EYNARD Simone [née SOUBEYRAND Simone]

Par Jean-Claude Lahaxe

Née le 30 octobre 1904 à Montélimar (Drôme), morte le 5 juillet 1961 à Moulins (Allier) ; militante communiste à Marseille (Bouches-du-Rhône), secrétaire départementale des Bouches-du-Rhône de l’UFF.

Simone Eynard naquit dans un milieu modeste. Son père travaillait à Montélimar comme mécanicien de locomotive. Sa mère était couturière à façon. Simone Eynard effectua ses études dans un pensionnat religieux de la ville. Elle y obtint un diplôme de secrétariat. Elle se fixa ensuite à Marseille lors de son mariage avec Léon Eynard en 1922.
Dans les années 1930, Simone Eynard rejoignit le mouvement Paix et Liberté devenu ensuite mouvement Amsterdam-Pleyel. Elle adhéra au Parti communiste en 1936, y exerçant rapidement des responsabilités au sein de la direction fédérale. Simone Eynard s’occupa en 1937 d’aller chercher à Barcelone des enfants de républicains espagnols et d’organiser leur accueil à Marseille.

Simone Eynard travailla à la reconstitution clandestine des organisations du PCF à la suite de l’interdiction de ce dernier. Arrêtée au milieu du mois de février 1940, elle fut incarcérée à la prison des Présentines à Marseille (sur l’emplacement de l’actuel Hôtel de la région PACA). Jugée par un tribunal militaire le 26 juin 1940, incarcérée à Saint-Joseph à Lyon (Rhône), aux Baumettes à Marseille, Simone Eynard se retrouva dans la prison centrale de Rennes (Ille-et-Vilaine) avant d’être transférée à Romainville (Seine-Saint-Denis). Déportée à Ravensbrück (Allemagne), elle fut affectée au commando de Holleischen en Tchécoslovaquie où des partisans polonais la libérèrent à la fin de la guerre.

Simone Eynard revint à Marseille en mai 1945. Elle y retrouva sa fille Suzanne (voir Suzanne Guichard*) dont elle était séparée depuis son arrestation. Secrétaire départementale de l’UFF pour les Bouches-du-Rhône, elle participa à toutes les actions des femmes de cette période : commémoration des journées de février 1934, de la journée des femmes de mars, du 1er Mai, du 14 juillet, goûters offerts aux enfants des divers quartiers de Marseille. Simone Eynard dirigea de nombreuses délégations de femmes auprès des élus et des pouvoirs publics. Elle devint en outre membre du comité de défense Henri Martin*, de Marseille, en avril 1951.

Simone Eynard demeura secrétaire départementale de l’UFF jusqu’à ce que la maladie de son époux se déclarât à la fin des années cinquante. Elle décéda en compagnie de ce dernier lors d’un accident de voiture survenu le 4 juillet 1961 sur une route de l’Allier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50130, notice EYNARD Simone [née SOUBEYRAND Simone] par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 8 mai 2009, dernière modification le 9 février 2011.

Par Jean-Claude Lahaxe

SOURCES : RGASPI, 495 270 2795. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, dossier 148 W 302, note de police du 1er mai 1948. — La Marseillaise, 11 février, 15 juillet 1947, 8 mars 1948, 7 mars, 25 août 1949, 8 mars 1950, 5 février, 5 avril 1951, 7 juillet 1961 (nécrologie). — Midi-Soir, 8 mars 1950. — Rouge-Midi, 30-31 mars 1947. — 1938-1945 : les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, édité par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF et l’amicale des vétérans sous la direction de Pascal Posado et Léo Lorenzi, 1995, p. 29, 33 (photo) et 45. — Déclarations de Suzanne Guichard des 20 mai et 24 juillet 1998, revues le 15 juin 2001.

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