EYNARD Léon, Paulin

Par Jean-Claude Lahaxe

Né le 11 novembre 1898 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 4 juillet 1961 dans l’Allier ; employé du Gaz, directeur de la Caisse d’action sociale ; communiste, syndicaliste permanent de la CGT.

Fils d’Émile Eynard et de Marie Aureille, Léon Eynard naquit dans un immeuble appelé « Le château Kléber » situé dans le quartier Saint-Lazare à Marseille. Orphelin, il fut placé dans un orphelinat religieux jusqu’à l’âge de douze ans. Ne pouvant poursuivre ses études au-delà du certificat d’études, il entra en apprentissage pour devenir charron-forgeron. Mobilisé avec la classe « 18 », il fut blessé lors d’une attaque aux gaz et fut pensionné 10 %.

Revenu à la vie civile, Léon Eynard se maria en 1922 à Marseille avec Simone Soubeyrand (voir Simone Eynard) dont il eut un enfant. Il tenta alors de s’établir à son compte comme artisan au Teil (Ardèche) et de travailler pour les carrières Lafarge. N’ayant pas réussi dans cette entreprise, il finit par trouver en 1934 une place à l’entretien du matériel roulant de l’usine à gaz de Marseille. Léon Eynard y organisa le premier syndicat d’entreprise. Il était membre de l’ ARAC (Association républicaine des combattants). En janvier 1936, avec son épouse, il adhéra au Parti communiste et aurait été, d’après la police, responsable de la documentation dans la cellule Gaz et Électricité. Il devint secrétaire général du syndicat CGT du gaz de Marseille.

Il fut condamné le 23 mars 1939 pour participation à manifestation interdite. Au moment de la mobilisation de 1939, alors que nombre de dirigeants syndicaux étaient sous les drapeaux, il assura avec David Peyrot*, Vincent Scopetta* et Reynaud* l’intérim de la direction de l’UD des syndicats des Bouches-du-Rhône. Il en fut exclu après la dissolution des organisations communistes. À l’évidence surveillé par la police qui considérait que sa « bonhommie » masquait l’activité de propagande qu’il déployait à la Compagnie du Gaz et qu’il était un « agitateur dangereux », il fut proposé pour un internement administratif par le commissaire central, le 23 février 1940, en même temps que d’autres employés du Gaz (Ernest et Léonce Valéry, Marius Michel). Le domicile des Eynard fut perquisitionné sans résultat. Objet d’un arrêté d’internement daté du 29 février 1940, Léon Eynard fut arrêté le 1er mars et dirigé vers le camp de Chabanet (Ardèche), puis transféré dans celui de Chibron (commune de Signes, Var) et enfin envoyé, à la dissolution de ce camp, dans celui de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il s’en évada en 1943 et rejoignit les FTPF de la région de Saint-Étienne (Loire).

Sous la direction de Marcel Paul*, Léon Eynard participa en 1945 à la campagne de nationalisation des petites compagnies d’électricité. Il devint permanent syndical, responsable des secteurs du gaz et de l’électricité à Marseille. Léon Eynard fut élu membre du bureau de l’Union départementale CGT le 28 octobre 1951. Ayant pris sa retraite en juillet 1952, il quitta ses responsabilités syndicales. Il s’occupa alors du syndicat des retraités, créant en particulier la Caisse d’action sociale. Le 4 juillet 1961, Léon Eynard fut victime, ainsi que son épouse Simone, d’un accident mortel de la circulation dans l’Allier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50131, notice EYNARD Léon, Paulin par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 8 mai 2009, dernière modification le 17 janvier 2021.

Par Jean-Claude Lahaxe

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 218 (dossier d’internement Ernest Valéry). — site Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 213436. —La Marseillaise, 29 octobre 1951, 7 avril (photo), 18 juillet 1952, 7 juillet 1961 (nécrologie). — 1938-1945 : Les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, témoignages recueillis par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF et l’amicale des vétérans sous la direction de Pascal Posado et de Léo Lorenzi, 1995, p. 45. — Déclarations de sa fille, Suzanne Guichard, le 20 mai 1998, revue le 15 juin 2001.

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