FAUVEL Louis, Mathurin, Marie

Par Alain Prigent

Né le 2 août 1909 à Saint-Solen ( Côtes-du-Nord), mort le 5 avril 1993 à Léhon (Côtes-d’Armor) ; tourneur sur bois ; membre du comité fédéral du PCF des Côtes-du-Nord (1952-1953), maire communiste de Saint-Solen (1945-1961) ; candidat PCF aux cantonales de 1951 et 1958 à Dinan-Est ; suppléant PCF aux sénatoriales de 1959.

Louis Fauvel au premier plan, son frère cadet Henri au second plan
Louis Fauvel au premier plan, son frère cadet Henri au second plan
[L’Illustration, 31 décembre 1938]

Tourneur sur bois, Louis Fauvel exerça le même métier que son père (Louis), qui était très proche avant 1939 du député radical-socialiste de Dinan, Michel Geistdorfer.

Dans la foulée de son adhésion au PCF à la Libération, témoignant du transfert de certains réseaux radicaux vers les milieux communistes dans les Côtes-du-Nord, Louis Fauvel devint maire de la petite commune de Saint-Solen, près de Dinan. Réélu en 1947, il faisait partie des 30 maires communistes des Côtes-du-Nord.
Louis Fauvel était le délégué de la section de Dinan à la conférence fédérale du PCF des 25 et 26 novembre 1950. Entre 1952 et 1953, il siégea au comité fédéral de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord, dont le premier secrétaire était Edouard Quemper*, conseiller général entre 1967 et 1992.

En 1951, il fut candidat aux élections cantonales à Dinan-Est face à René Pléven, président du conseil général et ministre élu dès le premier tour, obtenant 1433 voix, soit 26.1 % des suffrages exprimés. Louis Fauvel avait nettement devancé Chesnais, candidat SFIO (331 voix), qui était bien loin du score de l’instituteur Louis Petiot* (47 % des voix), devancé seulement de 366 voix par René Pléven en 1945. Cette élection confirmait la prédominance du PCF à gauche dans la région Dinan, même si le canton de Dinan-Ouest, tenu par Michel Geistdorfer entre 1927 et 1934 à la suite de son beau-père Pierre Rames, avait été perdu en 1949 par le communiste Edouard Forget*, responsable syndical CGT puis FO.

Dans la brochure qu’il publia au milieu des années 1960 au sujet du notable républicain Michel Geitsdorfer, Marcel Hamon*, ancien député PCF des Côtes-du-Nord, rappelait qu’il apporta en 1951 son soutien actif à Louis Fauvel dans L’Aube Nouvelle : « La candidature de Fauvel est une excellente nouvelle qui réjouira tous les Républicains et tous les laïcs ayant hâte de voir leur canton représenté et défendu par un des leurs au conseil général ».

Réélu maire en 1953, Louis Fauvel fut à nouveau candidat pour le PCF aux cantonales de 1958, mais son score connut un fléchissement considérable (1058 voix, soit 17 % des suffrages exprimés), en raison de la présence d’un candidat radical (942 voix).

Il fut candidat aux élections sénatoriales le 26 avril 1959 sur la liste communiste composée de Guillaume Le Caroff*, Marcel Hamon et Auguste Le Coënt*, dont il était le suppléant éventuel. Cette liste recueillit 150 voix au premier tour sur 1410 suffrages exprimés, les autres formations de gauche obtenant 264 voix pour le PSA (liste Antoine Mazier*) et 135 voix pour la SFIO (liste Alexandre Thomas*). Les trois candidats de droite soutenus par René Pléven (André Cornu, Jean De Bagneux, Bernard Lemarié) furent élus dès le premier tour avec 735 voix.

Pour des raisons de santé, il démissionna de son poste de maire en 1961, la mairie étant alors dirigée par le conservateur Henri Gruénais. En 1964, il participa à la campagne du communiste Chaton, seul candidat face à Pleven, qui obtint 962 voix, soit 18.3 % des suffrages exprimés.
Les communes de Saint-Solen et de Tressaint fusionnèrent en 1971 avec la commune de Lanvallay, dirigée par la droite (Adolphe Castel). Néanmoins, le vote à Saint-Solen s’avère plus marqué à gauche, et ce jusqu’à nos jours, en comparaison des autres bureaux de vote de Lanvallay, commune ancrée à droite.

Au cours de son mandat (1945-1961), il fut à l’initiative de la création de l’amicale laïque et du comité des fêtes. Il permit à la commune de se doter d’une voirie et d’un éclairage public aux normes de l’époque et impulsa la construction de la salle des fêtes, réalisée par les citoyens eux-mêmes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50113, notice FAUVEL Louis, Mathurin, Marie par Alain Prigent, version mise en ligne le 7 mai 2009, dernière modification le 1er mars 2010.

Par Alain Prigent

Louis Fauvel au premier plan, son frère cadet Henri au second plan
Louis Fauvel au premier plan, son frère cadet Henri au second plan
[L’Illustration, 31 décembre 1938]

SOURCES : Arch. Dép. des Côtes-d’Armor. — Fichier des membres du comité fédéral de la fédération des Côtes-du-Nord du PCF établi par Gilles Rivière. — Archives Marcel Alory, ancien secrétaire fédéral du PCF des Côtes-du-Nord. — L’Aube Nouvelle, Ouest-Matin. — Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de l’Humanité Dimanche, n° 555, 3 mai 1959. — Renseignements fournis par Yves Castel. — État civil de Lanvallay. — Notes de François Prigent.

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