FIORANI Élie [FIORANI Elio]

Par Jean-François Lassagne

Né le 27 octobre 1922 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), mort le 21 juin 1976 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; résistant ; délégué mineur ; secrétaire de la Fédération régionale CGT des Mineurs de Fer et de Sel de Lorraine (1950-1964), militant communiste, membre du bureau fédéral de Meurthe-et-Moselle, militant mutualiste, président fondateur en 1962 de l’Union des Mutuelles Ouvrières de Meurthe-et-Moselle et de l’UNIVAC en 1967 ; adjoint au maire de Villerupt (1959-1976).

[Coll. IHS-CGT Lorraine]

Elio Fiorani naquit à Villerupt ; son père Guiseppe était originaire de Barbera (Italie) où il était né le 3 novembre 1889, et sa mère Agnèse Constantini venait de Castelleone di Suasa (Italie), où elle naquit le 17 juin 1894.

Après son certificat d’études primaires obtenu le 7 juin 1937 à Villerupt, Elio Fiorani travailla à l’usine d’Aubrives comme mouleur à la fonderie à plat. Évacué en Gironde de mai 1940 à février 1941, il s’engagea dans les troupes coloniales pour le Maroc le 23 octobre 1941, avant de résilier son contrat le 31 décembre 1942, et de retourner à Villerupt. Il entra alors à la mine d’Aubrives le 17 mars 1943, puis adhéra au Parti communiste dont il resta membre jusqu’à sa mort. Il fut un des responsables des FTP, et il fit partie du Comité local de Libération. Il épousa le 24 mars 1945 à Thil (Meurthe-et-Moselle), Dénoncia Carli originaire d’ Hussigny-Godbrange (Meurthe-et-Moselle) où elle était née le 25 février 1924, de Paolo Carli son père né à Sogliano (Italie) le 25 janvier 1892 et d’Anna Moscatelli sa mère, également née à Sogliano le 26 juillet 1894. Dénoncia décéda le 30 juin 2008 à Villerupt. Le couple eut trois enfants, Guy, Gilbert et Josiane.

À la mine de fer d’Aubrives-Villerupt, Elio Fiorani milita à la CGT et devint délégué mineur en 1949-1950. Il participa à une école centrale syndicale en 1951, et fit partie de l’équipe qui organisa la fusion des trois syndicats de mineurs de Meurthe-et-Moselle, de Moselle et des Salines, pour créer la Fédération régionale des Mineurs de Fer et de Sel de Lorraine qui vit le jour en 1950, et dont il fut l’un des secrétaires jusqu’en 1964. Elio Fiorani anima la campagne de souscription pour la construction de la Maison du Mineur. En 1953 il fut élu conseiller municipal de Villerupt avec Armand Sacconi ; lorsque ce dernier devint maire en 1959 (il le resta jusqu’en 1986), il fit d’Elio son premier adjoint. Membre du bureau de la section locale du Parti Communiste, il entra au bureau fédéral de Meurthe-et -Moselle en 1957 et participa à l’école centrale de deux mois en 1959. Elio Fiorani fut l’organisateur de la grève des mineurs d’Aubrives en octobre 1961 s’opposant à la fermeture de la mine, grève qui dura vingt et un jours avec occupation du fond, et un rassemblement de dix mille personnes à Villerupt, le 21 octobre ; cette action aboutit à un prolongement de l’activité de la mine jusqu’à la fin de 1963 ; il fut ainsi le premier à riposter avec force contre la liquidation des mines de fer. Il assuma la présidence de la caisse de secours minière de Longwy. Semi-permanent en 1962, il fut licencié à la fermeture de la mine fin 1963, et reclassé à l’usine d’Aubrives (S.A Pont-à-Mousson) à Villerupt, d’où il fut à nouveau licencié en 1968.

Elio Fiorani se consacra essentiellement à son mandat municipal et à ses activités mutualistes, mettant sa vie au service de réalisations sociales. Issu, comme la plupart des mineurs, d’un milieu social marqué par des conditions de logement et de vie précaires et insalubres, par le fléau de la maladie et par l’exclusion du droit au repos et aux vacances même après 1936, il se préoccupa, dès le début de sa vie militante, des conditions de travail et de santé des travailleurs, y compris des retraités et des veuves, de leurs vacances et loisirs, ainsi que de leurs besoins culturels. Il fut président de la mutuelle d’Aubrives. En 1962, en compagnie d’Armand Sacconi président de la Mutuelle de Micheville, il créa l’Union des Mutuelles Ouvrières de Meurthe-et-Moselle (forte de vingt-cinq mille membres adhérents à la Fédération de la Mutuelle des Travailleurs), puis en 1963 il fut à l’origine de la création de la Mutuelle Générale des Travailleurs Lorrains (MGTL) dont il fut le directeur de 1969 à 1976 ; dans le même temps il créa un cabinet dentaire à Villerupt en 1964. Parti se soigner à Vence (Alpes Maritimes), il découvrit la Côte d’Azur, et, sous son impulsion, après de premières vacances en 1958 au camping de Tourisme et Travail à Saint Raphaël, ce fut l’ouverture en 1965 du premier centre de vacances à Boulouris (Saint Raphaël), puis l’acquisition de six centres de vacances sur la Côte d’Azur, en Corse et à Courchevel, la création du Club des Vacances Modernes à Villerupt, la création de l’association Univac en 1967, qui permit l’inauguration en 1972 de la résidence du Val d’Or à Antibes, un ensemble de soixante dix-huit studios destinés aux retraités lorrains notamment mineurs et sidérurgistes. Dans la période 1967-1976, il organisa également l’accession à la propriété à but non lucratif (loi 1938), par la construction de résidences composées de sept cents appartements, permettant à des travailleurs lorrains d’acquérir un logement pour leur retraite, sans avance de fond et à prix accessible.

Elio Fiorani, « humaniste, homme de gauche, ferme dans ses convictions de classe », était également un défenseur de la paix, opposé aux guerres coloniales et à l’OTAN.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50132, notice FIORANI Élie [FIORANI Elio] par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 8 mai 2009, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

[Coll. IHS-CGT Lorraine]
1961, fin de grève. Elio Fiorani porte un chapeau. À sa droite Albert Balducci, à sa gauche M. Rotondi Mario
1961, fin de grève. Elio Fiorani porte un chapeau. À sa droite Albert Balducci, à sa gauche M. Rotondi Mario
[Coll. IHS-CGT Lorraine]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Le Républicain lorrain, 22 et 24 juin 1976. — Sous-Sol Lorrain, n° 479 juillet 1976. — Contribution de Gilbert Fiorani son fils, de Jean Corradi et d’Evariste Vicini.

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