tant que responsable de la Commission de la Paix, son premier rapport, intitulé : « L’amitié et la solidarité des femmes du monde entier pour la paix au Vietnam, pour le respect et l’indépendance des peuples, pour la coexistence pacifique et le désarmement ». Toujours comme responsable de la Commission de la Paix, elle effectua de nombreux voyages à l’étranger, et fut particulièrement marquée par celui au Vietnam. Elle se rendit également en Angola, pour une conférence sur l’Apartheid, en Union Soviétique et dans différents pays européens, participa aux réunions de la Fédération démocratique internationale des femmes. Muguette Liucci estime que cette dernière "lui apporta la richesse, l’enthousiasme de se sentir unies, au-delà des frontières, des différences, à des millions de femmes solidaires pour défendre un bonheur commun." Elle se sentait très concernée par cette question de la paix, notamment en Algérie et au Vietnam, et continua d’ailleurs de militer à la commission après avoir quitté le secrétariat national.

Le mari de Muguette Liucci, qui fut président du comité local du Mouvement de la paix à Villejuif, milita ensuite à la Confédération nationale du logement, à Fontenay. Elle-même, d’abord simple adhérente du Mouvement de la paix, fit partie du Bureau national lorsqu’elle devint responsable nationale de l’UFF.

En 1971, tous deux adhérèrent au Parti communiste, pensant qu’il était nécessaire d’effectuer un pas de plus dans leur engagement.

Après ses trois mandats au secrétariat national de l’UFF, elle ne resta au bureau que le temps d’un mandat, mais continua jusqu’en 1989 à être élue du Val-de-Marne au conseil national, instance plus large. Elle cessa ensuite, en raison de son âge, et considérant qu’il fallait renouveler les militantes.

En tant que salariée, elle adhérait également à la CGT, assistant aux réunions sans s’y investir davantage.

Son mari décéda en 1998. Elle considère que le soutien et l’encouragement constants de cet homme de réflexion et de terrain ont été déterminants dans sa vie militante. Leurs deux enfants ne militent pas, mais partagent les idées de leurs parents.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50074, notice LIUCCI Muguette [née BESSAICHE Muguette] par Dominique Loiseau, version mise en ligne le 3 mai 2009, dernière modification le 26 avril 2013.

Par Dominique Loiseau

SOURCES : Archives nationales de l’UFF. — Entretien avec Muguette Liucci, 1999.

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